Une tentative de retour sur le devant de la scène de l’ex président totalement ratée

Une tentative de retour sur le devant de la scène de l’ex président totalement ratée
J’ai revu tout à l’heure des séquences de ce qu’on peut considérer comme une descente aux enfers de l’ancien rais devenu, pourrait-on dire, un roi définitivement nu. J’ai eu de la peine pour cet homme qui voudrait se draper d’une illusoire toge de dirigeant à l’avenir politique tout tracé. Je ne suis certes pas un devin capable de scruter son avenir dont le chemin reste encombré d’embûches. Mais, les oracles ne devraient pas non plus être optimistes en raison des frustrations et ressentiments causés sur son chemin par une malgouvernance source d’injustices sociales et d’un népotisme sans égal.
Beaucoup de mes amis adorent me rappeler qu’il est présumé innocent. Soit. J’ajoute cependant jusqu’à ce que sa culpabilité ou sa relaxe soient établies par une juridiction de jugement.
Je n’ai bien sûr pas apprécié la théâtralité du cadre très rustre, à mon goût, qui lui était dédié avec photos géantes à l’appui comme au bon vieux temps des conférences spectacles où le rais narguait le microcosme nouakchottois. Nous avons été témoin du film joué à Bordeaux, un remake d’un des nombreux navets qui ont jonché son parcours apocalyptique de président de la république. Déjà la maladresse du personnage sorti de nulle part et son air boursouflu, son défaut naturel de classe, aggravé par une ignorance des règles du savoir-vivre, allaient le révéler au grand jour.
Il aurait dû s’habiller et se chausser correctement selon les normes automnales. Et éviter, pour son âge et sa précédente fonction suprême, le port d’une jacket ou likette ainsi que d’un jean délavé.

Une tentative ratée et un crime de lèse-majesté

Parcourant sans discernement les rues de Paris à hue et à dia, ce qui constitue un crime de lèse-majesté contre cette ville aux nombreux souvenirs impérissables dans les domaines de l’histoire des institutions et des faits sociaux.

Il a ainsi dû manquer de flâner dans de belles places dont regorge Paris. Comme la place de l’Opéra Garnier, par exemple, à côté des grands et célèbres magasins haussmaniens, l’occasion de se faire une garde robe à son image et bénéficier des conseils avisés des vendeuses.
Et pourquoi pas arpenter le boulevard Saint-Michel et rentrer dans les célèbres librairies du quartier latin. Surtout que la période s’y prête à merveille, celle de la belle moisson des meilleurs livres avec les prestigieuses sélections du Goncourt, du Renaudot, du Médicis, de l’Académie française, etc. Un passage discret à la rue Soufflot, dite la rue du Droit, clôturerait cette belle escapade dans le Paris des intellos en ramenant un beau cadeau à ses avocats, la dernière édition du Dalloz relative au code de procédure pénale, une belle occas de leur rendre service pour densifier la défense de leur client. Mais une question m’effleure l’esprit. Notre Ex a-t-il jamais lu un livre jusqu’à son terme ? Il n’en donne jamais l’air.
Il est bien sûr permis de rêver. Seulement notre Aziz national est à des années-lumière du flâneur imaginaire. La race des hommes qui se succèdent au pouvoir en Mauritanie n’a pas l’étoffe d’intellectuels ou simplement de personnages attachés à une certaine forme de culture générale, à défaut d’avoir des réminiscences en littérature. Nos hommes du pouvoir ont le défaut de la majorité de nos élites. Assez peu portées sur le savoir et les connaissances livresques. Se contentant du minimum ou de l’insignifiant.

Béchir Fall

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