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Politique publique : Crise d’eau et d’électricité (SOMELEC, SNDE)

Délestage et pénurie en Mauritanie : Quand l'anarchie remplace la politique publique

Politique publique : Coupures de courant de 6h, pénurie d’eau à 45°C : analyse de la crise de la SOMELEC et la SNDE à Nouakchott et Kaédi par Yahya Niane.

Delestage et Pénurie , si on en parlait !

À Nouakchott, Kaédi et dans plusieurs villes du pays, la situation devient tout simplement invivable. En effet, depuis des mois, les ménages subissent des coupures à répétition : 20 à 30 minutes de courant, suivies de 5 à 6 heures de délestage. Parallèlement, l’accès à l’eau se complique. Ainsi, sous une chaleur de 45°C, des files d’attente interminables se forment autour des puits publics et privés.

Dans ce contexte, les premiers à payer le prix fort sont les artisans. En effet, soudeurs, tailleurs, carrossiers et autres petits métiers voient leurs machines s’arrêter brutalement. De ce fait, les commandes s’accumulent, les délais explosent, et les revenus s’effondrent.

Cependant, au-delà de ce chaos quotidien, une autre réalité inquiétante émerge. D’une part, les plus sceptiques dénoncent la vétusté des installations et une urbanisation galopante que ni la SNDE ni la SOMELEC n’arrivent à suivre. D’autre part, beaucoup pointent du doigt le manque criant de matériels de maintenance et de personnel qualifié au sein des deux sociétés.

Or, face à l’inaction, une anarchie s’est installée. En effet, de nombreux citoyens nantis ont pris les devants : forages privés à ciel ouvert, pompes solaires installées dans les cours, panneaux photovoltaïques sur tous les toits. Autrement dit, chacun tente de s’assurer une autonomie coûte que coûte.

Toutefois, ce « débrouille » massif risque d’avoir des effets désastreux. Premièrement, cette prolifération d’installations privées menace directement l’équilibre financier de la SNDE et de la SOMELEC. En se désengageant du service public, les plus aisés privent les deux structures de recettes essentielles. Par conséquent, le manque à gagner va s’aggraver et rendre encore plus difficile l’entretien et l’extension des réseaux.

Deuxièmement, et c’est le plus grave, cette ruée vers les forages fait peser une pression insoutenable sur la nappe phréatique. Car sans contrôle, sans étude hydrogéologique et sans régulation, le pompage anarchique risque d’épuiser la ressource, de provoquer des baisses de niveau et même des intrusions d’eau salée dans certaines zones côtières. Ainsi, en voulant résoudre un problème immédiat, on en crée un autre, plus profond et plus durable.

Et le comble de l’ironie ? La Mauritanie regorge de soleil, de vent et de gaz. Qui plus est, elle exporte de l’énergie vers ses voisins. Néanmoins, chez elle, le courant saute et les robinets restent secs.

Dès lors, la question se pose avec acuité : jusqu’à quand allons-nous laisser l’anarchie remplacer la politique publique ?

Analyse de Yahya Niane pour Rapide Info

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