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Éditorial : La vérité sur le bilan d’El Mokhtar Ould Djay

Face au tribunal de l'opinion publique, El Mokhtar Ould Djay fait figure de bouc émissaire idéal. Pourtant, derrière les critiques sur les infrastructures et la fiscalité se cache le bilan d'un réformateur qui a modernisé les finances de l'État mauritanien. Analyse d'un parcours technocratique hors norme.

Au-delà du procès d’intention, le réalisme technocratique d’El Mokhtar Ould Djay.
Dans la sphère politique nationale, la rumeur publique est souvent plus prompte à condamner que les faits ne le permettent. El Mokhtar Ould Djay, figure centrale des grands équilibres macroéconomiques de la dernière décennie, cristallise aujourd’hui toutes les rancœurs d’une opinion publique éprouvée. Pourtant, réduire sa trajectoire à une simple affaire de passifs politiques sous Mohamed Ould Abdel Aziz, ou à un piège inévitable sous l’actuelle présidence de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, relève d’une lecture singulièrement réductrice de l’histoire récente de notre administration.

À l’examen rigoureux des chiffres et des réformes, l’homme incarne bien plus le courage de l’impopularité fiscale qu’une prétendue déliquescence administrative.

L’architecte de la résilience budgétaire

Ce que ses détracteurs qualifient d’« accablement par les impôts » n’est autre que la mise en place, sous sa houlette, d’une véritable culture de l’État fiscal, indispensable à l’autonomie souveraine de la Mauritanie. Avant ses réformes audacieuses, les caisses de l’État dépendaient des fluctuations volatiles des matières premières. En modernisant l’appareil de collecte et en élargissant l’assiette fiscale, Ould Djay a doté le pays d’un budget propre, permettant de financer — pour la première fois avec une telle ampleur — les infrastructures nationales.

Quant aux investissements massifs de 76 milliards d’ouguiyas injectés dans les infrastructures (routes, écoles, aménagements urbains), ils ont constitué le choc de modernisation dont le pays avait cruellement besoin. Imputer les faiblesses structurelles du secteur du bâtiment ou les dérives marginales de la gestion locale des bâtiments scolaires à la seule responsabilité de l’ancien ministre relève du bouc émissaire commode. En réalité, ces chantiers ont désenclavé des régions entières et posé les jalons d’un réseau éducatif de proximité.

Un serviteur de l’État au cœur de la continuité républicaine

La longévité et la centralité d’El Mokhtar Ould Djay, loin d’être une anomalie ou une « souillure », témoignent de sa valeur purement technocratique. Si le président Ghazouani continue de s’appuyer sur son expertise, c’est que l’État mauritanien ne peut se payer le luxe de se priver de ses meilleurs cadres au gré des tempêtes médiatiques. Ould Djay maîtrise les rouages de la machine publique comme peu d’hommes de sa génération.

Là où certains feignent de voir un désaveu populaire spontané lors de ses déplacements, les observateurs lucides y perçoivent la confrontation classique entre un réformateur rigoureux et les résistances naturelles au changement. L’histoire politique moderne regorge de figures mal-aimées durant leur exercice, mais réhabilitées par le temps pour avoir osé moderniser les structures d’un pays. Dans le tumulte des accusations faciles, El Mokhtar Ould Djay reste, qu’on le veuille ou non, l’un des architectes indispensables de la Mauritanie contemporaine.

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Ahmed Ould Noh pour Rapide info

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