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Énergie : les centrales au gaz de Gandon et Ndiago, capacités proches mais coûts difficiles à comparer

Les projets de centrales électriques au gaz en Mauritanie et au Sénégal marquent une nouvelle étape dans la valorisation du gaz du champ Grand Tortue Ahmeyim (GTA).

Au-delà de l’exportation, les deux pays cherchent désormais à utiliser cette ressource comme levier de production électrique, de sécurité énergétique et de réduction des coûts de l’électricité. Mais la comparaison entre la future centrale mauritanienne de Ndiago et la centrale sénégalaise de Gandon révèle une situation contrastée : des capacités quasi identiques, des coûts sensiblement différents — et une transparence financière inégale qui rend la comparaison incomplète.

Au Sénégal, les autorités ont annoncé la construction d’une centrale électrique au gaz à Gandon, dans la région de Saint-Louis, d’une capacité finale de 220 MW, pour un coût estimé à 375 millions d’euros. Sa mise en service est prévue en deux phases : une première tranche de 160 MW, avant d’atteindre la capacité totale.

À ce coût de centrale s’ajoute celui du gazoduc Segment Nord, long d’environ 85 kilomètres, destiné à relier le champ GTA à la centrale et au réseau gazier intérieur, estimé à environ 275 millions d’euros. Le coût global du dispositif sénégalais atteint ainsi environ 650 millions d’euros.

En Mauritanie, le gouvernement a approuvé les contrats relatifs à une centrale électrique au gaz à cycle combiné à Ndiago, d’une capacité de 230 MW, dans le cadre d’un partenariat public-privé avec la société saoudienne ACWA Power.

Le coût d’investissement annoncé est de 669 millions de dollars, tandis qu’ACWA Power évoque dans ses propres communications un montant proche de 700 millions de dollars. L’écart de capacité entre les deux projets reste limité — 10 MW, soit environ 4,5% de plus pour Ndiago. En revanche, l’écart de coût apparent est bien plus marqué, si l’on compare uniquement les deux centrales : 375 millions d’euros pour Gandon contre 669 millions de dollars pour Ndiago.

Cette comparaison doit toutefois être abordée avec prudence. Si le Sénégal distingue clairement le coût de la centrale du coût du gazoduc, la Mauritanie ne présente pas, à ce stade, un niveau de détail équivalent. Le communiqué gouvernemental mauritanien mentionne la centrale de Ndiago, l’appui à la construction et au raccordement du gazoduc, ainsi que le lancement de la première phase du réseau national de gaz dans la zone — mais sans préciser si le coût du gazoduc est entièrement inclus dans les 669 millions de dollars ou s’il relève d’engagements parallèles dont le détail financier n’a pas encore été rendu public.

La question centrale demeure donc entière : le coût de Ndiago correspond-il uniquement à une centrale électrique, ou bien à la mise en place d’un noyau de réseau gazier national ? La réponse déterminera si le montant annoncé apparaît élevé par rapport au projet sénégalais, ou s’il traduit l’ampleur d’un projet plus large que la simple production d’électricité.

Avec AQLAM

ndarinfo

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