Sept ans de présidence en Mauritanie : Entre promesse d’apaisement et épreuve du réel
Découvrez l'analyse du bilan des sept ans du président Ghazouani en Mauritanie : réalisations sociales, défis économiques, stabilité politique et attentes de la population.
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Analyse du bilan de sept ans de présidence de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani en Mauritanie. Entre avancées sociales, défis économiques et exigences citoyennes, retour sur la tribune du ministre Houssein Ould Medou.
Sept ans de présidence en Mauritanie : entre promesse d’apaisement et épreuve du réel
Quand un ministre de la République fait le bilan de sept années à la tête de l’État, il est souvent dans une démarche de célébration institutionnelle. La récente tribune de M. Houssein Ould Medou, ministre de la Culture et porte-parole du Gouvernement, illustre bien cette tradition en présentant une Mauritanie transformée sous la direction du Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Cependant, pour quelqu’un d’extérieur, il est nécessaire de dépasser le discours du gouvernement. Il est important de mettre en regard le tableau officiel avec la réalité politique, économique et sociale.
D’abord, il faut reconnaître que le discours officiel repose sur des réalisations qu’on ne peut ignorer. En effet, sous l’impulsion de l’exécutif mené par le Premier ministre Mokhtar Ould Diay, des projets ambitieux ont vu le jour. L’agence Taazour est devenue la vitrine sociale d’un État désireux de soigner ses fractures historiques. Le chantier de l’École républicaine cherche à renforcer l’unité nationale dès l’enfance. De plus, le gouvernement se vante d’un effort budgétaire sans précédent, mobilisant plus de 550 milliards d’anciennes ouguiyas sur fonds propres et attirant des investissements étrangers importants dans le secteur de l’énergie.
Cependant, si ce tableau montre une volonté de modernisation, la perception de ces sept années varie énormément selon le point de vue. Du côté de l’opposition politique, la rupture avec le style conflictuel du passé et l’établissement d’un dialogue permanent sont appréciés. Mais on souligne aussi la lenteur des améliorations pour le citoyen ordinaire. Pour les opposants comme pour une grande partie de la société civile, le coût de la vie, le chômage des jeunes et la rigidité administrative nuancent fortement le discours ministériel.
Pour les partenaires internationaux et les bailleurs de fonds, l’évaluation est plus technique mais tout aussi nuancée. Ils félicitent Nouakchott pour sa gestion macroéconomique prudente, sa maîtrise de l’endettement et son rôle de stabilité dans un Sahel troublé. Cependant, ils demandent régulièrement une accélération des réformes structurelles. À leurs yeux, la capacité à gérer les financements et l’efficacité de la gouvernance locale présentent encore des possibilités d’amélioration.
Sur le terrain de la liberté d’expression, les journalistes et les utilisateurs des réseaux sociaux profitent d’un climat d’ouverture et d’une stabilité politique remarquables. Néanmoins, une frustration se fait sentir parmi la population. Le citoyen ordinaire, face au coût élevé des produits de base et à l’accès parfois inégal aux services, évalue le succès d’un mandat non sur les milliards investis dans les infrastructures, mais sur les améliorations directes dans sa vie quotidienne.
En matière diplomatique et sécuritaire, le bilan présidentiel bénéficie d’un consensus plus large. Alors que la sous-région subit des secousses sécuritaires sans précédent, la Mauritanie a su protéger son territoire et assurer la sécurité de sa population. En plus, le leadership du Président Ghazouani à la tête de l’Union Africaine a sans aucun doute renforcé la position du pays sur le continent. Cependant, les experts rappellent à juste titre que ce prestige international ne doit pas masquer la nécessité de résoudre les tensions socio-économiques internes.
Alors, quelle approche adopter pour l’avenir ? La tribune officielle admet, avec une certaine retenue, que construire un État est un processus inachevé et que d’énormes défis demeurent. C’est dans ce domaine que le pouvoir est désormais attendu. Pour capitaliser sur ces sept premières années, la lutte contre la corruption doit aller au-delà des déclarations et se traduire par une gestion stricte des finances publiques. De même, les futures ressources de l’exploitation gazière et des énergies renouvelables doivent impérativement se convertir en emplois durables pour une jeunesse en quête d’avenir.
En résumé, si ces sept années de présidence ont incontestablement apporté à la Mauritanie la stabilité politique et la reconnaissance internationale dont elle avait besoin, l’histoire retiendra que la sérénité n’est qu’un début. Le véritable défi du Président El Ghazouani et de son gouvernement ne réside plus dans la démonstration des réalisations passées, mais dans leur capacité à transformer cet apaisement institutionnel en prospérité partagée pour tous les Mauritaniens.
Ahmed Ould Bettar
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