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Oui, c’est ça, l’égalité entre les citoyens !

Oui, c’est ça, l’égalité entre les citoyens !
Au début, lors de la mise en place de notre État, nous n’avons pas été capables de faire preuve de courage politique. Nous avons donné aux communautaristes la liberté d’agir sans aucune restriction. Notre silence coupable les a fortement motivés.
Si le communautarisme harratine a pris des proportions agressives ces dernières années, c’est parce que celui des Foutanqués était en plein essor.
Si les 19 signataires du tract négro-mauritanien de 1966 avaient été mis au ban de la société et si leur discours communautariste avait été éradiqué, il aurait été possible d’éviter le divisionnisme harratine actuel.
Bien sûr qu’il y a émulation dans le mal, dans l’égocentrisme et dans les raccourcis.
Ainsi, de nombreux Négro-Mauritaniens, qui manquaient de consistance et de base populaire, ont réussi à avoir voix au chapitre, à entrer au parlement, et bien plus encore grâce à l’instrumentalisation de l’ethnicité et de la racialité.
De même, un cadre moyen harratine, voyant de très nombreux cadres du cycle A, long et court, de la Fonction publique lui barrer la voie vers la promotion sociale, a choisi d’exploiter la question de l’esclavage ancien pour devenir député, et être en lice pour briguer la magistrature suprême, s’appuyant sur un électorat communautaire massif pathologiquement émerveillé par la violence verbale contre ses frères beïdanes.
Cela dit, les Soninkés au Mali, les Peuls en Guinée et les Toucouleurs au Sénégal ne bénéficient d’aucun statut particulier, ne sont pas reconnus comme des citoyens distincts.
Également, il n’y a pas de quotas ou de traitements de faveur spécifiques accordés aux anciens hommes et femmes issus de la classe servile dans ces pays.
Dans ces pays pertinemment, il n’est en aucun cas question d’égalité entre les ethnies et les communautés. C’est l’égalité citoyenne, portée par les partis politiques inclusifs au nom de tous les citoyens, sans distinction, qui est requise et constamment améliorée pour le bien de l’ensemble de la population.
En ce qui concerne les travailleurs, que ce soit dans le secteur public ou privé, indépendamment de leur appartenance socioculturelle, ce sont les syndicats qui défendent leurs intérêts matériels et moraux et non les défenseurs autoproclamés de leur ethnie ou de leur race.
En d’autres termes, le fait d’appartenir à une ethnie, une race ou un statut social ne devrait pas donner de droits spéciaux dans une République.
Il était donc essentiel de tenir compte de cette réalité afin d’éviter tout déviationnisme. Et en échange, l’État devrait être là pour tous. Son devoir est de garantir la justice sociale et l’égalité de chance pour tous ses citoyens, sans aucune forme de discrimination.
La prise de conscience qui se manifeste aujourd’hui dans certains discours et actions, même tardive, est susceptible de réconcilier les Mauritaniens avec eux-mêmes si elle s’approfondit.

Ely Ould Sneiba
Le 12 mai 2026

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