Pleins feux sur les hôpitaux de Nouakchott

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Pleins feux sur les hôpitaux de Nouakchott

Un problème d’accueil et l’hygiène n’est pas à l’honneur de tous en ces temps de Covid-19. Manque du minimum de matériel : pas de gants ni de seringues, les médicaments n’en parlons même pas. Un problème d’orientation et aussi le personnel qui n est jamais dans son poste. « Tu arrives dans un service, c est ouvert mais il y a personne. Hygiène défaillante à un point qui fait craquer, j’ai failli fondre en larmes un jour en voyant un patient portant sa perfusion dans la main et déambulant dans tout l’hôpital à la recherche d’une toilette digne de ce nom…la honte que j’ai sentie en ce moment! »

A Nouakchott, le système de santé « sens dessus dessous ». Les hôpitaux manquent d’équipements et de médicaments, malgré l’investissement public, comme en témoigne des internautes interrogés par nos soins. L’hôpital ne s’occupe pas convenablement de ses malades, empêche sous prétexte de maintien de l’ordre, aux accompagnateurs de s’occuper de leurs patients. La mauvaise coordination entre les soignants où chacun y va avec ses ordonnances et ses examens demandés sans se référer sur ce qui a été déjà prescrit. Insuffisance et mauvaise gestion de ressources humaines conjuguées à l’absence de communication avec les clients sur la nature de leurs maladies, le coût approximatif de leurs soins, la durée et l’issue éventuelle des traitements et les perspectives possibles. L’encombrement des hôpitaux considéré à tort comme des établissements de soins ordinaires, l’indiscipline de la population qui désorganise en grande partie le plan de travail des hôpitaux », confie un spécialiste de santé. Dès l’arrivée dans une structure.Je dirai l’état général des lieux : souvent les lieux sont vétustes et pas très adaptées pour ceux qui ont des difficultés à se déplacer en fauteuil. Il n’ y a pas des portes automatiques.Ensuite, je dirai les rendez vous. Le système de numéro qui est à mon sens inefficace. Aucune ou très faible prise en charge des assurances. Et un autre gros point noir les médicaments et le matériel que doit acheter le patient ! (une fois aux urgences on m’a demandée d’aller chercher un médicament qui manquait. J’ai refusé. Il était hors de question que je laisse mon enfant seul sur un lit d’urgences. C’était au pharmacien de l’établissement de bouger, réplique une autre internaute« Le lundi 9 Aout j’ai dépensé 32000 ouguiyas pour une césarienne lors de l’accouchement de madame elle a finalement accouché par voie normale il faisait 4heures du matin la CNAM était absente j’ai perdu les frais de la césarienne c’était à l’hôpital national. Les vigiles insolents, qui n’ont fait aucune formation dans le domaine sanitaire ou quoi que ce soit d’ailleurs, la plupart étaient charretier ou vagabond qu’on a recruté sans mener investigation… les malades ainsi que les accompagnants sont à leurs mercis! Je reviens on n’est pas encore rentré dans l’hôpital ! Constate un commentateur.Aux Urgences CHN, l’ambulance était prête, l’infirmier qui devait accompagner le patient introuvable… Finalement, je l’ai trouvé, main dans la main avec un type qui le tirait, tout sourire. Je lui ai dit de mettre le patient dans l’ambulance, il m’a dit qu’il n’a pas pris le thé. À part ça, le reste était parfait, lance une collègue interrogée par mes soins.Ce que je suis en train d’écrire n’est pas une fiction, écrit Meyey Ebnoujaavar sur sa page Facebook. Aux environs de cinq heures du matin à l’aube du 28 novembre, « M » fut réveillée par sa petite sœur, ma nièce Hanane, toute en pleurs. Pendant qu’elle la demandait de quoi elle souffrait, les autres membres de la famille se réveillèrent. Hanane les informa qu’elle a peut être une hypertension. Aussitôt, ils la transportèrent à l’hôpital de l’amitié tout près de chez eux. Aux urgences de l’hôpital de l’amitié, le médecin de garde informa ses parents qu’elle a une crise hystérique et prescrivit pour elle de l’Atarax en leur demandant de l’amener le lendemain chez un neurologue. Ils retournèrent à la maison. Aussitôt arrivés chez eux, Hanane fut attaquée par une série de convulsions et perdit connaissance. Immédiatement elle fit retournée à l’hôpital où le médecin de garde l’injecta par du valium et du glucose 2%. Vers huit heures le médecin de garde fut relevé par un autre qui prescrivit 7 analyses de sang.Au labo il n’y avait qu’une seule laborantine en service qui n’a épargné aucun effort pour faire sortir les résultats rapidement. L’opération dura environ une heure. L’état de la patiente était plus ou moins stable perturbé parfois par des convulsions.Après lecture des résultats d’analyses, le médecin demanda la réalisation d’un scan le plus rapidement possible. À la caisse pour le paiement des frais, l’employée nous demanda de rester dans la salle d’hospitalisation jusqu’à l’arrivée du technicien de radiologie. Environ une heure après, celui-ci se présenta. Nous nous dirigeâmes avec lui au service de radiologie. Là-bas nous fûmes stupéfaits : la salle du scanner était hermétiquement fermée et sa clé fut emportée par le technicien de garde de la nuit précédente ! Celui qui nous accompagnait le contacta par téléphone et le demanda d’amener la clé en lui expliquant l’urgence du cas. Surtout que la santé pour ne pas dire la vie de trois personnes en dépende maintenant. Une vingtaine de minutes s’écoulèrent avant que le technicien en service ne décida de se déplacer lui même pour ramener la clé. Pendant son absence, quelques membres de la famille prirent la décision d’emporter la patiente à une clinique privée mais le médecin des urgences et son staff nous affirmèrent que les cliniques privées ne prennent pas en charge les maladies neurologiques. L’absence du technicien dura moins d’une heure et il procéda directement après son arrivée à la réalisation du scan demandé. Il nous offrit des imprimés et un CD. Au retour aux urgences, le médecin nous informa que les résultats du scanner devraient être interprétés par un spécialiste dont le rapport servira de diagnostic du cas. Il nous informa en plus qu’il avait contacté celui-ci et qu’il était en route pour l’hôpital. Une demi-heure passa, puis une heure et pas de trace du spécialiste. Le rythme des convulsions augmenta et chaque fois que le médecin lui téléphonait, il répondait qu’il était tout près, au coin de la rue ou à la rentrée de l’hôpital. Un temps énorme s’écoula encore et point de lui. Visiblement l’état de la patiente se détériorait encore. J’eus interpellé l’administrateur de garde et lui demanda de prendre ses responsabilités et de faire valoir son pouvoir pour faire pression sur ce spécialiste. Un long moment après, celui-ci se présenta et je ne vous cache pas que j’eus failli commettre une gaffe à son encontre. Il réalisa un autre scan, cette fois-ci avec injection de contraste. Cette opération dura un peu moins d’une heure. Dans son rapport, il conclut que Hanane souffrait d’une Thrombophlébite cérébrale avec des infarctus hémorragiques. Il était déjà les environs de dix sept heures et les convulsions de la patiente devenaient plus fréquentes et sa respiration plus difficile. Une introduction aux soins intensifs devenait inévitable. Le médecin des urgences nous informa que la Réanimation de l’hôpital n’est pas opérationnelle et qu’il a réservé un lit au CHN et que nous devions patienter pendant que l’ambulance soit mise en état. Presque une heure s’écoula encore avant que l’ambulance ne soit immobilisée devant l’entrée des urgences conduite par un cousin à nous ! Le chauffeur étant absent. Après que nous eûmes introduit la patiente dans le véhicule, nous découvrîmes qu’il ne s’y trouvait aucun outil de soin ou de réanimation ! Même pas une bonbonne d’oxygène ! Celle que nous avions utilisée nous fut amenée par un simple travailleur qu’il a trouvé dans un bloc opératoire. Même les pneus du véhicule ont été regonflés en route. Hanane fut introduite aux soins intensifs du CHN vers dix huit heures. Au petit matin du 29/11, Hanane fut appelé à sa dernière demeure.Puisse Allah l’accueillir dans son vaste paradis.Le tableau est sombre ! Il y a peu de temps des médecins en chômage et des internes ont fait la grève des gardes afin de dénoncer leurs conditions de travail. Sous-payés, malmenés et surtout en manque de médicaments et d’équipements, leur situation n’a pas changé. Les mauritaniens, outre le recours aux hôpitaux, utilisent massivement la médecine et la pharmacopée traditionnelles pour traiter leurs maladies. Le malade passe d’abord par sa mère, ses parents, ses voisins et par un marabout ! Une place importante est, par conséquent, accordée à cette médecine bien qu’il reste beaucoup à faire dans ce domaine afin qu’elle joue pleinement son rôle dans l’amélioration de l’état de santé des citoyens.L’accès aux soins de santé de base demeure un problème entier alors que le pays a un taux d’incidence de pauvreté globale de 32,6 % et chaque hôpital a ses propres habitudes de prise en charge des indigents, ses propres critères d’identification de l’indigent et ses propres modalités de prise en charge; ces critères vont de l’application de tarifs forfaitaires à la gratuité, en passant par l’octroi de soins à crédit. Dans le secteur public, l’effort de prise en charge des indigents est récent et il n’y a pas encore de formalisation ni de codification des pratiques dans les formations sanitaires qui le font. Le Gouvernement alloue, un crédit annuel au Ministère de la santé et au Ministère de la Famille pour la prise en charge des indigents. Toutefois la gestion centralisée de ce fonds ne permet pas d’en tirer le maximum de bénéfice en termes d’amélioration de l’accès aux soins des malades sur le bras. La faiblesse de la fréquentation des services de santé contraste avec la performance des activités préventives. En effet, alors que la fréquentation des centres de santé est faible depuis plusieurs années malgré l’amélioration de la couverture géographique en infrastructures et équipements sanitaires. Cette situation met en exergue l’importance du rapprochement des services de santé aux utilisateurs pour une utilisation optimale. Le système de santé souffre également de l’insuffisance quantitative et qualitative ainsi que de la mauvaise répartition des ressources humaines. Pour résoudre ce problème de façon durable, le Ministère de la santé a évoqué il y’a quelques jours l’élaboration d’un plan intégré de développement des ressources humaines. Les infrastructures hospitalières bien qu’en nombre relativement satisfaisant, ne correspondent pas toujours aux normes architecturales, sont inégalement réparties, sous équipées et avec un personnel insuffisant et qui parfois il ne sait ni lire ni écrire ni comprendre. Il urge de dépolitiser la fonction du directeur général des centres hospitaliers , ne doivent être nommés que des administrateurs sanitaires qui sont de vrais managers de ces grandes structures sanitaires mais si la tête est pourrie ne demandez pas le restes du corps car c’est de la décomposition totale .je terminerai par dire de revoir ces nominations des professeurs en médecine comme administrateur général d’une structure sanitaire il est beaucoup plus utile sur le terrain que d’effectuer des taches administratives, quel gâchis, estime un internaute qui pense qu’il ne faut pas continuer à nommer à des postes administratifs des chirurgiens, des laborantins, des gynécologues et que le vide sur le terrain est toujours remarqué.En effet, la mise en place de personnel compétent pour leur fonctionnement est nécessaire pour améliorer le système de gestion.Les hôpitaux connaissent donc de nombreuses difficultés de fonctionnement, soit par insuffisance organisationnelle, soit par insuffisance en personnel, en équipements ou en infrastructures. Seulement 02 hôpitaux, cardiologie et le nouvel hôpital Covid-19 jouent pleinement leur rôle de référence. Sur le plan gestionnaire, la volonté politique affirmée d’assainir l’administration n’est pas encore suffisamment traduite dans les faits sur le terrain avec comme conséquence des difficultés de fonctionnement et une nécessité de renforcer la gestion.Pour conclure, il urge d’améliorer l’offre et la qualité des services de santé, d’augmenter l’utilisation des services de santé. Pour ce faire, le Ministère doit contribuer au renforcement du système de santé et à l’élargissement de l’offre des services de santé afin de donner à un grand nombre de mauritaniens la possibilité de bénéficier de services de santé de qualité.

Ahmed Ould Bettar