Pourquoi INSAF regarde aujourd’hui du côté du PASTEF ?
Pourquoi INSAF regarde aujourd’hui du côté du PASTEF ?
Un signe de faiblesse politique ?
La présence d’INSAF au congrès du PASTEF à Dakar ne doit pas être célébrée comme un geste de diplomatie partisane. Elle doit être interrogée.
Pourquoi un parti au pouvoir en Mauritanie, avec tous les moyens de l ‘etat qui cherche à observer un parti sénégalais qui a dû construire sa légitimité dans la contestation, parfois dans l’opposition très dure, et non dans les couloirs du pouvoir ?
INSAF en quête de légitimité populaire
La réponse est rude mais nécessaire : INSAF souffre.
Non pas de la perte du pouvoir, mais de la perte de sa crédibilité populaire. Le parti de Mohamed Ould Bilal a été élu, structuré, restructuré .
Mais il n’a pas réussi à créer cette connexion directe avec la jeunesse mauritanienne, avec les classes populaires, avec les citoyens qui attendent du changement concret, pas seulement des discours.
Le PASTEF, au contraire, a réussi cette alchimie. Ousmane Sonko a transformé la colère en mouvement, le mouvement en parti, le parti en pouvoir .
INSAF regarde ce modèle non par admiration, mais par inquiétude. Il se demande : comment ce parti sénégalais a-t-il pu mobiliser des milliers de personnes, créer une discipline militante, construire une légitimité qui ne dépend pas uniquement des institutions ?
Un signe de faiblesse régionale.
Cette visite au congrès du PASTEF est aussi un signal de faiblesse politique régionale. La Mauritanie, voisine du Sénégal, devrait être un modèle de stabilité politique. Mais INSAF, parti au pouvoir, doit aujourd’hui se rendre à Dakar pour comprendre comment un parti ouest-africain a su transformer la contestation en force de gouvernement.
C’est contradictoire.
Un parti qui gouverne devrait inspirer, pas observer. Un parti au pouvoir devrait montrer sa voie, pas suivre celle d’un autre. INSAF, en se rendant au congrès du PASTEF, montre qu’il ne sait plus où il va. Il cherche des modèles externes parce qu’il ne trouve plus de force interne.
Le PASTEF comme miroir de ce qu’INSAF n’est pas.
Le PASTEF incarne ce qu’INSAF aspire à être mais n’est pas encore : une force populaire authentique, une discipline partisane ferme, un discours de souveraineté qui touche les citoyens. INSAF, en comparaison, reste perçu comme un parti d’élites, de cadres, de technocrates.
Il gouverne, mais il ne mobilise pas. Il administre, mais il ne transforme pas .
La visite d’INSAF au congrès du PASTEF est donc un aveu. C’est dire : « Nous ne sommes pas ce que nous devrions être. Nous regardons ce qui se fait ailleurs pour comprendre ce que nous n’avons pas réussi à construire chez nous. »
Pourquoi aujourd’hui ?
Pourquoi INSAF regarde-t-il du côté du PASTEF aujourd’hui ? Parce que le contexte a changé. Au Sénégal, le PASTEF est au pouvoir. En Mauritanie, INSAF est aussi au pouvoir, mais sons bases sont fragiles.
Les mauritaniens sont plus exigeants, plus informés, plus critiques. La jeunesse ne se contente plus des discours traditionnels. Elle veut de la souveraineté, de l’organisation, de l’action concrète .
INSAF réalise maintenant qu’il ne peut plus se contentre de gouverner. Il doit aussi mobiliser. Il doit aussi créer une légitimité populaire. Et pour cela, il regarde le PASTEF comme un modèle ou comme un miroir de ce qu’il n’est pas.
Pour conclure : un geste de faiblesse, pas de force.
La présence d’INSAF au congrès du PASTEF n’est pas un signe de force politique.
C’est un signe de faiblesse. C’est dire qu’un parti au pouvoir, avec tous les moyens de l’État, doit aller voir chez son voisin pour comprendre comment construire une légitimité populaire.
INSAF regarde du côté du PASTEF aujourd’hui parce qu’il sait qu’il ne peut plus gouverner sans mobiliser.
Il sait qu’il ne peut plus administrer sans transformer. Il sait qu’il ne peut Plus rester un parti d’élites s’il veut rester un parti de pouvoir.
Mais cette prise de conscience, si elle est vraie, doit se traduire par des actions en Mauritanie, pas par des visites à Dakar.
INSAF ne doit pas chercher des modèles externes. Il doit construire sa propre force populaire. Sinon, il restera toujours le parti qui regarde chez le voisin, au lieu d’être le parti que le voisin regarde.
C’est là le vrai défi d’INSAF aujourd’hui.
Abdoulaziz DEME simple observateur politique.
Le 07 Juin 2026



