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Mauritanie : au-delà des mots, l’enjeu de l’unité !

Mauritanie : Unité nationale, identité et diversité culturelle – Yahya Niane pour Rapide Info

Thème : Unité nationale  –  Analyse du débat sur l’identité nationale en Mauritanie : origines des termes, question haratine, diversité culturelle et enjeux d’une unité fondée sur l’équité.

En Mauritanie, la question de l’identité suscite de nombreux débats. Analyse des dynamiques linguistiques et sociopolitiques, du rôle des communautés et des voies vers une unité nationale harmonieuse.

*Mauritanie : au-delà des mots, l’enjeu de l’unité*!

En Mauritanie, la question de l’identité occupe le débat public depuis plusieurs décennies. Au cœur de cette discussion, un terme revient souvent et fait polémique : « negro-mauritanien » ou « négro-africain ».

D’abord, il faut rappeler d’où vient ce vocable. Apparu surtout dans les années 80-90, il a été utilisé par certains mouvements et intellectuels pour désigner ensemble les communautés noires du pays : Pulaar, Soninké, Wolof, Bambara et une partie des Haratine. En face, d’autres responsables politiques l’ont rejeté. Selon eux, ce mot aurait été importé dans le débat par le FLAM pour créer une opposition binaire entre « maures blancs/beidanes » et « noirs », et ne refléterait pas la réalité nationale.

Dans ce contexte, Mohamed Ould Maouloud a critiqué le mot « négro-africain » en prétextant qu’il a été inventé par les FLAM. Cependant, les cadres de l’I.R.A de Biram Dah Abeid et beaucoup d’autres cadres politiques ont mis à nu cette allégation. À ce sujet, M. Ba Mamadou Sidi, ex-militant du Mouvement M.N.D puis ex-président des FLAM, a même déclaré que le terme « NÉGRO-AFRICAIN » a été bel et bien inventé par le Président du M.N.D, Monsieur Mohamed Ould Maouloud.

Par ailleurs, la question haratine reste au centre de ce débat. Historiquement liés à la société maure de culture hassanie, certains Haratine revendiquent aujourd’hui pleinement cette appartenance linguistique et culturelle arabo-berbère. Dans le même temps, d’autres mouvements associatifs et intellectuels revendiquent une identité négro-africaine distincte, pour mettre en avant l’histoire de l’esclavage et les discriminations subies. Cette double lecture explique pourquoi le sujet touche autant : il renvoie à la mémoire, à la langue, à la culture et à la citoyenneté.

Cependant, depuis les années 2000, le ton a changé. Le débat s’est en partie désacralisé. L’esclavage, les inégalités et la diversité ethnique sont désormais abordés à la télévision, dans la presse et à l’école. De plus, on observe une pluralité de discours : des voix insistent sur l’unité nationale autour de la culture hassanie, tandis que d’autres réclament la reconnaissance des spécificités négro-africaines. Surtout, le débat se déplace progressivement vers l’essentiel : l’accès à l’éducation, à l’emploi, à la justice et à la reconnaissance légale.

Finalement, aujourd’hui il n’existe pas une seule façon de se définir en Mauritanie. Certains se disent maures, d’autres haratine, pulaar, soninké ou wolof. D’autres encore se définissent simplement comme Mauritaniens. L’idée qui revient le plus est celle de l’assomption : assumer son histoire, sa langue et son parcours sans complexe.

Pour dépasser les étiquettes, un grand militant des droits humains souligne : _« Il faut dépasser ce débat qui est à mon sens faux ! Chacun est libre de revendiquer son appartenance, l’État doit traiter tous au pied d’égalité…. »_
Un autre ajoute avec humour et sagesse : _« En Mauritanie, il y a juste deux identités et pas plus, on est noirs et blancs et pas plus (sourire). Feu Mame Ndiack, chef de Canto Toro – Haley6e disait que la Mauritanie ressemble à un œil. Comme celui-ci, le blanc et le noir de l’œil sont interdépendants et indissociables. »_
Et un autre conclut : _« La Mauritanie doit revisiter son passé, repanser ses plaies et avancer. »_

Au fond, la Mauritanie est belle et riche de sa diversité. À condition qu’elle soit acceptée, respectée et valorisée par tous.

Signé par : Yahya Niane pour Rapide Info

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