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Tunisie : Manifestations à Tunis contre le gouvernement et les pénuries d’eau

« Ni eau, ni électricité, ni liberté » : La colère sociale et politique s'embrase à Tunis contre Kaïs Saïed

Face aux coupures d’électricité et aux pénuries d’eau en pleine canicule, des centaines de Tunisiens manifestent à Tunis contre le président Kaïs Saïed et dénoncent le recul des libertés.

Sous une chaleur accablante, des centaines de Tunisiens sont une nouvelle fois descendus dans la rue ce jeudi à Tunis. Confrontée à des pénuries d’eau potable et à des coupures d’électricité à répétition, la population dénonce l’incapacité de l’État et la dérive autoritaire du président Kaïs Saïed.

Tunis, le 21 août 2026 — Dans un climat alourdi par des températures estivales suffocantes, les rues de la capitale tunisienne ont de nouveau résonné au son de la contestation. Des centaines de citoyens se sont rassemblés à Tunis pour exprimer leur exaspération face à l’effondrement des services publics de base et à l’impasse politique dans laquelle s’enfonce le pays.

Brandissant des pancartes frappées des mots « soif » et « obscurité », les cortèges ont dénoncé des coupures de courant quotidiennes et un rationnement sévère de l’eau potable qui paralysent le quotidien des ménages. Une situation sociale explosive confirmée par le Forum tunisien pour les droits sociaux et économiques (FTDES), qui fait état de centaines de rassemblements d’insatisfaction recensés à travers l’ensemble du territoire national au cours des dernières semaines.

Un ras-le-bol face à la misère et à l’autoritarisme
Pour de nombreux Tunisiens, la défaillance des infrastructures matérielles s’accompagne d’une étouffante crise démocratique. Interrogé par l’AFP, l’ancien député Samir Ben Amor a résumé l’état d’esprit ambiant :

Aujourd’hui, le peuple tunisien se trouve humilié. Il n’y a ni eau, ni électricité, ni liberté. »

Dans le cortège, les slogans réclamant de l’eau se sont rapidement mêlés aux appels exigeant la libération des  prisonniers politiques ». Les figures de la contestation pointent du doigt la responsabilité directe du chef de l’État dans cette crise multifacette.

« Nous nous levons face à la situation catastrophique dans laquelle se trouve aujourd’hui la Tunisie », a martelé Ezzeddine Hazgui, figure historique de l’opposition de gauche. « Il n’y a plus d’État, plus d’institutions – juste un homme qui ignore tout et qui dirige le pays. »

Un berceau démocratique au bord du gouffre

Depuis le coup de force du 25 juillet 2021 — par lequel le président Kaïs Saïed s’est octroyé les pleins pouvoirs en gelant les travaux du Parlement et en verrouillant les institutions —, les ONG locales et internationales n’ont cessé d’alerter sur le net recul des droits humains. Le pays, autrefois salué comme l’unique réussite démocratique issue du Printemps arabe de 2011, s’enfonce au contraire dans un régime ultra-présidentiel.

La liberté d’expression s’y réduit comme peau de chagrin : des dizaines d’opposants politiques, de journalistes et de figures de la société civile font aujourd’hui l’objet de poursuites judiciaires. Ces arrestations s’appuient principalement sur un décret-loi présidentiel censé lutter contre la diffusion de « fausses informations », mais dont la formulation extrêmement vague est dénoncée par les juristes et les défenseurs des droits humains comme un instrument de musellement systématique de la dissidence.

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Source : D’après RTBF Actus / La Première (avec AFP)

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