Tunisie

« La liberté n’est pas un crime » : des hackers détournent l’application de Tunisie Telecom contre le pouvoir

L’application de l’opérateur public Tunisie Telecom a été piratée samedi. Les clients ont reçu un message dénonçant « un net recul des libertés » et « une crise économique étouffante » dans le pays.

Par Le Parisien avec AFP
Le 24 mai 2026 à 20h52

Au lieu d’une offre promotionnelle, un message critique du pouvoir : à la suite d’une cyberattaque, des clients de Tunisie Telecom ont reçu, via l’application de l’opérateur public tunisien, un texte dénonçant la situation politique et économique du pays.

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé « Un cri pour la Tunisie : la liberté n’est pas un crime », fustigeait samedi un « net recul des libertés » et « une crise économique étouffante ». « Des promesses et des slogans, pour quel résultat ? », demandait-il.

Incrédules et surpris, de nombreux Tunisiens ont aussitôt partagé des captures d’écran sur Facebook. Il n’a pas été possible de confirmer combien de personnes avaient reçu ce message.

Une cyberattaque « immédiatement neutralisée »

L’opérateur a d’abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application. Puis il a reconnu l’attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche.
« Tunisie Telecom confirme que son application numérique MyTT a fait l’objet d’une cyberattaque aujourd’hui, qui a été détectée immédiatement et neutralisée avec succès en un temps record grâce aux mécanismes de protection et de surveillance mis en place, sans aucun impact sur la sécurité des données ni sur la continuité du service », a écrit l’opérateur.

« Par ailleurs, Tunisie Telecom souligne que la notification reçue par certains clients est sans lien avec les activités de l’entreprise ni avec les objectifs de cette application purement commerciale, conçue avant tout pour servir nos clients », a-t-il ajouté.

Des ONG tunisiennes et internationales dénoncent un recul des droits et libertés en Tunisie depuis le coup de force, en juillet 2021, du président Kaïs Saïed, à la suite duquel il s’est octroyé de très larges pouvoirs.

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