
Monsieur le Ministre,
Nous avons pris connaissance de votre circulaire imposant l’utilisation de la langue arabe dans toutes les correspondances, notes, rapports et documents adressés au Cabinet du Ministère, ainsi que dans les documents établis au nom du Gouvernement.
Nous vous adressons, avec le respect dû à votre fonction, *notre profonde désapprobation.*
Cette décision constitue une aberration administrative et politique que nous ne pouvons pas accepter.
Elle revient, en effet, à imposer une langue unique dans le fonctionnement de l’État, alors même que la Mauritanie est une nation plurielle, composée de citoyens dont les langues nationales le pulaar, le wolof, le soninké, aux côtés de l’arabe font partie intégrante de son identité, de son histoire et de son patrimoine commun.
Réduire l’administration à une seule langue, c’est exclure de fait une partie des citoyens, fragiliser l’égal accès au service public et créer une discrimination linguistique contraire à l’esprit même de l’unité nationale.
Une telle mesure est d’autant plus inacceptable qu’elle émane d’un ministère chargé de la Culture et de la Communication. Au *lieu de valoriser la diversité culturelle et linguistique du pays, elle impose une uniformisation qui appauvrit notre patrimoine et nourrit les divisions.*
L’État ne doit pas être l’instrument d’une vision exclusive ; il doit être le garant de l’égalité de tous ses citoyens.
Par ailleurs, cette circulaire risque de perturber gravement le fonctionnement des administrations, de pénaliser les agents et les usagers non arabophones, et de compromettre la qualité, la clarté et l’efficacité de la communication publique.
Une politique linguistique responsable ne se décrète pas par une circulaire : elle se construit par le dialogue, la formation, le respect des réalités sociales et la reconnaissance de toutes les composantes de la nation.
Nous demandons donc, respectueusement mais fermement, le retrait pur et simple de cette circulaire et l’ouverture d’une réflexion nationale inclusive sur la place de toutes les langues nationales dans l’administration et la vie publique.
La Mauritanie ne se construira pas dans l’uniformité, mais dans la justice, l’égalité et la reconnaissance sincère de sa diversité.
Abdoulaziz DEME
Le 20 Octobre 2026.



