Mauritanie : le Premier ministre, Moctar Ould Djay présente son programme samedi
Reconduit après la crise de l’électricité, le Premier ministre Ould Djay présente samedi son programme à l’Assemblée. Vote lundi 9 novembre.

Reconduit le 9 octobre après la démission de son gouvernement, au lendemain d’un rapport sur les incendies de la Somelec, le Premier ministre El Moctar Ould Djay présente samedi son programme à l’Assemblée nationale. Les députés voteront lundi 9 novembre, dans un débat où le dossier de l’énergie devrait peser autant que les priorités sociales et économiques annoncées.
Le Premier ministre, Moctar Ould Djay présente sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale.
El Moctar Ould Djay, exposera samedi 7 novembre, à 10 heures, le programme de son gouvernement devant l’Assemblée nationale. Les députés en débattront puis voteront lundi 9 novembre, à la même heure, conformément aux articles 42 et 74 de la Constitution et à l’article 132 du règlement intérieur.
Une démission, puis une reconduction le même jour
Ce rendez-vous intervient dans un contexte particulier. Le 9 octobre, le Premier ministre avait présenté la démission de son gouvernement au lendemain de la remise d’un rapport d’enquête sur les incendies à l’origine de graves coupures d’électricité. Les sinistres avaient touché des postes de transformation de la Somelec à Nouakchott, plongeant de larges zones de la capitale dans le noir pendant trois à cinq jours.
Le rapport de la commission indépendante, créée par le président fin août, relève des insuffisances dans la prévention des risques, la protection électrique, le contrôle des travaux et la gestion des urgences. Dans sa déclaration au chef de l’État, Moctar Ould Djay a assumé la responsabilité des insuffisances de son équipe.
Le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani l’a reconduit le jour même et l’a chargé de former un nouveau gouvernement. Cette équipe de 29 ministres a été dévoilée le samedi 10 octobre au soir. Le ministre sortant de l’Énergie, Mohamed Ould Khaled, n’en fait pas partie. La reconduction du Premier ministre a été diversement commentée dans la presse locale.
Ce que prévoit la procédure
La Constitution impose au Premier ministre de présenter son programme à l’Assemblée dans le mois qui suit la formation du gouvernement. Il engage ainsi la responsabilité de son équipe sur sa mise en œuvre. Le bureau de l’Assemblée a réservé sept heures vingt au débat.
Un climat que le gouvernement veut apaisé
Moctar Ould Djay entretient de longue date le lien avec les parlementaires. Le jeudi 29 janvier dernier, lors d’un dîner en l’honneur des députés donné à l’occasion de la présentation de la politique générale du gouvernement pour 2025 et de ses perspectives pour 2026, il leur avait déclaré : « Permettez-moi de vous féliciter pour la session parlementaire qui s’achève. Elle a été, en réalité, une session pleine de travail constructif. »
Depuis la reconduction, il a réuni, le 2 novembre, les dirigeants des partis de la majorité et les présidents de leurs groupes parlementaires pour préparer sa déclaration. Le 4, il a présenté les grandes lignes de sa politique.
Les priorités annoncées
• la poursuite du programme présidentiel « Mon ambition pour la patrie » ;
• le renforcement du filet social pour les ménages à faibles revenus ;
• la formation, l’emploi et l’autonomisation des jeunes ;
• le développement des villes et des régions de l’intérieur ;
• la réponse aux difficultés économiques liées au contexte mondial.
Un premier test pour la nouvelle équipe
Le vote de lundi n’a rien d’une formalité. La majorité ayant été associée à la préparation du texte, l’adoption paraît probable. Mais le débat sera aussi l’occasion, pour les groupes parlementaires, de réclamer des précisions sur les moyens, le calendrier et les indicateurs de suivi, et de revenir sur le dossier de l’énergie : remise en état des installations, renforcement de la Somelec, responsabilités administratives et judiciaires.
Les Mauritaniens attendront des réponses concrètes : comment financer la protection sociale, créer des emplois pour une population jeune et éviter que les coupures de l’été ne se reproduisent.
Si le programme est adopté, le gouvernement pourra lancer officiellement son action. Un rejet aurait de lourdes conséquences politiques et institutionnelles.



