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Le jour où Mohamed a aggravé son cas.

Il y a un certain temps, Mohamed fit partie du directoire de campagne de l’un des candidats à l’élection présidentielle. C’était sa première expérience en tant que collaborateur dans un groupe de travail, où il a dû affronter des hommes politiques qui lui étaient autrefois hostiles.
La campagne s’est mise en route. Les rôles sont distribués. Mohamed est nanti d’une commission nationale dont la tâche est assez modeste, pour ne pas dire symbolique, mais il a tout de même le droit de recevoir un budget comme tous les autres, une allocation proportionnelle au coût prévu de sa mission. Et c’est là que Mohamed s’est tiré une balle dans le pied de bonne foi.
Le comité d’arbitrage budgétaire s’est réuni dans le but d’examiner les requêtes : 650 millions pour l’un, 120 millions pour l’autre… Mohamed, en revanche, a demandé un petit cinq millions.
Les hommes du futur régime ont compris : ce monsieur n’a pas les compétences requises pour les accompagner. Son sort est scellé. Il restera ‘’out’’.
Cela dit, si nos enquêteurs mettent tout en œuvre pour traquer les réseaux de financement des influenceurs établis à l’étranger, il est fort probable que des cercles du pouvoir soient bousculés. Une situation révélatrice des mécanismes bien huilés du « revolving system », où la transparence de la vie publique se heurte, une fois de plus, à une profonde résistance institutionnelle au changement, et où les mêmes hommes moralement douteux se la coulent douce en permanence.

Ely Ould Sneiba

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