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Les hommes du passé aiment le passé.

Les hommes du passé aiment le passé.

La Constitution est également désignée comme la loi fondamentale, car un édifice qui ne possède pas de base solide est en danger d’effondrement. C’est une évidence.
De manière générale, la Constitution est toujours élaborée pour discipliner et contrôler les interactions dans la société, afin d’éviter toute forme d’arbitraire et dérapage.
Les despotes avaient fini par saisir cette réalité simple : il est fondamental d’avoir un texte juridique pour définir les droits et les devoirs dans les limites du raisonnable.
Ainsi, le roi Jean d’Angleterre, célèbre pour sa propension à lever des impôts sans aucune retenue, avait été contraint de lâcher du lest et d’établir des règles du jeu par un document officiel qui restreint l’arbitraire. Ce document est la fameuse Magna Carta (Grande Charte), datée de 1215.
Quant à notre pays, les pouvoirs tribaux traditionnels n’étaient pas non plus despotiques. Les Conseils des émirs ou des chefs étaient de véritables contre-pouvoirs.
En outre, il y a peu de temps encore, lorsque l’armée contrôlait le pouvoir, même avec sa doctrine militaire autoritaire, ses supérieurs savaient qu’il était fondamental de rédiger des Chartes pour gouverner, pour baliser le terrain afin de prévenir les déviations arbitraires anti-démocratiques.
Heureusement, nous n’en sommes plus là. Les périodes d’exception sont derrière nous, et notre démocratie était bien partie et se renforçait. La transition de 2005 à 2007 avait été bénéfique dans ce sens.
Sauf que les visiteurs du soir ne supportent pas de voir la Mauritanie évoluer sur des bases solides, reposant sur un socle de démocratie durable. Toujours inventifs, ils ne manquent jamais de flèches à leur arc : des stratagèmes politiciens pour renouer avec le passé politique national.
Sous le président Haidalla, ils avaient instauré les Structures pour l’Éducation des Masses, un artifice pour ressusciter le parti unique de Mokhtar Ould Daddah .
Sous le président Taya, ils avaient fait du programme « Savoir pour Tous » un moyen de réinventer les structures pour l’éducation des masses.
Sous le président Ely Ould Mohamed Vall, ils avaient sorti un ‘bulletin blanc’ de leur chapeau pour remettre en vie la présidence à vie.
Sous le President Sidi, ils avaient voulu se débarrasser des généraux pour rétablir l’ancien régime du président Taya.
Sous le président Aziz, ils n’avaient pas pu agir car ils étaient hors d’état de nuire.
En ce moment, les hommes du passé, nostalgiques du règne de Taya, souhaitent retrouver la Constitution de 1991.
Une Constitution moderne n’est-elle pas préférable à une Constitution anachronique, surannée, qui renvoie plutôt aux postindépendances africaines ?

Ely Ould Sneiba
Le 06 avril 2026

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