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Bilan Ghazouani en Mauritanie : Stabilité et chiffres de la nuance

Le président Ghazouani vante la stabilité et la croissance de la Mauritanie. Mais que disent le FMI, la Banque mondiale et RSF ? Analyse d'un bilan nuancé.

Bilan Ghazouani en Mauritanie : Alors que le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani dresse un bilan très positif de son mandat à Akjoujt, porté par la croissance minière et la stabilité sécuritaire, les données des institutions internationales invitent à plus de réserve. Derrière les indicateurs macroéconomiques au vert, le bilan Ghazouani en Mauritanie révèle des fragilités persistantes : pauvreté multidimensionnelle, faiblesses du capital humain et net recul de la liberté de la presse.

Le bilan Ghazouani en Mauritanie s’affiche sous le signe de la réussite économique et sécuritaire. Le 24 septembre, à Akjoujt, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a dressé le portrait d’un pays qui va bien. Il a parlé de sécurité, de politique, d’économie et de social. Ce discours de fin de mandat ressemble à un bilan, et ce bilan ressemble, forcément, à un plaidoyer. Le problème n’est pas que ce tableau soit faux. C’est qu’il est incomplet.

Sur le plan macroéconomique, le chef de l’État peut avancer des arguments solides. La croissance a atteint presque 4 % en 2025. La Banque mondiale prévoit 4,4 % pour 2026. La pauvreté est passée de 27 % à 25,2 % en un an. Aucun gouvernement ne serait gêné de montrer de tels chiffres. L’or, le gaz et d’autres ressources extraites ont rempli les caisses de l’État. Ces ressources ont aussi amélioré les comptes extérieurs. Pour le moment, le discours du président tient.

Mais c’est justement là que le problème apparaît. Cette prospérité repose sur une base étroite, soit les mines, l’or et le gaz. Le FMI le rappelle sans détour. L’économie mauritanienne reste peu diversifiée, ses infrastructures et sa gouvernance présentent des faiblesses, et la pauvreté multidimensionnelle reste élevée. Une croissance tirée par les matières premières ne garantit rien. C’est un pari sur la durée des prix mondiaux.

Le constat social suit la même logique, mais il reste trompeur. Oui, la pauvreté diminue. Mais un quart de la population vit encore sous le seuil national de pauvreté. La Banque mondiale donne un chiffre qui devrait poser plus de questions que n’importe quel taux de croissance. Un enfant mauritanien né aujourd’hui n’atteindra en moyenne que 38 % de son potentiel de productivité à l’âge adulte. Éducation, santé, nutrition, le FMI souligne les mêmes manques. Amélioration ne veut pas dire résolution.

C’est pourtant sur le terrain politique que le fossé entre le discours et les faits apparaît le plus clairement. La stabilité de la Mauritanie, réelle et précieuse dans un Sahel en crise, n’est pas remise en cause. Mais Freedom House continue de classer le pays comme « partiellement libre » en 2026. L’organisation signale des limites à la liberté d’expression et à l’activisme. Plus marquant encore, Reporters sans frontières fait passer la Mauritanie de la 50e à la 61e place mondiale pour la liberté de la presse en un an. Une stabilité qui s’accompagne, même en partie, d’un recul démocratique n’est pas la même chose qu’une bonne situation politique tout court. C’est une nuance que le discours d’Akjoujt a soigneusement laissée de côté.

En fait, il ne s’agit pas vraiment de mettre en cause la sincérité de Monsieur le Président. Il faut plutôt examiner la situation autrement. Il s’agit d’un procès en sélection. On peut vérifier chaque chiffre cité. Ce sont les faits passés sous silence qui façonnent le récit. La Mauritanie de 2026 n’est ni un pays en crise, ni un pays où tout va bien. C’est un pays qui avance sur des bases fragiles. La macroéconomie va plus vite que le capital humain. La stabilité sécuritaire existe en même temps qu’un recul mesurable de l’espace démocratique.

Un discours présidentiel cherche à rassurer. Les institutions internationales, elles, cherchent à mesurer. Entre les deux, le citoyen mauritanien ferait mieux de lire les rapports plutôt que seulement les discours.

Rédaction Rapide info

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