Dialogue national : le FCJ rejette la désignation unilatérale d’INSAF et gèle ses relations avec la Coalition
Le Front pour la Citoyenneté et la Justice (FCJ) rejette la liste unilatérale des représentants de la majorité pour le dialogue national et gèle ses relations avec la Coalition.
La majorité présidentielle traverse une zone de turbulences à la veille de l’ouverture du dialogue national. Le Front pour la Citoyenneté et la Justice (FCJ) a annoncé son refus « total » de la liste des huit représentants de la majorité au sein de la Commission chargée de superviser le dialogue, une liste établie, selon lui, de manière unilatérale par le parti INSAF.
Une décision découverte sur WhatsApp
Dans un communiqué daté du 16 octobre, le FCJ affirme avoir pris connaissance de cette désignation par le biais du groupe WhatsApp réunissant les partis de la majorité, sans aucune concertation préalable. Sont concernés Mohamed Ould Bilal, Mohamed Yahya Ould Horma, Sangott Ousmane, Mohamed Ould Talebna, Yacoub Ould Meine, Cheikhna Ould Hajebou, Daoud Ould Ahmed Aïcha et Vala Mint Mini.
Pour la formation, le choix opéré ne procède ni d’une consultation ni d’un consensus au sein de la coalition. Il ne garantirait pas davantage, estime-t-elle, une représentation complète et équilibrée des différentes sensibilités et composantes de la majorité. Le FCJ conteste ainsi la démarche « tant sur la forme que sur le fond ».
Gel des relations avec la Coalition
Réuni jeudi, le Comité permanent du parti a arrêté une série de décisions, que le FCJ a rendues publiques. La plus lourde de conséquences est le gel de toute relation avec la Coalition des partis de la majorité, ce qui constitue une rupture de fait, au moins temporaire, avec ses alliés.
Le Front précise par ailleurs qu’il ne considère pas les huit personnalités retenues comme ses représentants. Il invoque la nature même du dialogue, appelé selon lui à devenir une occasion de débattre des grandes questions nationales et des enjeux liés à l’évolution démocratique du pays, ce qui suppose une représentation véritablement partagée.
Une pique à l’adresse d’INSAF
Le FCJ indique avoir porté sa position à l’attention des autorités concernées, et en particulier du président de la Commission chargée de superviser le dialogue. Le communiqué se conclut sur une formule sans équivoque : celui qui a entravé le dialogue à plusieurs reprises, affirme le Front, ne saurait prétendre contribuer à son organisation et à sa réussite. Si le texte ne nomme pas explicitement le parti visé, la phrase s’inscrit dans le contexte de la polémique avec INSAF.
Un test pour la cohésion de la majorité
Cette sortie met en lumière les difficultés de coordination au sein de la majorité, au moment où la Commission de supervision doit entamer ses travaux. Elle pose aussi une question de méthode : comment une coalition peut-elle parler d’une seule voix si ses membres apprennent leur représentation par un message dans une discussion de groupe ?
À ce stade, ni INSAF ni la Coalition des partis de la majorité n’ont réagi publiquement au communiqué du FCJ. Reste à savoir si cette crise ouverte débouchera sur une renégociation de la liste ou sur un durcissement des positions, avec le risque de fragiliser le front uni que la majorité entend afficher face à l’opposition pendant le dialogue.



