Mauritanie : Rapatriement de 35 mauritaniens du Mali et réformes clés en Conseil des ministres

Retour de 35 Mauritaniens détenus au Mali, modernisation pénitentiaire, carte scolaire et transports : le gouvernement fait le point après le Conseil des ministres.
Réuni en Conseil des ministres, le gouvernement mauritanien a fait le point sur le rapatriement d’urgence de 35 citoyens mauritaniens arrêtés au Mali, tout en actant une refonte majeure du système pénitentiaire et des mesures en faveur de l’éducation et des transports publics.
Action diplomatique, droits humains et modernisation : les grands arbitrages du Conseil des ministres
NOUAKCHOTT — Face aux médias réunis mercredi soir dans la salle de presse de l’Agence Mauritanienne d’Information, le gouvernement a fait sa rentrée de communication avec un dossier particulièrement sensible : la sécurité et la prise en charge des ressortissants mauritaniens à l’étranger, sur fond de réformes institutionnelles d’envergure.
Retour à Nouakchott : 35 Mauritaniens rapatriés du Mali
Trente-cinq citoyens mauritaniens ont regagné le sol national ce mercredi à bord d’un vol spécial. Une opération d’urgence engagée sur instruction directe du président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, afin de garantir leur sécurité et préserver leur dignité.
L’affaire remonte à des arrestations effectuées par les forces maliennes sur la base de soupçons non fondés d’affiliation à des groupes armés. C’est au terme de négociations diplomatiques intenses menées par Nouakchott avec Bamako que la libération et le rapatriement sains et saufs de ces ressortissants ont pu être actés.S’exprimant au nom de l’exécutif, le ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et porte-parole du Gouvernement, El Houssein Ould Meddou, a confirmé que certains rapatriés avaient subi de mauvais traitements, allant dans certains cas jusqu’à des actes de torture. S’il a rappelé la compréhension de la Mauritanie face au contexte sécuritaire volcanique que traverse le Mali voisin, le porte-parole a posé une ligne rouge claire :
« Cette compréhension ne saurait primer sur le devoir absolu de l’État de protéger ses citoyens, de garantir leur sécurité et de veiller à leur prise en charge. »
L’exécutif a réitéré son appel à la plus grande prudence et à la vigilance pour l’ensemble des Mauritaniens résidant ou transitant par le territoire malien.
Révolution dans le système pénitentiaire : du disciplinaire à la réinsertion
Le Conseil des ministres a acté un tournant majeur dans la politique judiciaire du pays avec l’adoption d’un projet de décret refondant le règlement intérieur des établissements pénitentiaires.
L’ambition est claire : moderniser le cadre juridique pour le faire basculer d’une culture punitive vers une approche intégrée axée sur les droits humains, la sécurité et la prévention de la récidive.
Les axes clés de la réforme :
- Tolérance zéro : Interdiction absolue de la torture, des peines cruelles ou dégradantes, des sanctions collectives, et sanctuarisation du secret médical.
- Transparence et sécurité juridique : Digitalisation du registre des admissions, encadrement strict des procédures de libération et responsabilité conjointe (directeur d’établissement / autorité judiciaire) face à toute détention illégale.
- Nouvelles gouvernances : Création du Conseil national de la réforme pénitentiaire et de commissions locales de contrôle.
- Réinsertion par l’activité : Développement du travail productif, de la formation professionnelle, des fermes pénitentiaires agricoles et d’un accompagnement individualisé des condamnés.
Éducation et Transports : rééquilibrer le territoire
Outre la gestion de crise et la justice, deux autres dossiers structurants ont été validés par l’exécutif :
- Maillage scolaire élargi : Un projet de décret crée de nouveaux établissements secondaires et régularise la transformation de plusieurs collèges en lycées. L’objectif est de réduire le décrochage scolaire, d’effacer les disparités territoriales et socio-économiques, et de sécuriser la scolarité des jeunes filles dans les zones rurales et vulnérables. Le réseau public atteint désormais 395 établissements secondaires.
- Autorité accrue dans le transport public : La société publique de transport voit ses statuts modifiés pour intégrer un corps de contrôleurs assermentés. Après prestation de serment, ces agents disposeront de pouvoirs ciblés pour constater les infractions, protéger les équipements et assurer la régularité et l’attractivité du réseau.



