Le Premier ministre : consolider les acquis et ouvrir une nouvelle perspective de développement
Le Premier ministre Mokhtar Ould Diay a présenté à l’Assemblée nationale la Déclaration de politique générale 2026 et une vision nationale à l’horizon 2060.

Le Premier ministre Mokhtar Ould Diay a présenté à l’Assemblée nationale la Déclaration de politique générale 2026 et une vision nationale à l’horizon 2060.
Politique générale 2026 : consolider les acquis, viser 2060
Par El Wely Sidi Heiba
La présentation devant l’Assemblée nationale de la Déclaration de politique générale du Gouvernement pour 2026 par le Premier ministre, M. Mokhtar Ould Diay, a constitué un moment important de mise en perspective de l’action publique et des ambitions nationales. Au-delà du bilan des dernières années, marqué par des avancées dans les domaines des infrastructures, des services essentiels, de la protection sociale et de la modernisation administrative, cette intervention a surtout permis de dégager les grandes lignes de la prochaine étape et traduire une volonté de donner un nouvel élan à l’action gouvernementale, en l’inscrivant dans une vision de développement à long terme, fidèle aux orientations du Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, et à son ambition de faire de la transformation économique et sociale un levier durable de progrès pour le pays.
L’un des mérites de cette intervention est d’avoir associé la reconnaissance des réalisations accomplies à une lecture lucide des difficultés qui persistent. L’enjeu ne consiste plus seulement à rendre compte des programmes exécutés ou des indicateurs enregistrés, mais à apprécier leur portée réelle dans le quotidien des citoyens, en particulier celui des ménages modestes et des populations les plus vulnérables.
En rappelant que les progrès accomplis ne sauraient occulter les difficultés que rencontrent encore certains citoyens pour accéder aux soins, à l’éducation, à l’eau, à l’électricité ou à l’emploi, le Premier ministre a replacé la dimension sociale au cœur de l’évaluation de l’action publique. Une manière de souligner que la réussite des politiques gouvernementales se mesure avant tout à leur capacité à améliorer concrètement les conditions de vie.
Les orientations annoncées pour la période à venir s’articulent autour de priorités qui répondent à la fois aux préoccupations immédiates des citoyens et aux impératifs de transformation de l’économie nationale. Le soutien au pouvoir d’achat, la réponse aux effets de la conjoncture économique internationale et l’impulsion d’une nouvelle dynamique économique et agricole dans les wilayas de l’intérieur constituent autant de chantiers appelés à renforcer la résilience du pays et à élargir les perspectives de croissance. À ces priorités s’ajoute un projet de plus grande portée à savoir l’élaboration d’une vision stratégique nationale à l’horizon 2060. Cette perspective traduit une conception du développement qui dépasse la seule réalisation d’infrastructures pour accorder une place centrale à la création de richesses, à l’emploi, à la valorisation des ressources nationales et à une meilleure répartition des opportunités entre Nouakchott et les régions de l’intérieur.
La perspective d’une vision nationale à l’horizon 2060 mérite, à cet égard, une attention particulière. Elle répond à la nécessité de sortir d’une logique de recommencement périodique, dans laquelle les priorités risquent de changer au gré des successions gouvernementales, pour inscrire l’action publique dans une véritable continuité. L’enjeu est de construire sur les acquis, de préserver la cohérence des choix stratégiques et de donner aux politiques nationales une profondeur temporelle à la mesure des ambitions du pays. Une telle démarche suppose toutefois des institutions solides et une administration capable d’en assurer la mise en œuvre. L’importance accordée à la modernisation administrative, au développement des compétences, à la formation continue et à l’objectivité des critères de promotion témoigne ainsi d’une volonté de faire évoluer les pratiques et de renforcer les capacités de l’État à conduire les transformations attendues.
La dimension politique et institutionnelle du discours n’est pas moins importante. L’accent mis sur le dialogue national, la primauté de l’intérêt général, le respect des sensibilités politiques et la coopération entre les pouvoirs exécutif et législatif rappelle que la qualité de l’action publique dépend également de la solidité du cadre institutionnel et de la vitalité du débat démocratique. L’invitation adressée à la majorité comme à l’opposition à faire de leurs divergences une source d’enrichissement du débat et d’amélioration des politiques publiques s’inscrit dans une conception constructive de la compétition politique. La stabilité ne signifie pas l’absence de critique ; elle trouve au contraire sa pleine valeur dans un environnement où le dialogue, la responsabilité et le respect des institutions permettent de transformer les différences de vues en facteurs de progrès collectif.
La portée de ces orientations sera, en définitive, traduite dans les faits et les ambitions affichées seront accompagnées d’engagements précis, de calendriers maîtrisés, de ressources adaptées et de mécanismes de suivi permettant d’en mesurer les résultats. Car si les acquis des dernières années méritent d’être salués, les attentes de la population demeurent importantes et les défis appellent des réponses à la hauteur. La prochaine étape sera donc celle d’une action publique plus efficace, davantage attentive à l’impact des politiques engagées et mieux à même de transformer les investissements et les programmes en améliorations durables. Le véritable enjeu bien cerné sera de faire correspondre l’ampleur des ambitions à la profondeur des résultats et de donner aux projets entrepris une traduction perceptible dans la vie des citoyens.
Au-delà de la présentation d’un bilan et de l’annonce de nouvelles priorités, l’intervention du Premier ministre dessine ainsi une perspective fondée sur la consolidation des acquis, la correction des insuffisances et l’élargissement des horizons du développement national, et s’inscrit dans une ambition de continuité et de transformation, où l’efficacité de l’État, la cohérence des politiques publiques et la mobilisation des forces nationales sont appelées à se renforcer mutuellement. Une ambition dont la finalité demeure claire pour construire une Mauritanie plus juste, plus équilibrée et plus prospère, et faire du progrès réel des citoyens la mesure ultime de la réussite de l’action gouvernementale.
El Wely Sidi Heiba



