Une vigilance citoyenne face à un danger silencieux : les dates de péremption en Mauritanie.

*Une vigilance citoyenne face à un danger silencieux : les dates de péremption en Mauritanie.*
En Mauritanie, la question de la sécurité alimentaire reste un enjeu majeur de santé publique.
Pourtant, un danger discret mais réel continue de menacer les consommateurs : la circulation de produits alimentaires périmés ou frauduleusement reconditionnés.
Boîtes de conserve, lait, produits en carton ou emballages divers… aucun circuit n’est totalement épargné.
Dans de nombreux marchés et points de vente, il n’est pas rare de constater la présence de produits dont la date de péremption est dépassée, altérée ou volontairement falsifiée. Cette pratique, illégale et dangereuse, expose les populations à des risques sanitaires graves : intoxications alimentaires, infections, voire complications à long terme, notamment pour les enfants et les personnes vulnérables.
Une responsabilité partagée
Face à cette situation, la vigilance doit être collective.
Le consommateur a un rôle essentiel à jouer :
Vérifier systématiquement les dates de péremption avant tout achat
Examiner l’état des emballages (boîtes gonflées, rouillées ou endommagées)
Signaler tout produit suspect aux autorités compétentes
Mais cette vigilance citoyenne ne peut suffire à elle seule.
Le problème est structurel et appelle une réponse ferme des pouvoirs publics.
L’urgence d’une réponse étatique ferme
Il est impératif que l’État renforce les contrôles sanitaires sur l’ensemble du territoire, en particulier dans les circuits informels.
Les services de répression des fraudes doivent être dotés de moyens humains et techniques suffisants pour mener des inspections régulières et inopinées.
Surtout, les sanctions doivent être dissuasives.
Toute personne impliquée dans la falsification des dates de péremption ou la mise en circulation de produits impropres à la consommation doit être sévèrement punie. Il en va de la crédibilité des institutions et de la protection des citoyens.
Un enjeu de santé publique et de dignité
Au-delà de la réglementation, cette problématique renvoie à une question fondamentale : celle du respect de la dignité des consommateurs. Accepter que des populations soient exposées à des produits dangereux revient à banaliser l’inacceptable.
À titre personnel, je considère que cette situation ne doit plus être tolérée.
La Mauritanie dispose des ressources humaines et institutionnelles nécessaires pour mettre fin à ces dérives.
Il s’agit avant tout d’une question de volonté, de rigueur et de responsabilité collective.
Sensibiliser, contrôler, sanctionner : tel doit être le triptyque d’une action efficace pour garantir à chaque citoyen un droit fondamental celui de consommer des produits sûrs.
Abdoulaziz DEME simple observateur



