Orpaillage artisanal en Mauritanie : nouveau mécanisme d’encadrement
Mauritanie : Coup de filet réglementaire sur l'or artisanal, le gouvernement serre la vis

Le gouvernement mauritanien encadre l’orpaillage artisanal : traçabilité, taxe de 3 % et transactions bancaires obligatoires. Explications.
Face aux enjeux économiques de l’orpaillage, le ministre des Mines Dy Ould Zein annonce un mécanisme transitoire d’encadrement : traçabilité renforcée, taxe de 3 % et lutte contre le marché noir.
Mauritanie : Coup de filet réglementaire sur l’or artisanal, le gouvernement serre la vis
Pour faire face aux enjeux économiques et sécuritaires de l’orpaillage, le gouvernement mauritanien déploie un dispositif transitoire inédit. Objectif : éradiquer le marché noir, alimenter les caisses de l’État en devises et sécuriser le travail des orpailleurs.
Nouakchott, 12 août 2026 — Fin de la récréation pour la commercialisation informelle du métal jaune en Mauritanie. Lors du traditionnel Conseil des ministres de ce mercredi 12 août 2026, le ministre des Mines et de l’Industrie, M. Dy Ould Zein, a présenté une communication majeure actant la mise en place d’un mécanisme transitoire d’encadrement strict de l’or issu de l’exploitation artisanale et de la petite mine.
Une réponse pragmatique, adoptée en attendant le déploiement effectif des guichets et comptoirs commerciaux prévus par la loi n° 026/2022.
Fin de l’informel, cap sur la traçabilité intégrale
L’orpaillage artisanal génère aujourd’hui un volume d’exportation estimé à environ 2 tonnes d’or. Mais pendant longtemps, une partie non négligeable de cette richesse échappait aux radars de l’État. Avec ce nouveau cadre, le mot d’ordre est clair : transparence et traçabilité.
Désormais, chaque orpailleur est tenu de déclarer sa production auprès de l’Agence nationale Maaden Mauritania. L’ensemble du processus — de la provenance de l’or à sa destination finale, en passant par sa pesée et sa certification technique — s’effectuera exclusivement dans des centres agréés placés sous haute sécurité et vidéosurveillance.
« À travers ce mécanisme, nous voulons garantir la traçabilité de l’or produit au niveau national […] et mettre fin aux circuits informels susceptibles de priver l’État et l’économie nationale d’une partie des revenus de ce secteur et d’exposer les droits des orpailleurs à des pertes, »
M. Dy Ould Zein, ministre des Mines et de l’Industrie.
Les points clés du nouveau mécanisme
Le gouvernement entend instaurer des règles du jeu claires, structurées autour de quatre axes majeurs :
1. Liberté commerciale maîtrisée : Les acteurs conservent la liberté de choisir leurs clients ainsi que le mode de certification parmi les méthodes reconnues.
2. Fiscalité simplifiée et attractive : Un prélèvement forfaitaire de **3 % à l’exportation** est appliqué sur chaque transaction, venant se substituer à toute autre retenue.
3. Paiement bancaire obligatoire : Afin d’assurer le rapatriement effectif des recettes d’exportation en devises vers le pays, toutes les transactions financières se feront exclusivement via des comptes bancaires.
4. Cadastre et garanties d’État : L’État réaffirme qu’il respecte ses engagements envers les détenteurs de permis : les périmètres attribués sont inscrits au cadastre minier et les droits acquis sont pleinement protégés.
« Une mesure temporaire, mais ferme »
Le ministre s’est voulu rassurant à l’égard de la profession : Maaden Mauritanie n’intervient pas pour bloquer le marché, mais pour contrôler la légalité, sécuriser les opérateurs et accélérer la professionnalisation d’un secteur stratégique. Un délai de grâce permettra aux acteurs de se conformer aux nouvelles exigences.
Cependant, la bienveillance du gouvernement s’accompagne d’un avertissement sans équivoque pour ceux qui tenteraient de contourner les circuits officiels.
« Toute opération réalisée en dehors du cadre défini par ce mécanisme sera considérée comme une opération irrégulière et ses auteurs s’exposeront aux sanctions prévues par la législation en vigueur, » a mis en garde le ministre, rappelant que les contrevenants risquent la confiscation pure et simple de leur production.
En posant ces jalons, la Mauritanie s’assure un meilleur approvisionnement en devises tout en offrant aux orpailleurs un cadre de travail légal, sécurisé et valorisant. Une transition stratégique en attendant le maillage définitif du territoire par les bureaux commerciaux.
Ahmed Ould Bettar
Rapide info avec agences



