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Rester sur la ligne du dialogue politique – Par Gourmo Abdoul Lô

Analyse de Gourmo Abdoul Lô sur les enjeux du dialogue politique national, les provocations de la majorité et la nécessité de préserver la paix civile.

Le dialogue politique n’est ni un privilège ni un levier tactique, mais une exigence nationale. Gourmo Abdoul Lô revient sur les obstacles du processus, la campagne pour un troisième mandat et l’urgence de préserver la paix civile.

Par Gourmo Abdoul Lô

Le dialogue n’est pas un privilège ou une faveur accordée par le pouvoir à l’opposition. Il n’est pas non plus un acte de légitimation ou d’approbation du pouvoir en place par cette opposition. Il n’est pas davantage un levier d’ajustement tactique que l’on actionne ou que l’on abandonne au gré des intérêts politiques du moment.

Le dialogue constitue une exigence nationale pour normaliser la vie politique, économique et sociale, et pour prévenir les dérives que pourrait engendrer le maintien du statu quo.

Aussi est-ce une bataille à mener à chacune des étapes de son processus. De nombreux obstacles et blocages jalonnent le chemin vers les objectifs ultimes que les uns et les autres se sont fixés.

Ces difficultés sont parfois d’une ampleur telle qu’elles peuvent facilement pousser à l’abandon et au découragement. L’expérience amère vécue montre qu’à peine amorcé, le processus de dialogue peut basculer dans l’incertitude et le doute avant de sombrer dans un échec programmé d’avance. Est-ce ce scénario qui se déroule en ce moment même sous nos yeux, avec cette invraisemblable campagne pour un prétendu troisième mandat, déclenchée en même temps qu’une série d’arrestations menées dans de troublantes circonstances au sein de l’opposition ?

Ces actes de provocation semblent, comme naguère, provenir des mêmes milieux hostiles à toute velléité de changement dans le pays — singulièrement sur les questions les plus sensibles : cohésion nationale et sociale, démocratie pluraliste, gouvernance, protection des ressources, etc. — qui touchent aux équilibres qu’ils entendent préserver. Ces forces hostiles s’appuient toujours sur la moindre occasion, fût-elle banale ou disproportionnée, pour faire de la surenchère et entretenir un climat hostile à tout apaisement et à tout dialogue sérieux.

C’est précisément sur ce type de difficultés que les acteurs du dialogue devraient se pencher, afin d’assurer un climat serein, empreint d’une bonne volonté commune, sans céder aux provocations.

Dans tous les cas, comme il l’a rappelé à maintes occasions, le dialogue a été officiellement initié par le Président de la République lui-même, en dehors de toute contrainte autre que celle que lui dictent sa propre conscience politique et sa compréhension de sa mission. C’est à lui que s’adressent les « appels » manifestement orchestrés par ses soi-disant partisans en faveur d’une violation de la Constitution, dont il est pourtant le seul garant institutionnel, en refusant l’alternance obligatoire après deux mandats. Il lui revient de recadrer son parti, l’INSAF, transformé depuis de longs mois en machine de guerre contre le dialogue lui-même. Il lui revient d’assurer dans les deux sens, le respect des droits fondamentaux et des procédures d’un Etat de droit. Il lui revient enfin de continuer davantage de prêter attention aux voix qui s’expriment de partout pour sortir le pays de ses blocages en poursuivant la politique d’ouverture et de dialogue.

Malheureusement, du côté d’une partie de la majorité, l’orientation va dans la direction inverse aux engagements proclamés, pour inciter à reprendre la voie sans issue de la confrontation et de la fermeture. Or cette voie ne garantit ni la stabilité durable du pays, ni la préservation de la paix civile, ni la recherche de solutions conformes à l’intérêt général. Elle ne sert durablement ni les intérêts spécifiques du pouvoir en place, ni ceux de l’opposition.

Dans les circonstances actuelles, la classe politique et la société civile qui s’engagent dans le dialogue de bonne foi acceptent de faire face aux dures réalités de la politique, à ses vicissitudes, et aux contraintes liées à un système qui peine à se réformer malgré les bonnes volontés affichées.
Mais les uns et les autres n’accepteront pas d’être menés en bateau.

Gourmo Abdoul Lô
13 septembre 2026

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