L’Appel Urgent de l’ONU : une mobilisation mondiale nécessaire pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel
L’Appel Urgent de l’ONU : une mobilisation mondiale nécessaire pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel
Nations Unies, 3 April 2025 – Lors d’une présentation récente au Conseil de sécurité, le Représentant spécial des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Leonardo Santos Simão, a dressé un tableau alarmant de la situation dans cette région, marquée par une montée des menaces terroristes, tout en soulignant des avancées politiques et des initiatives prometteuses.
M. Simão a mis en évidence l’ampleur de la crise qui sévit dans certaines parties du Sahel, en particulier autour du bassin du lac Tchad, où les terroristes continuent de semer la désolation dans des pays comme le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Nigeria. Au cours d’une visite récente dans la ville de Bama, au nord-est du Nigéria, il a constaté de visu les conséquences dévastatrices des actions de Boko Haram, où environ 300 000 personnes vivent dans des conditions précaires, notamment dans de vastes camps de déplacés internes.
« Bama a été ravagée par des violences incessantes, accueillant des camps de déplacés où près de 100 000 personnes cherchent refuge », a-t-il affirmé par vidéoconférence depuis Dakar, au Sénégal.
La Sécurité : une préoccupation primordiale
S’adressant aux ambassadeurs, M. Simão a souligné l’urgence de renforcer les efforts diplomatiques et d’accroître le soutien financier pour maintenir la Force multinationale mixte (JMF), la seule entité de sécurité pleinement opérationnelle dans la région. Composée de cinq nations – Tchad, Cameroun, Nigéria, Niger et Bénin – cette force fait face à des défis croissants, notamment le retrait récent du Niger.
« Ce retrait intervient à un moment critique, alors que la sécurité reste la préoccupation majeure de la région, bien que des investissements dans les ressources militaires aient permis de renforcer l’autorité de l’État dans certaines zones du Sahel central », a-t-il précisé.
L’envoyé a également salué la formation de nouvelles structures telles que la Force conjointe antidjihadiste, récemment créée par l’Alliance des États du Sahel, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Cette initiative vise à stabiliser la région et à favoriser une meilleure gouvernance.
Des progrès politiques fragiles
Au milieu de ces défis sécuritaires, certains pays font des efforts pour retrouver une certaine normalité. Le Mali, par exemple, a lancé un processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) ciblant 3 000 anciens combattants, dont 2 000 intégreront les Forces armées. D’autres nations, comme la Guinée, anticipent des élections d’ici la fin de l’année, tandis que le Burkina Faso annonce avoir réussi à contrôler plus de 70 % de son territoire.
Le président mauritanien a initié un dialogue national avec les partis d’opposition, et en Gambie, une récente rencontre entre le président Adama Barrow et le chef de l’opposition Ousainou Darboe a ravivé l’espoir d’une réforme constitutionnelle.
Cependant, des préoccupations demeurent, notamment concernant l’élection présidentielle à venir en Côte d’Ivoire, où l’inclusivité est essentielle, et à propos des tensions en Guinée-Bissau, où des désaccords sur le mandat présidentiel actuel menacent la stabilité du processus électoral.
Les civils en première ligne
Malheureusement, ce sont les civils qui paient le prix des conflits en cours. M. Simão a exprimé son inquiétude face à des rapports faisant état de civils non armés ciblés dans la lutte contre le terrorisme, une situation qui compromet l’État de droit et sape les efforts de lutte contre l’extrémisme violent.
Face à cette réalité complexe, l’appel à une mobilisation mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel n’a jamais été aussi urgent. Les Nations unies et la communauté internationale doivent agir rapidement afin de soutenir les initiatives de paix et de sécurité, et de protéger les vies des millions de personnes touchées par la violence dans cette région vulnérable.