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Akjoujt : Stratégie & Valorisation des Ressources en Mauritanie

Retour sur le discours du Président Ghazouani à Akjoujt : comment convertir le potentiel minier et humain de l'Inchiri en emploi durable et développement local.

Akjoujt… Pour que les ressources du pays deviennent richesse, opportunités et développement

L’étape d’Inchiri dans le programme de visite du Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, n’aura pas été une simple halte protocolaire, ni une séquence de discours destinée à accompagner une visite de terrain, mais, au delà, une occasion de replacer au cœur du débat national l’une des questions les plus déterminantes pour l’avenir économique et social de la Mauritanie à savoir comment transformer les ressources, les potentialités et les opportunités dont dispose le pays en une richesse véritablement productive, en emplois durables, en investissements créateurs de valeur, en services publics plus performants et, surtout, en un développement dont le citoyen puisse percevoir les effets dans sa vie quotidienne.

C’est à cette aune qu’il convient de lire la portée du discours prononcé à Akjoujt, qui, au-delà du rappel des réalisations accomplies et de la reconnaissance des défis qui demeurent, a surtout mis en lumière les conditions nécessaires pour franchir une étape supplémentaire, celle qui consiste à passer de la simple existence de ressources importantes à leur valorisation effective, de l’exploitation des potentialités à la création de valeur ajoutée et de l’accumulation des moyens disponibles à leur transformation en facteurs de croissance, d’emploi et d’amélioration durable des conditions de vie.

La richesse d’un pays, en effet, ne se mesure pas uniquement à l’étendue de ses réserves minières, à l’abondance de ses ressources naturelles ou à l’importance de son potentiel économique, ; mais se mesure aussi, et peut-être surtout, à sa capacité à transformer ces atouts en production, en emplois, en revenus, en infrastructures et en opportunités, car une ressource, aussi considérable soit-elle, demeure une richesse potentielle tant qu’elle ne s’inscrit pas dans un environnement institutionnel, économique et humain capable de la valoriser, de l’intégrer dans des chaînes de production et d’en élargir les retombées au-delà du seul lieu où elle est extraite ou exploitée.

C’est précisément ce qui donne leur cohérence aux différents volets évoqués par le Président de la République, qu’il s’agisse de la sécurité et de la stabilité, des infrastructures, du capital humain, de la mobilisation des ressources financières, de la diversification des partenariats ou encore de l’élargissement des investissements, autant de dimensions qui ne peuvent être envisagées comme des dossiers séparés, mais comme les composantes d’une même dynamique dans laquelle la stabilité crée les conditions de l’investissement, l’investissement favorise la production, la production génère de la valeur et de l’emploi, tandis que l’ensemble doit, en définitive, se traduire par une économie plus solide et par une amélioration tangible du niveau de vie des citoyens.

Sous cet angle, le discours d’Akjoujt dépasse une conception strictement comptable des ressources pour replacer l’homme, le travail et la production au centre de l’équation du développement, car les richesses naturelles ne prennent véritablement leur pleine signification économique et sociale que lorsqu’elles contribuent à créer des activités, à développer des compétences, à faire émerger des entreprises, à élargir les opportunités d’emploi et à renforcer les capacités d’un pays à produire lui-même davantage de richesse.

Le choix d’Akjoujt comme cadre de cette réflexion apparaît, dès lors, particulièrement cohérent, puisque la ville se trouve au cœur de l’Inchiri, une wilaya intimement associée à l’activité minière nationale et dont l’histoire économique rappelle, à elle seule, le lien étroit entre exploitation des ressources du sous-sol et développement du territoire ; elle offre ainsi un cadre particulièrement approprié pour poser une question qui dépasse largement les frontières de la région : comment faire en sorte que la richesse minière ne soit pas seulement une activité d’extraction, mais devienne un véritable levier d’investissement, d’emploi, de création de valeur et de développement local ?

Sur ce terrain, l’intervention du Président de la République autour de la question de la mine prend une portée particulière, puisqu’il a rappelé que l’État avait œuvré à préserver la continuité de l’activité et les emplois qui en dépendent, tout en appelant les titulaires de permis d’exploration et d’exploitation à accélérer la concrétisation de leurs engagements ; au-delà du maintien d’un secteur déjà établi, cette orientation ouvre la perspective d’un élargissement de l’activité minière à travers de nouveaux projets et de nouvelles exploitations, avec l’ambition de renforcer la contribution de l’Inchiri à l’économie nationale et de multiplier les possibilités offertes aux travailleurs, aux jeunes et aux acteurs économiques locaux.

Car la richesse minière ne se résume jamais à ce qui est extrait du sous-sol : sa véritable portée apparaît lorsque l’extraction devient le point de départ d’un ensemble plus vaste d’activités économiques, de services, d’entreprises, d’emplois, de revenus et de chaînes de valeur capables de prolonger les effets de l’exploitation bien au-delà du périmètre immédiat du site minier ; plus ces chaînes de valeur se développent, plus la ressource naturelle cesse d’être un simple produit exporté pour devenir un moteur de transformation économique et de développement territorial.

Mais l’une des particularités du message porté à Akjoujt réside précisément dans le fait que les grandes questions économiques n’y ont pas éclipsé les préoccupations les plus immédiates des populations, notamment celle de l’accès à l’eau potable, puisque l’annonce du lancement d’une étude destinée à alimenter la ville à partir de Benichab rappelle que le développement ne saurait être réduit aux grands projets d’investissement ou aux indicateurs de croissance, mais qu’il se mesure également à la capacité des politiques publiques à répondre aux besoins essentiels des citoyens et à améliorer concrètement leur cadre de vie.

La mise en perspective de la question de l’eau avec celles du secteur minier, des infrastructures et de l’investissement traduit ainsi une conception intégrée du développement, dans laquelle la création de richesse et l’amélioration des conditions de vie ne constituent pas deux trajectoires distinctes, mais deux dimensions complémentaires d’un même projet national, car aucun investissement ne peut produire durablement tous ses effets dans un environnement où les infrastructures, les services essentiels et les conditions de vie ne suivent pas le rythme de la croissance économique.

Mais peut-être l’un des messages les plus significatifs du discours d’Akjoujt tient-il dans la place accordée à la jeunesse, désignée comme la « véritable richesse » du pays, formule qui résume une conception du développement fondée sur une réalité simple mais fondamentale : les ressources naturelles peuvent s’épuiser, les gisements ont une durée d’exploitation limitée et les avantages tirés des matières premières restent tributaires des cycles économiques, alors que l’homme formé, instruit, qualifié et engagé dans le travail constitue une ressource capable de produire, d’innover et de créer à son tour de nouvelles richesses.

C’est dans cette perspective que l’éducation, la formation et le travail apparaissent comme les trois étapes d’un même processus, l’éducation permettant de construire le savoir, la formation transformant ce savoir en compétence et le travail donnant à cette compétence sa traduction économique et sociale à travers la production et la création de valeur ; lorsque cette logique s’installe progressivement dans les pratiques et dans les mentalités, la société peut passer d’une culture fondée sur l’attente de l’emploi à une culture davantage tournée vers la création d’activités, l’initiative et la production, et considérer le travail non plus seulement comme une source de revenu, mais comme l’un des fondements de l’autonomie individuelle et de la puissance économique collective.

Dans ce cadre, la mobilisation du parti El Insaf qui a précédé la visite mérite également d’être replacée dans la dynamique générale de la séquence, à travers la présence de ses responsables, de ses militants et de ses structures locales, sous l’impulsion et avec l’accompagnement de son président, Mohamed Massoud Ould Bilal, mobilisation qui a contribué à donner à l’étape d’Akjoujt une dimension politique et organisationnelle correspondant à l’importance de la visite présidentielle et au besoin d’assurer, sur le terrain, une articulation entre l’événement, les structures politiques et les réalités locales.

La prise de parole du président du parti, par son caractère rassembleur et les thèmes qu’elle a mis en avant, est venue compléter cette dimension en inscrivant la visite dans une réflexion plus large autour du développement, de la stabilité, de la cohésion nationale et des défis auxquels le pays est confronté, tout en rappelant la fonction d’un parti politique dans l’accompagnement des politiques publiques, la mobilisation des citoyens, l’écoute des préoccupations locales et la transmission des orientations nationales au plus près des territoires.

Ainsi, l’étape d’Akjoujt apparaît comme une sorte de condensé des principaux enjeux qui traversent aujourd’hui la question du développement national : une richesse minière considérable qui appelle une valorisation toujours plus efficace, des infrastructures dont le renforcement conditionne l’élargissement des activités économiques, des besoins essentiels qui demeurent au premier rang des priorités des populations, notamment dans le domaine de l’eau, une jeunesse qui constitue la principale force humaine du pays et, autour de cet ensemble, un espace encore largement ouvert à l’investissement, à l’initiative privée et à l’émergence de nouveaux projets.

Derrière ces différentes dimensions se dessine finalement une interrogation centrale, simple dans sa formulation mais décisive dans ses implications : que possédons-nous et que faisons-nous réellement de ce que nous possédons ? La Mauritanie dispose de ressources naturelles importantes, de potentialités humaines, d’espaces économiques encore insuffisamment exploités et d’opportunités multiples, mais l’enjeu véritable réside moins dans l’inventaire de ces atouts que dans la capacité collective à les transformer en production, à transformer la production en richesse, la richesse en développement et le développement en progrès concret et durable pour les citoyens.

C’est dans cette perspective que le travail prend une dimension qui dépasse largement la seule nécessité de gagner sa vie pour devenir une valeur économique, sociale et nationale, tandis que l’investissement dans l’homme apparaît comme l’investissement le plus durable, parce qu’il repose sur une ressource capable de se renouveler, de transmettre ses compétences et de produire de nouvelles capacités ; de la même manière, la stabilité constitue l’un des fondements indispensables à l’attraction des investissements et à la réalisation des projets, tandis que les infrastructures et les services publics fournissent l’environnement sans lequel la croissance risque de rester concentrée et de produire des effets limités.

Akjoujt n’a donc pas été seulement une étape supplémentaire dans une tournée présidentielle ; elle a constitué un espace où s’est posée, de manière concrète, la question de la transformation des potentialités nationales en opportunités réelles, à travers une interrogation qui vaut pour l’ensemble du pays : comment convertir ce que la Mauritanie possède sous son sol, sur son territoire et dans les compétences de sa population en une dynamique économique capable de créer des emplois, d’élargir les perspectives et d’améliorer durablement les conditions de vie ?

La réponse qui se dégage du discours repose, dans son essence, sur une équation dont les termes sont étroitement liés : l’éducation, la formation et le travail pour construire l’homme et renforcer ses capacités ; l’investissement, la production et la bonne gestion des ressources pour créer et accroître la richesse ; la stabilité, les infrastructures et les services publics pour offrir à cette richesse l’environnement nécessaire à son développement et à sa diffusion.

Lorsque ces différentes dimensions s’inscrivent dans une même dynamique, les ressources du pays cessent d’être de simples potentialités enfouies ou inexploitées pour devenir des moteurs de transformation économique et sociale, tandis que la richesse naturelle, au lieu de rester une réserve destinée à être consommée, peut progressivement devenir une source de valeur ajoutée, d’opportunités et de développement, capable de contribuer à la construction d’un avenir où la croissance économique se mesure aussi à l’étendue de ses retombées sur la vie des citoyens.

Par El Wely Sidi Heibe

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