Quand la peur change de camp : un appel à la conscience humaine

Quand la peur change de camp : un appel à la conscience humaine
Allah est Grand. Allah est le Plus Grand.
Face aux événements tragiques qui secouent notre monde, il est parfois nécessaire de s’arrêter un instant et de méditer. Non pas pour se réjouir du malheur des autres, mais pour tirer des leçons de notre condition humaine commune.
Lorsque les missiles tombent, lorsque les sirènes retentissent, lorsque des familles se précipitent vers les abris en craignant pour leurs enfants, une vérité universelle réapparaît : aucune puissance, aucune richesse et aucun arsenal ne peuvent effacer la fragilité de la vie humaine.
Les récentes attaques qui ont visé les Émirats arabes unis ont provoqué l’inquiétude et la peur parmi la population. Des parents ont craint pour leurs enfants. Des familles ont redouté de perdre leurs proches. Des hommes et des femmes ont découvert, même brièvement, ce sentiment d’angoisse qui saisit le cœur lorsqu’on ne sait pas ce que demain nous réserve.
Cette peur mérite notre compassion. Toute vie humaine est précieuse. Toute mère qui tremble pour son enfant mérite notre solidarité. Toute famille qui vit dans l’incertitude mérite notre considération.
Mais cette épreuve devrait également nous inviter à regarder au-delà de nos frontières.
Car depuis des années, des millions d’Africains vivent quotidiennement ce que d’autres ne découvrent que quelques heures ou quelques jours. Au Soudan, en Libye, en Somalie, en Éthiopie, au Yémen et dans d’autres régions déchirées par les conflits, des familles entières se réveillent et s’endorment sous la menace permanente des armes. Des enfants grandissent dans le bruit des explosions. Des mères enterrent leurs fils. Des pères fuient avec leurs familles sur les routes de l’exil.
De nombreux rapports internationaux, enquêtes journalistiques et travaux de recherche ont mis en lumière l’implication de puissances régionales dans plusieurs de ces conflits, notamment à travers le financement, l’armement ou le soutien à des acteurs locaux. Les Émirats arabes unis sont régulièrement cités parmi les États dont l’influence militaire et politique pèse lourdement sur certaines guerres africaines.
L’objectif n’est pas de désigner un peuple comme coupable. Les peuples ne sont pas responsables des décisions de leurs dirigeants. Les citoyens émiratis, comme les citoyens africains, aspirent à vivre en paix, à élever leurs enfants et à construire leur avenir dans la sécurité.
Mais il est légitime de rappeler un principe fondamental : ceux qui participent directement ou indirectement à l’entretien des conflits ne peuvent rester indifférents aux souffrances que ces conflits engendrent.
Peut-être que les épreuves que traverse notre monde constituent avant tout un rappel adressé à l’ensemble de l’humanité. Un rappel que la souffrance n’a ni couleur, ni nationalité, ni religion. Un rappel que la vie d’un enfant soudanais vaut autant que celle d’un enfant émirati, européen, asiatique ou américain.
Le ciel nous observe peut-être moins pour savoir qui est puissant que pour voir qui est juste. Il nous observe peut-être moins pour mesurer notre richesse que pour évaluer notre compassion. Il nous observe peut-être moins pour juger nos discours que pour juger nos actes.
Que ceux qui ont ressenti la peur comprennent la peur des autres.
Que ceux qui ont connu l’angoisse comprennent l’angoisse des autres.
Que ceux qui ont craint pour leurs familles pensent aux millions de familles africaines qui vivent cette réalité depuis des années.
Et que cette prise de conscience ouvre enfin la voie à davantage de justice, de responsabilité et de paix.
Car aucune nation ne sera véritablement en sécurité tant que d’autres peuples continueront à vivre sous les bombes, dans l’exil et dans la peur.
Que Dieu guide les dirigeants vers la sagesse, protège les innocents partout dans le monde et inspire à chacun d’entre nous la compassion, la justice et la paix…..Wetov
Sy Mamadou



