Samba Thiam (FPC) : « Le Changement attendu se fait encore attendre »
Samba Thiam (FPC) s'exprime sur les risques de conflit avec le Mali, salue le refus de la guerre, mais dresse un constat critique sur l'administration et le changement en Mauritanie.

Samba Thiam : Non à la guerre avec le Mali, oui au changement en Mauritanie
Dans cette tribune, Samba Thiam, président des FPC, salue la retenue du Président mauritanien face aux appels à la guerre contre le Mali, tout en dénonçant la persistance des injustices sociales, le népotisme et le manque de réelles réformes administratives et démocratiques.
J’ai lu hier dans Cridem un article appelant, presque ouvertement, à une réaction forte contre le Mali. Et ce type d’articles commence à se multiplier depuis déjà quelque temps dans les médias.
S’il est une chose que j’ai appréciée – et que j’apprécie encore – dans le bilan du Président, c’est bien sa résistance à l’appel de ces va-t-en-guerre.
En revenant aujourd’hui de la BPM, j’ai assisté à un spectacle affligeant : un groupe de pauvres dames, essentiellement haratines et quelques kowriyat en melhafa, se querellaient sur l’aumône de ces nouveaux riches, juste en face de la Société Générale.
Résister, ne pas céder à la guerre, parce que si elle avait lieu, seule la populace et ces mendiantes, voire les cadres moyens, en payeraient le coût. Tous ces nouveaux riches et ceux fabriqués par Abdel Aziz fileraient au Maroc, en Espagne, en Turquie et j’en passe…
Ça, c’est positif. Non à la guerre !
Pour le reste, le Système demeure intact…
Le blanchiment méthodique et appliqué de l’Administration se poursuit inlassablement dans tous les secteurs : les hôpitaux, la SOMELEC, la SNDE, la Justice, etc., et jusque dans le secteur privé qui, lui aussi, copie maintenant ce qui se passe à la Fonction publique, complètement blanchie ! Chaque Directeur ou chef de service recrute sa parentèle… Voilà pourquoi il est maintenant courant de rencontrer des gamines (qui devraient être à l’école), ne parlant qu’une langue, avec lesquelles il est difficile de communiquer si l’on n’est pas hassanophone.
Sur ce plan-là et sur celui des libertés fondamentales, on peut dire que les attentes ont été déçues, fortement déçues. Le Changement attendu, manifestement, se fait encore attendre. Aura-t-il jamais lieu ? C’est toute la question.
Samba Thiam
Président des FPC



