Des policiers en service attentent à la vie de Biram Dah Abeid

Communiqué
Des policiers en service attentent à la vie de Biram Dah Abeid.
L’Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA Mauritanie), à l’instar de l’opinion publique nationale et de la communauté internationale des défenseurs des droits humains, constate depuis plus d’une année une inquiétante propension du régime mauritanien à banaliser les atteintes visant la vie, l’intégrité physique et morale du président Biram Dah Abeid, ainsi que celles de ses proches.
Au cours de la dernière semaine de décembre 2025, plusieurs menaces de mort et appels publics à son assassinat, par arme à feu ou arme blanche, ont été diffusés sur les réseaux sociaux, notamment par un certain Elmami Ould Mogueya, proche du ministre mauritanien de l’Intérieur.
Les avocats du député Biram Dah Abeid ont déposé une plainte auprès du ministère public. Une instruction a été brièvement engagée avant d’être brusquement interrompue. Quelques jours plus tard, lors d’une conférence de presse du gouvernement, le ministre de la Justice, Mohamed Ould Sweydat, a lancé contre le plaignant des attaques verbales d’une violence inhabituelle, le qualifiant notamment de « moins que rien », de « faux » et de « menteur ».
En février 2026, le ministère public a procédé à l’arrestation de quatre responsables de l’IRA, qui ont été victimes de violences et de torture avant d’être placés en détention préventive. Trois femmes, une journaliste et deux lanceuses d’alerte, ont également été arrêtées. Ces poursuites sont liées à leur appartenance au mouvement abolitionniste et à leurs activités de dénonciation de l’esclavage.
En mai 2026, deux députées, Ghamou Achour Salem et Mariem Cheikh Samba Dieng, cette dernière accompagnée de son bébé, membres de l’IRA et proches de Biram Dah Abeid, ont été kidnappées, mises en accusation puis condamnées à quatre années d’emprisonnement à l’issue d’un procès expéditif.
Le 1er juillet 2026, le lauréat du Prix des Nations unies pour les droits de l’homme, Biram Dah Abeid, et son épouse, Leila Hmaida, venus assister au procès en appel des députées abolitionnistes Ghamou Achour Salem et Mariem Cheikh Samba Dieng, ont été violemment pris pour cible par des unités de police placées sous le commandement de l’officier Ibrahima Camara.
Au cours de cette intervention, Biram Dah Abeid a reçu au visage un liquide agressif, a perdu connaissance et a dû être transporté à l’Hôpital national de Nouakchott. Son épouse, Leila Hmaida, a été violemment frappée à coups de matraque et de pied par des policiers. Ces scènes ont été largement diffusées en direct sur les réseaux sociaux.
Le 7 juillet 2026, alors que le président Biram Dah Abeid poursuivait son séjour à Nouadhibou, une surveillance permanente et étouffante lui aurait été imposée par quatre individus circulant à bord d’un véhicule banalisé. Selon les témoignages recueillis, ces individus se présentaient dans les domiciles où le président était invité, s’introduisaient dans les réunions qu’il tenait et intimidaient les personnes venues le rencontrer en affirmant être des policiers.
Dans la nuit du 7 au 8 juillet 2026, alors que le député quittait son dernier lieu de réunion pour se rendre au domicile de Maître Zaid Elmouslimine Ould Ma El Ainine, le véhicule qui le suivait aurait intensifié sa poursuite. À quelques dizaines de mètres de sa destination, cette voiture aurait brusquement foncé en direction du véhicule transportant Biram Dah Abeid et aurait été sur le point de le percuter.
Ce n’est que grâce au réflexe du conducteur, Alioune Dicko, responsable de l’IRA à Nouadhibou, qui a effectué une manœuvre d’évitement, qu’une collision a pu être évitée.
Le président Biram Dah Abeid a demandé à son chauffeur de ne pas s’arrêter avant d’atteindre le domicile de son avocat.
Une fois arrivé, le député a immédiatement contacté par téléphone l’un de ses conseils, l’ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats de Mauritanie, Maître Cheikh Ould Hindy, afin de lui demander si des policiers étaient légalement autorisés à lui imposer une telle surveillance allant jusqu’à mettre sa vie en danger. Son avocat lui a répondu que de tels agissements ne relevaient d’aucun cadre légal.
Le président Biram Dah Abeid s’est alors dirigé vers les individus qui le suivaient. Deux d’entre eux avaient déjà pris position de part et d’autre de la rue. Il les a interpellés en ces termes :
« Vous allez maintenant me dire pourquoi vous me suivez partout et pourquoi vous attentez à ma vie. »
L’un des individus est immédiatement remonté dans le véhicule. Le second a tenté de le rejoindre, mais les accompagnateurs du président se sont interposés. Le véhicule a alors quitté les lieux à vive allure.
L’individu resté sur place a déclaré être un policier en mission, sans toutefois préciser la nature de celle-ci. Il a ensuite tenté de provoquer une altercation avec les personnes présentes, alors qu’un nombre croissant de citoyens s’étaient rassemblés pour dénoncer le traitement infligé à une personnalité politique de premier plan.
Peu après, un commissaire de police est arrivé sur les lieux et a déclaré qu’il allait conduire l’agent concerné, dont le nom serait Sid’Ahmed Ould Soule, à la Direction régionale de la sûreté afin qu’une enquête soit ouverte et que les mesures disciplinaires appropriées soient prises.
Le président Biram Dah Abeid a demandé aux citoyens de mettre fin au rassemblement dans le calme. Il s’apprête, par ailleurs, à déposer une plainte auprès du parquet du tribunal de Nouadhibou contre les membres de cette équipe de surveillance.
L’IRA Mauritanie tient les autorités mauritaniennes pour pleinement responsables de toute atteinte à la vie, à l’intégrité physique ou à la sécurité du président Biram Dah Abeid, de sa famille, de ses collaborateurs et de l’ensemble des militants de l’organisation.
Elle appelle les autorités judiciaires à diligenter une enquête indépendante, impartiale et transparente sur les faits rapportés, et invite les partenaires de la Mauritanie ainsi que les organisations internationales de défense des droits humains à suivre avec la plus grande vigilance l’évolution de cette situation.
Nouakchott, le 08/07/2026
La Commission de communication



