Abdoulaziz DEME interpellation Ghazouani : discours sur la crise

Découvrez le texte intégral : Abdoulaziz DEME interpellation Ghazouani. Face à la crise sociale à Nouakchott, il exige 4 mesures d’urgence au gouvernement.
Abdoulaziz DEME interpellation Ghazouani : c’est le cri d’alarme lancé ce 23 août 2026 par l’observateur politique mauritanien. Face aux coupures d’électricité, aux pénuries d’eau et à l’inflation galopante qui frappent Nouakchott, il adresse un discours direct au gouvernement pour exiger des mesures immédiates. Voici l’intégralité de sa déclaration.
Mes chers concitoyens, mes chères concitoyennes, Membres du gouvernement,
Je prends la parole aujourd’hui non pas en adversaire systématique, mais en observateur politique lucide, en citoyen concerné, en acteur qui croit encore que l’État peut être un outil de protection et de dignité pour le peuple mauritanien.
Une crise sociale et urbaine profonde à Nouakchott
Regardons la réalité en face : Nouakchott, notre capitale, traverse une crise sociale profonde.
En pleine canicule, des quartiers entiers subissent des coupures d’électricité plusieurs fois par jour, parfois toute la journée. Des familles entières suffoquent, sans ventilateur, sans climatisation, avec des enfants qui ne peuvent pas étudier le soir, des malades qui ne peuvent pas être soignés dans des conditions décentes.
L’eau, ce bien le plus élémentaire, se fait rare. Après la crise de 2025, on nous avait promis des réformes, des investissements, une meilleure gouvernance. En 2026, les mêmes scènes se répètent : des femmes et des jeunes font la queue pendant des heures pour quelques litres d’eau, des camions-citernes deviennent une solution de survie et non un service public normal.
Dans les foyers, le gaz butane manque ou devient introuvable à prix officiel. Les prix des produits de base ne cessent de grimper. Le panier de la ménagère se vide, et avec lui, c’est la dignité des familles qui s’effrite. L’inflation reste élevée, autour de 7 à 8%, et ce ne sont pas des chiffres : ce sont des repas sautés, des dettes accumulées, des espoirs brisés.
« Cette crise n’est pas seulement technique. Elle est sociale. Elle est politique. Elle touche au cœur du contrat entre l’État et les citoyens. »
Abdoulaziz DEME interpellation Ghazouani : les 4 exigences
Face à cette situation, que voyons-nous ? Des communiqués techniques de la SOMELEC, des excuses ponctuelles, des explications sur les lignes électriques, les pics de consommation, les pannes. Mais où est la responsabilité politique ? Où est la reconnaissance claire que cette situation est anormale et inacceptable ?
Je le dis avec respect, mais avec fermeté : le gouvernement de Ould Ghazouani ne peut pas se contenter de gérer cette crise en mode “pompier”. Il ne peut pas laisser s’installer l’idée que les délestages, les pénuries d’eau et la flambée des prix sont devenus la norme à Nouakchott.
Alors, j’interpelle le gouvernement sur quatre points précis :
1. Assumer la responsabilité politique
Reconnaissez publiquement, au plus haut niveau, que la situation est grave, anormale, et que l’État assume ses responsabilités. Créez une cellule de crise interministérielle réelle, avec un porte-parole unique, qui rend compte chaque semaine devant les citoyens : état du réseau électrique, situation de l’eau, stocks de gaz et de carburants, mesures sociales prises.
2. Donner un plan d’urgence clair et daté
Les citoyens ont besoin de repères. D’ici 72 heures, publiez un calendrier précis des délestages par quartier, avec les raisons et les heures de retour estimées. Déployez des groupes électrogènes supplémentaires dans les zones les plus touchées et pour les services essentiels : hôpitaux, centres de santé, stations de pompage. D’ici 15 jours, lancez un plan d’urgence eau : camions-citernes gratuits ou subventionnés dans les quartiers sans eau, réparation prioritaire des fuites majeures et des stations défaillantes, avec un calendrier et un budget publiés.
3. Agir concrètement sur le pouvoir d’achat
Le gouvernement a annoncé une baisse de 20% du prix du gaz butane en juin 2026. C’est une mesure, mais elle ne suffit pas si les bouteilles sont introuvables ou si les prix parallèles explosent. Garantissez la disponibilité du gaz dans tous les points de vente officiels, luttez contre la spéculation, affichez les prix dans chaque quartier. Renforcez temporairement les subventions sur les produits de base, organisez des points de vente à prix contrôlés dans les quartiers populaires, et ciblez les aides vers les familles nombreuses, les chômeurs et les travailleurs informels.
4. Parler aux citoyens, pas seulement aux technocrates
Un message simple, clair, en arabe, en français, en langues nationales : “Nous savons que la situation est dure. Nous assumons nos responsabilités. Voici ce que nous faisons, voici les délais, voici comment vous pouvez nous interpeller.” Mettez en place un numéro vert, des points de contact dans les mairies, et traitez chaque signalement.
Conclusion : Le temps de la responsabilité politique
Mes chers concitoyens, Je ne suis pas de ceux qui pensent que tout va mal et que rien ne peut changer. La Mauritanie a des ressources, des compétences, une jeunesse capable de porter un avenir meilleur. Mais cet avenir ne se construira pas si l’État abandonne les citoyens sur les questions les plus élémentaires : avoir de l’eau, de l’électricité, un prix juste pour se nourrir et cuisiner.
Au gouvernement de Ould Ghazouani, je dis ceci : le temps des excuses techniques est révolu. Le temps de la responsabilité politique est venu. Vous avez encore la main pour éviter que cette crise ne se transforme en rupture de confiance durable. Agissez maintenant, avec méthode, avec transparence, avec courage.
L’histoire ne jugera pas ce gouvernement sur les barrages inaugurés ou les sommets organisés, mais sur la capacité de l’État à protéger les plus vulnérables, à garantir les services de base, à rendre la vie digne à Nouakchott et dans tout le pays.
Je vous remercie.
Abdoulaziz DEME
Le 23 Août 2026



