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L’exigence sociale au cœur de la rigueur budgétaire : Le pari mauritanien

Allier exigence sociale et rigueur budgétaire : c’est le pari de Mokhtar Ould Diay, qui débloque 12 milliards d’ouguiyas pour les ménages en Mauritanie.
C’est une double certitude que le Premier ministre, Mokhtar Ould Diay, a partagée sur ses réseaux sociaux : l’action sociale d’un État ne se décrète pas par de simples incantations, elle se finance par la vertu d’une gestion rigoureuse ; et la souveraineté financière d’une nation reste l’unique clé de son développement.
En effet, en annonçant un nouveau paquet de mesures de soutien de plus de 12 milliards d’ouguiyas en faveur des ménages les plus vulnérables, le chef du gouvernement ne pose pas seulement un acte de solidarité conjoncturelle. Il traduit au contraire en chiffres une vision politique claire, directement adossée aux orientations du Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani : celle d’un État protecteur qui refuse de laisser ses citoyens les plus fragiles sur le bord du chemin.
L’urgence du quotidien : Répondre au choc de la précarité
Face à la conjoncture économique mondiale et à la pression sur le pouvoir d’achat, la réponse de l’exécutif se veut massive et immédiate. C’est pourquoi les mesures annoncées ciblent le cœur des besoins vitaux à travers deux leviers complémentaires : l’aide alimentaire directe et l’injection de liquidités.
• Le bouclier alimentaire : Ce sont ainsi 155 000 familles – représentant plus d’un million de Mauritaniens – qui recevront des paniers de denrées de première nécessité (riz, blé, sucre, huile, pâtes). Une opération d’envergure dotée d’une enveloppe de 6,2 milliards d’ouguiyas.
• Le soutien monétaire : Parallèlement, un transfert direct de 15 000 ouguiyas par ménage va être opéré au profit de 352 000 familles (soit plus de 2 millions de citoyens), pour un coût global de 5,3 milliards d’anciennes ouguiyas.
Au-delà de l’alignement des zéros, c’est par ailleurs l’immédiateté de l’exécution, placée sous la supervision directe d’un comité ministériel et des autorités locales, qui démontre une réelle volonté de rupture avec les lourdeurs bureaucratiques traditionnelles.
Une continuité politique : Consolider les acquis du printemps
Il convient de souligner que ce nouveau jalon ne sort pas du néant. L’édifice social actuel repose en effet sur les fondations posées en avril dernier, lors d’une première phase de soutien à hauteur de 6,2 milliards d’ouguiyas. Le Premier ministre a d’ailleurs tenu à dresser un bilan d’étape transparent de ces engagements :
• Fonctionnaires et militaires : L’aide trimestrielle destinée aux 42 536 agents de l’État touchant moins de 130 000 ouguiyas est déjà en cours d’exécution (638 millions ayant été versés sur les 1,9 milliard prévus).
• Retraités et Registre Social : De la même manière, les pensions des anciens serviteurs de l’État et les allocations des 124 000 familles du Registre Social continuent d’être honorées à un rythme régulier.
• Valorisation du travail : Enfin, le relèvement du SMIG à 50 000 ouguiyas, couplé à une revalorisation salariale dans le secteur privé, parachève cette architecture de redistribution.
Au total, si l’on y ajoute les 40 milliards d’ouguiyas injectés par le Trésor public pour maintenir les subventions sur l’électricité, le gaz domestique et les carburants, c’est une enveloppe globale de 58 milliards d’ouguiyas qui se trouve mobilisée pour sanctuariser le pouvoir d’achat des Mauritaniens.
Le cercle vertueux : De l’orthodoxie financière à la souveraineté nationale
« La souveraineté financière est le fondement, la condition et la clé de la réalisation de tous les objectifs de développement. »
Cette conclusion du Premier ministre résonne comme un manifeste de politique économique. Dès lors, une question se pose : comment financer une telle ambition sociale sans hypothéquer l’avenir des générations futures ni aliéner l’indépendance de l’État ? Mokhtar Ould Diay y apporte une réponse pragmatique : par la lutte implacable contre la corruption, la rationalisation des dépenses et une discipline budgétaire inflexible.
En somme, la Mauritanie démontre ici qu’une politique de rigueur n’est pas nécessairement synonyme d’austérité aveugle pour les populations. Bien au contraire : lorsqu’elle est bien menée, l’orthodoxie financière devient la source exclusive du financement de la solidarité nationale. C’est ainsi qu’en récupérant les marges de manœuvre là où régnaient autrefois le gaspillage et l’impunité, le gouvernement s’offre les moyens de sa politique sociale.
C’est, en définitive, le choix de la dignité, financé par l’exigence de la bonne gouvernance. Un modèle de souveraineté en action qui, s’il maintient son cap, pourrait bien redéfinir durablement le contrat social mauritanien.

Par Ahmed OULD NOH, pour Rapide info

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