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Kaédi étouffe : nuits sans repos, journées sans courant – Rapideinfo

Face à une canicule extrême et aux délestages de la SOMELEC, Kaédi vit un véritable calvaire. Entre pénurie d'eau et coupures de courant, découvrez notre reportage à Kaédi par Yahya Niane.

Kaédi étouffe : nuits sans repos, journées sans courant
Procéder à une vie au ralenti, étouffer sous plus de 45°C et faire face à des coupures d’électricité intempestives ainsi qu’à des pénuries d’eau quotidiennes : c’est le calvaire que vivent actuellement les habitants de Kaédi. Entre denrées périmées, appareils grillés et risques sanitaires, la capitale du Gorgol traverse une crise sans précédent où la population crie à l’aide face au silence des services publics.

Par Yahya Niane – Rapideinfo

2h du matin à Kaédi. Le thermomètre affiche encore 38°C. Dans les concessions, les ventilateurs sont à l’arrêt. Les robinets crachent du vide. Des enfants dorment à même le sol dans les cours, à la recherche d’un peu d’air. Ici, la canicule ne fait pas de pause. Elle frappe de jour comme de nuit.

Depuis deux semaines, la ville vit au ralenti. Les températures dépassent les 45°C à l’ombre en pleine journée et peinent à descendre sous les 35°C la nuit.

« On ne dort plus. La maison est un four dès 9h du matin et jusqu’à l’aube », témoigne Aïssata, mère de 4 enfants au quartier Wandama-Stade.

Résultat : fatigue générale, maux de tête, enfants absents ou *endormis en classe coranique*. Dans les marchés, l’activité commence tôt le matin et s’arrête à midi.

Pire encore, à cette chaleur s’ajoutent des coupures d’électricité qui durent parfois de longues heures. Le courant part parfois dès 9H et revient tard, sans horaire fixe.

« Nos frigos sont morts, la viande ne tient pas », se plaint Mamadou, boucher au marché central.

*Conséquence directe* : de nombreuses familles se plaignent d’avoir perdu du matériel électroménager : téléviseurs, ventilateurs et réfrigérateurs grillés lors du retour brutal du courant.

*Et comme si cela ne suffisait pas*, *beaucoup de viandes, de légumes et de poisson sont jetés aux poubelles* après avoir pourri faute de froid. Une double perte pour des ménages déjà sous pression.

Sans courant, pas de ventilateur, pas de pompe pour tirer l’eau. Les groupes électrogènes tournent, mais le gasoil a flambé.

Joint par téléphone, un responsable de SOMELEC évoque « une surcharge du réseau liée à la forte demande et des travaux de maintenance en cours ». Aucun calendrier de délestage n’a été communiqué.

Dans ce contexte, ce sont les plus vulnérables qui trinquent. Au centre de santé de Kaédi, le personnel tire la sonnette d’alarme. « On reçoit chaque jour des cas de déshydratation, de malaises et de crises d’asthme aggravées par la poussière et la chaleur », explique un infirmier.

Les écoles et classes coraniques sont les plus touchées : salles surchargées, sans eau ni courant. Pour les vieux, l’isolement devient dangereux.

*À cela s’ajoute* la pénurie d’eau. Dans plusieurs quartiers, dont Wandama-Stade, *les robinets sont à sec deux fois dans la journée*.

« On fait la queue dès 5h au puits. Et parfois il n’y a rien », raconte Oumou.

Résultat : l’hygiène devient un luxe. Se laver, cuisiner, boire… il faut choisir.

Face à cette triple crise , les habitants réclament des mesures concrètes : un programme de délestage connu à l’avance, des points d’eau temporaires, et des campagnes de sensibilisation.

Ahmed, notable de la ville, résume le désarroi : _« À cette période de l’année, on était autrefois en plein hivernage à Kaédi. Mais cette année, on vit la canicule du mois de Mai chez nous. Le cycle des saisons a peut-être changé ! »_

Les médecins recommandent de boire beaucoup d’eau, d’éviter de sortir entre 11h et 17h, et de mouiller les corps des enfants et des personnes âgées.

« Il faut des forages d’urgence et accélérer les travaux sur le réseau électrique. On ne peut pas tenir un été entier comme ça », conclut un élu local.

En somme, Kaédi vit un été qui ne pardonne pas. Entre chaleur extrême, noir et soif, la ville est à bout. Sans réponses rapides sur l’eau et l’électricité, la canicule risque de laisser des traces bien au-delà des factures et des nuits .

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