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La Déclaration de politique générale entre promesses et impatiences sociales.

La Déclaration de politique générale entre promesses et impatiences sociales

Par Abdoulaziz Deme.

La Déclaration de politique générale (DPG) du gouvernement Ould Ndiaye, présentée devant l’Assemblée nationale en 2025 puis en 2026, trace la route d’un pays en quête d’équilibre. Ambitieuse sur le papier, cette feuille de route veut concilier croissance économique, justice sociale et stabilité politique.

Mais entre annonces et réalités, le fossé reste visible.

Le gouvernement met en avant des indicateurs encourageants. La croissance du PIB devrait se situer entre 4 et 5% pour la période 2025-2026, portée par le démarrage de la production gazière du champ Grand Tortue Ahmeyim, les secteurs minier et halieutique, et une inflation en baisse autour de 2%.

Les accords avec le FMI confortent cette orientation, en soutenant la stabilité budgétaire et les réformes de gouvernance économique.
L’exécutif vise une croissance moyenne de 5% à moyen terme, synonyme, selon lui, de progrès social durable.

Sur le terrain, la perception est moins optimiste. De nombreux citoyens dénoncent un décalage croissant entre les discours institutionnels et la vie quotidienne.

Le chômage avoisine toujours 10%, et la pauvreté pourrait atteindre 31,8% d’ici 2027.
La dépendance de l’économie aux matières premières maintient la Mauritanie sous la menace des fluctuations mondiales et des chocs climatiques.
Les programmes sociaux – Taazour, aides ciblées, filets de sécurité – progressent, mais leur impact reste limité.

La DPG 2026 place son action sous le signe de sept “ruptures”, centrées sur l’ambition nationale, l’équité sociale et le dialogue syndical.
Cette vision à vingt-cinq ans veut jeter les bases d’un développement plus diversifié, moins dépendant des ressources extractives, et plus attentif aux aspirations citoyennes.

Pour nombre d’observateurs, l’avenir de ces réformes dépendra avant tout de la qualité de la gouvernance. La transition énergétique verte, les investissements publics et les réformes institutionnelles offrent de réelles perspectives, à condition d’une gestion transparente et inclusive.
Les Mauritaniens attendent surtout des résultats concrets : une baisse du coût de la vie, des emplois stables, et des services publics plus accessibles.

Entre ambition politique et contraintes sociales, la Mauritanie aborde une étape décisive. Si les engagements du gouvernement trouvent un ancrage dans la réalité quotidienne, ils pourraient amorcer un renouveau de confiance. Dans le cas contraire, la lassitude populaire risque de s’installer, fragilisant la dynamique de réforme.

Le 22 janvier 2026

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