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Usage de l’Arabe en Mauritanie : Circulaire N°000001 du Ministère de la Culture

La circulaire N°000001 impose l'arabe dans l'administration du Ministère de la Culture mauritanien. Décryptage des enjeux et des débats sur les langues nationales.

circulaire N°000001
Le Ministère de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement a publié ce lundi 20 octobre la circulaire N°000001 relative à l’utilisation de la langue arabe dans les correspondances administratives.

Le texte, adressé aux secrétaires généraux, conseillers, conservateurs du patrimoine, directeurs centraux et directeurs des établissements sous tutelle, stipule :

Á compter de la date de publication de la présente circulaire, je vous demande de veiller à l’utilisation de la langue arabe dans toutes les correspondances, notes, rapports et documents adressés au cabinet du ministre […] ainsi que dans les documents établis au nom du Gouvernement. »

*Une pratique déjà en vigueur ailleurs*

Cette disposition n’est pas une première dans l’administration mauritanienne. Au Ministère de la Justice, notamment, l’usage de l’arabe comme langue de correspondance et de rédaction des actes est établi depuis plusieurs années, conformément au statut de l’arabe comme langue officielle, consacré par la Constitution.

L’objectif affiché par ce type de circulaires est généralement de standardiser les procédures administratives et de se conformer à la législation en vigueur concernant la langue officielle.

*Un portefeuille particulier*

La publication de ce texte au Ministère de la Culture suscite cependant un débat particulier, en raison de la nature même de ce département.

Contrairement aux ministères régaliens comme la Justice, le Ministère de la Culture a pour mission la protection et la promotion du patrimoine culturel national dans toutes ses composantes. Or, l’article 6 de la Constitution mauritanienne dispose que « les langues nationales sont l’arabe, le pulaar, le soninké, le wolof. La langue officielle est l’arabe. »

Pour une partie des observateurs et des acteurs culturels, notamment au sein des communautés Pulaar, Wolof, Soninké et Bambara, cette circulaire pose la question de l’articulation entre langue officielle et langues nationales au sein d’une institution dont la vocation est la promotion de la diversité.

Pour d’autres juristes, la circulaire ne fait qu’appliquer le principe de langue officielle dans les actes administratifs émanant du Gouvernement, sans remettre en cause le statut de langues nationales reconnu aux autres langues.

*Une question de fond sur la politique culturelle*

Au-delà de l’aspect purement administratif, cette circulaire relance le débat récurrent sur la place des langues nationales dans l’administration et sur le rôle du Ministère de la Culture comme garant de la pluralité culturelle du pays.

La question qui se pose désormais est celle de l’équilibre entre deux impératifs : le respect de la langue officielle dans les documents administratifs et la mission de valorisation de toutes les composantes culturelles de la Mauritanie.

Aucune réaction officielle du ministère n’a pour l’heure été apportée pour préciser la portée exacte de cette circulaire et son articulation avec les programmes de promotion des langues nationales.

Yahya Niane pour Rapide Info

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