Actualités Politiques en Mauritanie | Rapide InfoAccueil |Actualités économiques détaillées

Grands chantiers de l’État : Moctar Al Housseinou Lam dresse le bilan et réaffirme la rigueur budgétaire

Compte-rendu du Conseil des Ministres / Portefeuille des Marchés Publics

Lors du compte-rendu du Conseil des ministres, le ministre chargé du Secrétariat général du gouvernement, M. Moctar Al Housseinou Lam, a présenté le bilan trimestriel des grands marchés publics. Entre réduction du train de vie de l’État, livraison d’infrastructures clés à Nouakchott et rigueur dans l’attribution des marchés, retour sur les principales annonces.

NOUAKCHOTT – Sous le feu des projecteurs post-Conseil des ministres, l’exercice n’avait rien de purement protocolaire. Face à la presse, M. Moctar Al Housseinou Lam, ministre chargé du Secrétariat général du gouvernement, est venu dresser un bilan d’étape sans concession du portefeuille des grands marchés publics pour le trimestre écoulé (1ᵉʳ mai – 31 juillet 2026). Un exercice de transparence stratégique aligné sur la feuille de route présidentielle fixée dès septembre 2023 : traquer l’inefficacité, accélérer les livraisons et imposer un suivi chirurgical des deniers publics.

67 milliards d’ouguiyas sous haute surveillance

Le diagnostic est chiffré, massif, et structuré. À ce jour, 104 marchés publics sont en cours d’exécution, répartis stratégiquement entre 15 départements ministériels pour une enveloppe globale estimée à 67 milliards d’ouguiyas (MRU). En amont, la dynamique porte déjà ses fruits : 43 chantiers d’envergure ont été achevés depuis juillet 2025, dont deux ont récemment fait l’objet d’une réception officielle.

Cependant, le ministre ne s’est pas contenté de célébrer les volumes. Analyse de la courbe à l’appui, M. Moctar Al Housseinou Lam a relevé une progression mensuelle de 7,31 points sur les trois derniers mois (soit environ 2,44 points par mois). Un rythme en deçà de la barre symbolique des 3 points mensuels observée auparavant. Une « légère inflexion » immédiatement identifiée, que l’exécutif entend corriger sans délai.

Nouakchott à 96 % : l’épreuve du feu et l’anticipation de l’hivernage

Sur le front du Programme d’urgence de développement de la capital, lancé le 20 janvier 2025, les compteurs affichent un taux d’avancement physique impressionnant de 96 % au 31 juillet 2026, malgré un délai consommé de 112 %. Sur le dernier trimestre, 3 points cumulés sont venus parachever cet effort métropolitain dont la Phase 2 est déjà sur les rails.

Dans les régions, le programme de généralisation des services de base poursuit sa montée en charge, en dépit d’un démarrage timide dans certains secteurs. À l’approche des pluies, le ministre a lancé un appel ferme à l’ensemble des acteurs du BTP, de l’agriculture et des infrastructures routières : « Prendre d’urgence les dispositions préventives pour prémunir les chantiers des aléas de l’hivernage. »

De la classe au mégawatt : les retombées concrètes sur le terrain

Interpellé par les journalistes sur l’impact réel de ces investissements pour le citoyen, M. Moctar Al Housseinou Lam a aligné une batterie d’infrastructures désormais opérationnelles :

  • Éducation & Santé : 472 nouvelles salles de classe livrées dans toutes les wilayas ; 28 nouveaux centres de santé implantés à Nouakchott, dotés de plateaux techniques modernes et de personnels qualifiés.
  • Mobilité urbaine : 95 000 usagers transportés quotidiennement grâce au plan Mobilité 2026 et au renouvellement du parc de la Société de Transport Public.
  • Énergie & Eau : Déploiement de 3 centrales d’énergies renouvelables visant à doubler la capacité nationale (passant de 600 MW à 1 200 MW). Côté hydraulique, la production de la nappe d’Idini gagne 60 000 m³/jour, tandis qu’Aftout Saheli double son volume, bondissant de 125 000 à 250 000 m³.
  • Inclusion sociale & Sport : Construction de complexes sportifs et de maisons des jeunes dans des communes à forte densité jusqu’ici sous-équipées, à l’image de Sebkha et El Mina.

« Finis les privilèges » : La cure d’austérité de l’appareil d’État

Pour financer ces plans colossaux — 50 milliards MRU pour Nouakchott Phase 1, 270 milliards MRU pour l’accès aux services de base, et 400 milliards MRU pour le pôle stratégique de Nouadhibou —, le gouvernement mise sur une gestion budgétaire rigoureuse et vertueuse.

« L’État réduit drastiquement son train de vie », a martelé le ministre. Circulaire du Premier ministre à l’appui, l’achat de véhicules de luxe est désormais formellement interdit dans l’administration. Les dépenses de fonctionnement, les frais de mission, l’acquisition de flotte automobile et de matériel informatique font l’objet d’un filtrage drastique au profit du strict nécessaire. Chaque ouguiya économisée nourrit directement la marge bénéficiaire réinjectée dans les projets structurants.

Horizon 2029 : Transparence et recrutement massif

Visualisant l’avenir à travers des cycles programmés jusqu’en juillet 2029, l’exécutif entend résorber durablement le déficit d’infrastructures. La santé en demeure la vitrine, avec un maillage territorial s’appuyant déjà sur 26 hôpitaux (régionaux, nationaux et spécialisés) et plus de 50 centres de santé. Pour faire tourner cette machine, sur le concours national en cours pour 3 000 fonctionnaires et contractuels, une quote-part prioritaire de 1 200 postes est exclusivement dédiée à la santé.

En conclusion, le ministre a tenu à couper court aux rumeurs sur l’attribution des contrats publics : aucun marché de gré à gré n’a été consenti dans le cadre de ces grands projets. Entre présélection rigoureuse des entreprises selon leurs capacités techniques et procédures 100 % publiques, le gouvernement réaffirme sa règle d’or : transparence totale et tolérance zéro pour l’amateurisme.

Rapide info avec agences

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles similaires