Nouakchott : marche de soutien à la famille Koumé, Îlot L
Des organisations de droits humains ont marché ce 5 novembre à Nouakchott pour soutenir la famille Koumé, qui dénonce une expulsion de sa villa de l’Îlot L.

Marche de soutien à la famille Koumé: ce jeudi 5 novembre, des organisations de défense des droits humains ont défilé devant la villa du 72 Îlot L. Elles soutiennent la famille Koumé, qui dénonce une expulsion illégale.
Des dizaines de personnes, des femmes pour beaucoup, se sont rassemblées ce jeudi devant la villa du 72 Îlot L, à Nouakchott. Elles étaient là pour soutenir Fatou Kiné Sanghott, veuve d’Amadou Birane Koumé. Depuis une dizaine de jours, elle vit sous une tente devant sa maison avec ses enfants.
Au micro, M. Beyrouck a demandé aux Mauritaniens de se mobiliser et à l’État d’intervenir. M. Diagana a dénoncé une procédure qu’il juge illégale. Il a aussi affirmé qu’une femme de la famille aurait fait une fausse couche. Rapide Info n’a pu vérifier ce point auprès d’aucune source médicale indépendante. S.T. a pour sa part regretté les divisions entre communautés et appelé les Mauritaniens à s’unir contre l’injustice.
Ce que dit la famille. Selon son porte-parole, M. Cherif Sanghott, la villa a été achetée et payée par Amadou Birane Koumé. Après la faillite de la banque d’origine, le dossier est passé à la Banque centrale de Mauritanie. La famille affirme avoir tout soldé, obtenu la mainlevée, puis une décision de justice en sa faveur. Pourtant, la maison reste fermée. Fatou Kiné Sanghott dit aussi s’être vu retirer, sans compensation, les boutiques qu’elle tenait au Marché de la Capitale, sa seule source de revenus.
La famille Koumé réclame :
la restitution de ses boutiques et du titre foncier original ;
l’annulation de la vente aux enchères contestée ;
l’exécution de la décision de justice ;
une enquête indépendante.
M. Sanghott dit détenir l’acte d’acquisition, la mainlevée et la décision de justice, et se déclare prêt à les remettre aux autorités judiciaires.
Des questions restent sans réponse. Que sont devenus le titre foncier original après la mainlevée ? Qui a ordonné l’expulsion ? Rapide Info n’a obtenu, à ce stade, la version d’aucune des institutions concernées : Banque centrale, Domaines, Conservation foncière, mairie, wilaya. Toutes sont invitées à s’exprimer, dans le respect du contradictoire.
Pour les manifestants, la question dépasse le cas d’une seule famille. Une veuve qui dort dehors à Nouakchott, avec, dit-elle, tous ses papiers en règle, interroge la capacité de chacun, institutions comme société civile, à réagir.
Yahya Niane
Pour Rapide Info



