L’Angleterre championne d’Europe pour la 1ière fois de son histoire

L’Angleterre championne d’Europe pour la première fois de son histoire !
« Le football est un jeu où 22 types courent après un ballon, et à la fin c’est l’Allemagne qui gagne ». La phrase signée Gary Lineker n’est plus une vérité générale depuis ce soir, et l’ex-international anglais doit en être le premier heureux.

Au terme d’une finale très indécise, les « Lionnes anglaises » ont finalement forcé la décision face aux Allemandes (2-1 après prolongation) pour remporter dans le temple londonien de Wembley le premier titre de son histoire.

Les Anglaises retrouvaient une « Frauen-Mannschaft » en compétition officielle pour la première fois depuis 2009, et une finale d’Euro perdue assez largement à Helsinki (2-6). Et si les joueuses de Sarina Wiegman semblaient partir favorites devant les 87 192 supporters principalement acquis à leur cause, le sens de l’histoire donnait aux Allemandes le costume parfait de briseuses de rêves.

Un rôle endossé une année plus tôt par leurs homologues masculins italiens en finale de l’Euro 2021, déjà à Wembley, et déjà face à l’équipe d’Angleterre. Les octuples championnes d’Europe ont remporté toutes leurs finales, et n’avaient jamais perdu face au pays hôte en phase finale continentale. C’est désormais chose faîte, pour une nation qui remporte, hommes et femmes confondus, son deuxième trophée, le premier depuis 1966 et le Mondial remporté à domicile par l’équipe masculine.

C’était déjà contre l’Allemagne, avec le fameux « but de Wembley » de Geoff Hurst, encore aujourd’hui controversé, tant il est incertain qu’il ait franchi la ligne d’Hans Tilkowski. La frappe décisive du bout du pied et pleine d’opportunisme de Chloe Kelly (101e) ne souffre d’aucune contestation possible.

Un salut anglais venu du banc

« Nous n’avons peur de personne », avait déclaré en avant-match Sarina Wiegman. La sélectionneuse néerlandaise avait été recrutée avec pour seule mission de gagner, elle qui avait mené les Pays-Bas au titre européen en 2017. Ses joueuses ont démarré la partie pied au plancher avec beaucoup d’intensité dans les duels et une première situation chaude mal exploitée par Ellen White de la tête dans la surface (3e).

Derrière les Lionesses ont maintenu une emprise stérile sur le jeu, avant de voir les Allemandes – pourtant inoffensives – sortir petit à petit la tête de l’eau, au point de se procurer l’occasion la plus dangereuse du premier acte, avec un cafouillage aux cinq mètres suite à un corner mal dégagé par la défense qui a bien failli profiter à Hegering (25e).

Aux premières loges d’une ligne d’attaque en manque de jus, Sarina Wiegman a eu la lucidité de faire deux premiers changements rapides, avec les sorties de White et Kirby, peu inspirées, au profit des « super-subs » Ella Toone et Alessia Russo, cinq buts et deux passes décisives à elles deux depuis le début de compétition, à chaque fois en sortie de banc. Et c’est la première qui planta la première banderille avec une efficacité maximale alors que l’Angleterre repoussait tant bien que mal les assauts allemands, pourtant privés d’Alexandra Popp (six buts), blessée à l’échauffement.

L’égalisation de Lina Magull (79e) sur un superbe mouvement collectif initiée par le festival de Kathrin-Julia Hendrich le long de la touche rappelait de mauvais souvenirs à Wembley, théâtre d’une nouvelle prolongation à couper le souffle.

Entrée à la place de la meilleure joueuse anglaise du tournoi Beth Mead (six buts et cinq passes), Chloé Kelly n’en a pas pour autant oublié de garder la tête froide, du haut de ses 24 ans, pour porter l’estocade finale d’un but plein d’opportunisme (110e). Au total, cinq buts anglais sont venues des remplaçantes entrées en cours de jeu. « Un tournoi ne se gagne jamais à onze », déclarait pour Le Monde l’internationale française Louisa Necib. Ce soir, c’est tout un pays qui l’emporte.

Le Monde

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