Mauritanie : le ministre de la Justice accuse Biram Dah Ould Abeid de mensonge
Le ministre mauritanien de la Justice rejette les accusations de menaces de mort formulées par le député Biram Dah Ould Abeid, ravivant le débat sur les libertés et l’indépendance judiciaire.

Mauritanie : le ministre de la Justice accuse Biram Dah Ould Abeid de « mensonge » après des allégations de menaces de mort
Bras de fer politique autour des libertés, de la justice et de l’immunité parlementaire
La sphère politique nationale est secouée par une nouvelle passe d’armes entre le gouvernement et l’un des visages les plus critiques du pouvoir. Le ministre de la Justice, Mohamed Ould Soueidatt, a publiquement qualifié le député et leader du mouvement IRA, Biram Dah Ould Abeid, de « menteur », balayant ses accusations de menaces de mort.
Cette sortie musclée, inhabituelle par sa brutalité, intervient après des déclarations du parlementaire affirmant avoir été menacé et dénonçant l’inaction des autorités judiciaires.
Au-delà de l’échange verbal, l’affaire ravive un débat sensible sur l’indépendance de la justice, la protection des élus et le respect des libertés publiques en Mauritanie.
Une déclaration choc au cœur du Conseil des ministres
C’est lors de la conférence de presse hebdomadaire consacrée au compte rendu du Conseil des ministres que le ton est monté. Le ministre de la Justice, Mohamed Ould Soueidatt, n’a pas mâché ses mots en affirmant que « le peuple mauritanien est convaincu que le député Biram Dah Ould Abeid est un menteur », ajoutant que relayer ses propos relevait d’une perte de temps pour l’État.
Une sortie inhabituelle par sa virulence, qui tranche avec la retenue généralement observée par les membres du gouvernement lorsqu’il s’agit d’opposants politiques de premier plan.
Des accusations de menaces de mort
À l’origine de cette escalade verbale, les déclarations de Biram Dah Ould Abeid, député et président de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA). Lors d’une conférence de presse tenue mardi, l’élu a affirmé avoir reçu des menaces de mort le 25 décembre dernier, précisant avoir immédiatement saisi les autorités judiciaires.
Selon lui, une plainte officielle aurait été déposée, restée sans suite tangible. Il accuse les institutions de fermer les yeux sur ces menaces, tout en poursuivant, dans le même temps, des militants affiliés à son mouvement.
Des courriers restés sans réponse ?
Biram Dah Ould Abeid affirme également avoir écrit, le jour même des menaces, au ministre de la Justice ainsi qu’au président de l’Assemblée nationale, dénonçant ce qu’il qualifie de « deux poids deux mesures » dans la gestion des libertés publiques.
Il pointe notamment :
- le traitement différencié des plaintes selon les acteurs politiques concernés ;
- la facilité avec laquelle l’immunité parlementaire est évoquée ou levée dans certains dossiers ;
- et l’absence de protection effective des élus critiques du pouvoir.
Le gouvernement invoque la primauté de la loi
Face à ces accusations, l’exécutif se retranche derrière le respect strict des procédures. Selon des sources gouvernementales, toute plainte régulièrement déposée serait traitée conformément à la loi, sans distinction de statut ou d’appartenance politique.
Le ministre de la Justice a insisté sur l’engagement des autorités à agir dans le cadre de l’État de droit, conformément aux orientations du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qui prône une justice indépendante et égale pour tous.
Un climat politique sous tension
Cette controverse s’inscrit dans un contexte politique déjà marqué par une relation conflictuelle entre le pouvoir et une partie de l’opposition, notamment les mouvements issus de la société civile.
Figure centrale de la lutte contre l’esclavage et plusieurs fois candidat à la présidence, Biram Dah Ould Abeid demeure un acteur clivant, dont chaque déclaration résonne bien au-delà de l’hémicycle parlementaire.
Libertés publiques et crédibilité institutionnelle en question
Au-delà de l’affrontement personnel, l’affaire soulève des interrogations de fond :
- la capacité des institutions à protéger les représentants élus ;
- la perception de l’indépendance de la justice ;
- et la place laissée à la critique politique dans l’espace public.
Autant de questions qui continuent d’alimenter le débat national sur l’avenir démocratique de la Mauritanie.
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