Migrants interceptés à Dakhla : mission du Sénégal
Migrants interceptés à Dakhla : le consulat du Sénégal envoie une mission à Bir Guindouz pour identifier ses ressortissants parmi 201 personnes secourues.

Migrants interceptés à Dakhla : le Sénégal envoie une mission consulaire pour identifier ses ressortissants
Compte rendu des développements sur la côte sud du Maroc
Migrants interceptés à Dakhla : le consulat du Sénégal s’apprête à envoyer une délégation dans un centre d’accueil de migrants à Bir Guindouz, situé à environ 300 kilomètres au sud de la ville, afin d’identifier les ressortissants sénégalais parmi un groupe de 201 migrants récemment interceptés par les autorités marocaines au large des côtes.
L’annonce a été faite lundi par le consulat, qui a confirmé le double objectif de la mission : vérifier la nationalité des personnes retenues dans le centre et apporter un soutien essentiel — kits d’hygiène, cartes SIM et crédit téléphonique — aux ressortissants sénégalais identifiés parmi eux, selon les propos du Consul général Babou Sène, rapportés par l’Agence de presse sénégalaise.
Une traversée périlleuse interrompue
Les migrants présents dans le centre faisaient partie d’un groupe plus large intercepté samedi par la Marine royale marocaine, qui les a arraisonnés à environ 185 kilomètres au sud-ouest de Dakhla alors qu’ils tentaient la traversée de l’Atlantique vers les îles Canaries, en Espagne, à bord d’une pirogue traditionnelle en bois. Ce type d’embarcation artisanale, peu adaptée à la haute mer, reste pourtant l’un des moyens les plus utilisés par les candidats à l’exil pour rallier l’archipel espagnol, malgré les risques considérables que comporte la traversée. Babou Sène a confirmé qu’au moins 18 personnes à bord étaient des ressortissants sénégalais, dont deux femmes et un enfant.
À la suite de cette interception, les forces navales ont escorté le groupe jusqu’au village de pêcheurs de Roc-Chico, où les migrants ont reçu des soins médicaux avant d’être remis à la Gendarmerie royale pour les procédures administratives habituelles — un enchaînement désormais familier pour les milliers de personnes qui tentent cette route chaque année, et qui illustre l’ampleur du dispositif déployé par les autorités marocaines le long du littoral atlantique.
Des centaines de personnes en attente de retour
L’interception de samedi vient s’ajouter à une population déjà importante de migrants sénégalais en attente de rapatriement. Selon Babou Sène, environ 251 ressortissants sénégalais séjournent actuellement dans les centres d’accueil de Bir Guindouz et d’Argoub, tous en attente d’un retour volontaire dans leur pays. Ces chiffres témoignent de la pression continue exercée sur les infrastructures d’accueil de la région, sollicitées par des arrivées répétées tout au long de l’année.
Leur chemin vers le retour dépend toutefois autant de la diplomatie que de la logistique. Les autorités prévoient de rapatrier le groupe par voie terrestre, un trajet qui nécessite une autorisation de transit de la part de la Mauritanie — autorisation qui n’a pas encore été accordée. Parallèlement, le consulat du Sénégal à Dakhla et son ambassade à Rabat sont en discussion avec les autorités marocaines et l’Organisation internationale pour les migrations afin d’étudier la possibilité d’un pont aérien comme solution alternative pour ramener les migrants chez eux. Cette double piste, terrestre et aérienne, reflète la complexité des opérations de retour lorsque plusieurs pays et organisations internationales doivent coordonner leurs actions.
Un schéma qui persiste
L’interception de samedi n’est que le dernier épisode d’une crise migratoire qui ne montre guère de signes d’essoufflement. La route atlantique vers les îles Canaries — qui longe les côtes du Maroc, de la Mauritanie et du Sénégal — reste l’un des corridors de migration irrégulière les plus empruntés et les plus dangereux vers l’Europe, les départs se poursuivant malgré les risques et la présence croissante des patrouilles navales marocaines le long du littoral sud.
Pour les familles de ceux qui attendent aujourd’hui à Bir Guindouz et à Argoub, les prochains jours apporteront plus de questions que de réponses : la Mauritanie ouvrira-t-elle son territoire pour un trajet terrestre, un pont aérien sera-t-il organisé à la place, et combien d’autres pirogues tenteront la même traversée avant que l’une ou l’autre solution ne se concrétise ? Ces interrogations, loin d’être isolées, résument les défis auxquels sont confrontés les pays d’origine, de transit et de destination sur cette route migratoire parmi les plus fréquentées de l’Atlantique.
Rapide info avec agences



