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Quand Sisyphe s’appelle le citoyen : l’épreuve des coupures d’électricité

Face aux pannes d’électricité récurrentes et aux promesses non tenues, le citoyen est-il condamné au mythe de Sisyphe ? Réflexion sur la responsabilité publique.

Quand Sisyphe s’appelle le citoyen

Deux heures du matin. La ville dort à peine. Puis, tout à coup, le courant s’arrête.

Il fait encore chaud et lourd. Les moustiques, eux, ne semblent pas concernés par les coupures. Dans le noir, une question revient sans cesse, presque aussi souvent que les coupures. Sommes-nous forcés de revivre toujours la même situation ?

Le parallèle avec Sisyphe n’est pas seulement une image. Comme ce personnage mythologique condamné à pousser sans cesse son rocher pour le voir retomber, le citoyen semble obligé de supporter les mêmes problèmes, le même gouvernement. Il doit entendre les mêmes explications et espérer, après chaque panne, que « demain sera meilleur ».

Mais demain arrive. Le courant revient, puis disparaît à nouveau.

La vraie question n’est donc plus seulement celle des coupures d’électricité. C’est maintenant une question de responsabilité publique. À quoi sert un gouvernement si les problèmes les plus simples de la vie de tous les jours restent, année après année, sans solution qui tienne dans le temps ? À quoi servent les annonces, les programmes et les promesses si, à deux heures du matin, le citoyen reste seul face à la chaleur, à l’obscurité et à sa colère ?

Gouverner, ce n’est pas demander aux citoyens de devenir experts en patience. Ce n’est pas non plus faire passer les difficultés structurelles pour des fatalités nationales.

La résignation est dangereuse. Elle finit par rendre normal ce qui ne devrait jamais l’être.

Comme chez Sisyphe, le problème n’est peut-être pas seulement de savoir si la pierre va redescendre. Il faut surtout se demander pourquoi nous continuons à la pousser de la même façon, avec les mêmes méthodes et les mêmes résultats.

Un pays ne peut pas toujours prendre la patience de sa population pour la compétence de ses dirigeants.

À force de pousser le rocher, Sisyphe a peut-être appris à vivre avec l’absurde. Mais un gouvernement, lui, est justement là pour faire en sorte que l’absurde ne devienne pas la routine.

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