Royaume-Uni : Boris Johnson renonce à la course à Downing Street

Royaume-Uni : Boris Johnson renonce à la course à Downing Street
Publié dans FIGARO par Arnaud De La Grange le 23/10/2022 à 22:45, Mis à jour à 23:29
L’ex-premier ministre britannique laisse ainsi la voie libre au grand favori Rishi Sunak pour succéder à Liz Truss.
Boris Johnson a mis fin à trois jours d’un incroyable suspense. Il a annoncé dimanche soir qu’il renonçait à se présenter dans la nouvelle campagne éclair pour Downing Street, alors que tout le pays spéculait sur un spectaculaire retour, trois mois après qu’il a été déposé par un putsch interne.

«Au cours des derniers jours, je suis malheureusement arrivé à la conclusion que ce ne serait tout simplement pas la bonne chose à faire, a-t-il expliqué dans un communiqué. Vous ne pouvez pas gouverner efficacement si vous n’avez pas un parti uni au Parlement».

BoJo a pourtant affirmé avoir atteint les 100 parrainages (102 exactement) de députés conservateurs, indispensables pour se lancer dans la course. «Mais ce n’est pas le bon moment», a-t-il dit. Boris Johnson laisse ainsi la voie libre au grand favori Rishi Sunak pour succéder, sauf nouveau coup de théâtre, à Liz Truss.

L’ancien chancelier de l’Échiquier avait atteint rapidement le seuil des 100 parrainages de députés. En se déclarant officiellement candidat, il s’est posé en sauveur d’un pays en piteux état. «Je veux redresser notre économie, unir notre parti et agir pour notre pays», a écrit Sunak sur Twitter. Le tout avec «intégrité, professionnalisme et responsabilité», une pique à son rival Johnson. L’ancien ministre des Finances de «BoJo» apparaissait clairement comme le choix préféré des députés tory, en faisant nettement la course en tête.
Sunak réussissait à rallier des figures de la droite du parti, d’anciens alliés de Boris Johnson qui auraient dû normalement se tourner vers celui-ci. Parmi eux, l’actuel ministre de l’Intérieur Grant Shapps, la ministre du Commerce Kemi Badenoch, l’ex-ministre de l’Intérieur Suella Braverman ou l’influent député Steve Baker. Ce dernier prédisait un «désastre garanti» si Johnson revenait au pouvoir.

L’ex-vice-premier ministre, Dominic Raab, avait lui aussi avancé que le parti ne pouvait se permettre «un autre épisode du feuilleton du “Partygate”», ces fêtes à Downing Street durant les confinements. Boris Johnson est en effet encore sous le coup d’une enquête de la commission des normes parlementaires qui doit déterminer s’il a ou non menti aux élus. Avec le risque d’une suspension du Parlement.
À couteaux tirés

«BoJo» avait pourtant reçu le soutien du ministre à l’Irlande du Nord, Chris Heaton-Harris, et du ministre des Affaires étrangères, James Cleverly. Il pouvait espérer compter sur le soutien des membres du parti, qui doivent voter pour dégager les finalistes, si deux candidats passent la barre des 100 parrainages.

Selon un sondage du Sunday Telegraph, un peu plus de la moitié d’entre eux pensaient que Johnson serait le meilleur premier ministre, contre 28% pour Rishi Sunak. Et près de 60% estimaient que le départ de Johnson au début de l’été était une erreur. Mais Johnson a senti qu’ils ne pouvaient aller contre les députés et que le glaive du Partygate était trop menaçant.

Si la ministre des Relations avec le Parlement Penny Mordaunt a ses 100 soutiens, il y aura vote des militants jusqu’à vendredi. Sinon, ou si elle se retire, Rishi Sunak entrera directement à Downing Street en début de semaine. «Je crois que je suis bien placé pour assurer une victoire conservatrice en 2024», a toutefois écrit Boris Johnson. Laissant entendre que l’histoire n’était pas terminée.
Source: FIGARO

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