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Nouakchott : Manifestation contre les violences sexuelles dispersée

Violences sexuelles: la police a dispersé un rassemblement à Nouakchott suite au viol d'une fillette de 7 ans à Toujounine. Arrestations et tensions de la société civile.

Nouakchott : la police empêche un rassemblement contre l’impunité des violences sexuelles sur enfants

Nouakchott — Les forces de l’ordre mauritaniennes ont dispersé mercredi soir un rassemblement prévu devant le palais présidentiel, empêchant des dizaines de citoyens de manifester contre l’impunité des violences sexuelles sur enfants et exprimer leur indignation après le viol d’une fillette de sept ans dans la capitale.

Un mouvement de solidarité étouffé dans l’œuf

Ils voulaient se rassembler pacifiquement place de la Liberté, brandissant un mot d’ordre simple et sans ambiguïté : « Non au viol… Non à l’impunité ». Mais les organisateurs de cette mobilisation citoyenne n’ont jamais pu tenir leur rassemblement. Selon leurs déclarations, la police a bloqué l’accès au site prévu et procédé à plusieurs interpellations parmi les participants venus exprimer leur solidarité avec les victimes de violences sexuelles.

Les autorités ont justifié cette intervention par l’absence d’autorisation préalable, argument classique invoqué pour encadrer strictement le droit de manifester dans le pays. Une explication qui n’a toutefois pas suffi à apaiser la colère de ceux qui voulaient faire entendre leur voix.

Une affaire qui a bouleversé l’opinion

Ce rendez-vous manqué intervient dans un contexte de vive émotion collective. Il fait suite au viol d’une fillette de sept ans survenu dans la moughataa de Toujounine, à Nouakchott — une affaire qui a profondément choqué la société mauritanienne et ravivé les appels à une meilleure protection de l’enfance ainsi qu’à un durcissement des peines contre les auteurs d’agressions sexuelles.

Les organisateurs du rassemblement avorté espéraient précisément transformer cette émotion en pression citoyenne, réclamant des mesures plus fermes face à ce type de crimes.

L’enquête a rapidement progressé

Sur le plan judiciaire, l’affaire a connu une avancée notable. La police a annoncé dès mardi l’arrestation d’un suspect. Selon les enquêteurs, la fillette, une fois son état de santé stabilisé, a pu donner une description de son agresseur, permettant à la police judiciaire de l’identifier rapidement.

Interrogé, le suspect aurait reconnu les faits qui lui sont reprochés et conduit lui-même les enquêteurs sur les lieux du crime. Élément supplémentaire venu conforter le dossier : la victime aurait formellement reconnu son agresseur parmi une série de photographies qui lui ont été présentées.

Un débat qui dépasse le fait divers

Au-delà de l’émotion suscitée par ce crime, c’est bien la question de la liberté de manifester et celle de la réponse pénale aux violences faites aux enfants qui se trouvent aujourd’hui au cœur du débat public en Mauritanie. L’interdiction de ce rassemblement, alors même qu’il visait à dénoncer un crime largement condamné par l’opinion, risque de nourrir de nouvelles critiques sur la marge de manœuvre laissée à la société civile pour s’exprimer sur des sujets sensibles.

AOB, membre du Réseau des Journalistes amis des Enfants (REJADE)

Rapide info avec agences

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