Discours du Premier ministre : entre continuité politique et acharnement sans fondement
Le débat autour du discours du Premier ministre révèle un acharnement politique infondé. Analyse d’une continuité assumée et d’une polémique déconnectée des faits.
Discours, continuité et procès d’intention : halte à l’acharnement politique
Le débat suscité par le discours du Premier ministre devant le Parlement révèle moins une controverse sur le fond des politiques publiques qu’un malaise persistant dans la lecture du paysage politique national. À force de vouloir absolument qualifier ce discours de « rupture » ou, à l’inverse, de le disqualifier par principe, on passe à côté de l’essentiel : il s’agit avant tout de l’expression cohérente d’un parcours politique assumé.
Le Premier ministre ne surgit pas de nulle part. Il n’est ni un novice de l’action publique ni un acteur opportuniste redécouvrant aujourd’hui les dossiers de l’État. Lorsqu’il était ministre sous la présidence de Mohamed Ould Abdel Aziz, il défendait déjà ce programme, en assumait les orientations et participait à sa mise en œuvre. Aujourd’hui, en sa qualité de chef du gouvernement, il poursuit logiquement cette ligne, avec davantage de responsabilités et une exposition politique accrue.
Vouloir transformer cette continuité en faute politique relève du procès d’intention. Dans tout système institutionnel stable, l’expérience est un atout, non un handicap. La constance dans les choix stratégiques n’est pas synonyme d’immobilisme, mais souvent de cohérence. Exiger d’un responsable qu’il renie son propre parcours pour satisfaire une lecture opportuniste du moment politique est une contradiction intellectuelle.
Certes, le discours n’a rien d’une révolution idéologique. Il ne prétend pas réinventer l’État ni effacer le passé. Mais faut-il vraiment reprocher à un Premier ministre de défendre, avec clarté et assurance, un programme qu’il connaît, qu’il a contribué à élaborer et qu’il s’efforce aujourd’hui d’exécuter ? La maturité politique consiste aussi à assumer ses choix dans la durée, y compris lorsque le contexte change.
L’acharnement observé ces derniers jours dépasse la critique légitime. Il s’apparente davantage à une crispation politique sans fondement solide, où la personne est visée plus que les résultats, et où l’intention est suspectée avant même l’évaluation des actes. Or, jusqu’à preuve du contraire, le Premier ministre accomplit son travail dans le cadre des institutions, avec sérieux et méthode — comme il l’a toujours fait lorsqu’il occupait des fonctions ministérielles.
La question centrale n’est donc pas de savoir si ce discours était « historique » ou non. Elle est ailleurs : dans la capacité collective à juger l’action gouvernementale sur des critères objectifs, mesurables et honnêtes. Continuer à alimenter une polémique artificielle détourne l’attention des vrais enjeux : l’efficacité des politiques publiques, la qualité de leur mise en œuvre et leur impact réel sur la vie des citoyens.
Il est temps, en définitive, de mettre fin à cet acharnement sans raison valable. La critique politique est nécessaire, mais elle perd toute crédibilité lorsqu’elle devient systématique et déconnectée des faits. Le Premier ministre n’a pas à être jugé sur la mise en scène de ses discours, mais sur sa capacité à transformer l’expérience acquise hier en résultats concrets aujourd’hui. C’est à ce niveau — et à ce niveau seulement — que doit se situer le débat.
AOB
Rapide info
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