Lexeiba a soif : le cri d’alarme face à l’injustice hydrique au Gorgol
À Lexeiba (Gorgol), l'absence d'eau potable révèle une injustice structurelle. Abdoulaziz DEME dénonce l'abandon de l'État et appelle à une réforme urgente du réseau.

Lexeiba a soif !
À Lexeiba, dans la région du Gorgol, l’accès à l’eau potable est devenu le symbole criant d’une injustice structurelle et d’un abandon manifeste des populations par les pouvoirs publics.
Alors que l’eau est un droit fondamental, des quartiers entiers de cette localité vivent dans une précarité hydrique insoutenable, parfois durant des mois, voire des trimestres, sans qu’une seule goutte ne coule de leurs robinets.
Le problème n’est pas seulement celui d’une pénurie ponctuelle ou d’une sécheresse imprévisible. Il s’agit avant tout d’un dysfonctionnement profond du réseau d’adduction d’eau, mal conçu, mal réparti et manifestement mal géré.
Certains quartiers bénéficient, tant bien que mal, d’un approvisionnement irrégulier, tandis que d’autres sont tout simplement exclus du système, relégués à une marginalisation silencieuse mais dramatique.
Cette situation révèle une inégalité territoriale flagrante.
Comment expliquer qu’au sein d’une même ville, des citoyens aient accès à un minimum vital pendant que d’autres en sont totalement privés ? Cette disparité n’est pas anodine : elle traduit une absence de planification sérieuse, une carence dans la gestion des infrastructures publiques et, surtout, un manque de volonté politique.
Au-delà des difficultés techniques, c’est bien la responsabilité de l’État qui est engagée.
Car garantir l’accès à l’eau potable relève de ses missions essentielles. Or, à Lexeiba, l’État semble avoir démissionné, laissant les populations livrées à elles-mêmes, contraintes de recourir à des solutions précaires, souvent coûteuses et parfois dangereuses pour la santé.
Les conséquences sont multiples et graves : risques sanitaires accrus, aggravation de la pauvreté, tensions sociales croissantes et sentiment d’injustice généralisé.
Dans un contexte déjà marqué par des vulnérabilités économiques et sociales, cette crise de l’eau ne fait qu’approfondir les fractures.
Face à cette réalité, le silence ou l’inaction des autorités est inacceptable.
Il est urgent de procéder à un audit sérieux du réseau d’adduction d’eau, d’identifier les défaillances techniques, de rééquilibrer la distribution et d’investir dans des infrastructures adaptées aux besoins réels de la population.
Mais au-delà des mesures techniques, c’est une question de dignité humaine et de justice sociale.
Les habitants de Lexeiba ne demandent pas des privilèges, mais simplement le respect de leurs droits fondamentaux.
L’accès équitable à l’eau ne doit pas être un luxe réservé à certains quartiers, mais une réalité pour tous.
Ignorer cette situation, c’est accepter qu’une partie de la population vive dans l’indifférence et l’injustice.
Il est temps que l’État assume pleinement ses responsabilités et mette fin à cette inégalité insoutenable.
Abdoulaziz DEME
Ressortissant de lexeiba
Le 13 Mai 2026



