Crise sécuritaire : comment les djihadistes alimentent l’instabilité au Sahel

AQMI Sahel 958323243
AQMI Sahel 958323243

Crise sécuritaire : comment les djihadistes alimentent l’instabilité au Sahel

Les États du sahel sont confrontés à une véritable instabilité alimentée, pour la plupart, par des groupes djihadistes. Ces États sont condamnés à coordonner leurs efforts.

Au Mali, au Niger ainsi qu’au Burkina Faso, les populations sont de plus en plus prises pour cible par les groupes armés terroristes. Selon le premier rapport de la Coalition citoyenne pour le Sahel, paru en avril 2021, ce sont des milliers de civils qui ont été tués dans cette région du sahel, en 2020.

Déstabilisation économique

La plupart des civils tués l’ont été alors qu’ils menaient des activités de survie : commerce, élevage ou encore l’agriculture. Tout juste, lundi 16 août 2021, une trentaine de paysans ont été tués dans leurs champs au Niger. Au centre du Mali également, notamment dans la région de Mopti, en raison de la recrudescence des attaques djihadistes visant les civils, les activités génératrices de revenus battent de l’aile. Dans la zone office du Niger, région de Ségou, en 2020, de présumés djihadistes n’ont-ils pas mis du feu à des champs de riz ?

Les conséquences de cette approche des groupes djihadistes dans la zone vont au-delà des pertes en vies humaines. Cette approche est un creuset d’instabilité sociale et politique. Comme le dit un adage bien connu, « ventre creux n’a point d’oreille ». En décidant d’affamer les populations, l’objectif des groupes djihadistes semble clair : déstabiliser suffisamment les régimes politiques en place en vue de renforcer leur position auprès des populations.

Des « États faillis »

L’arrêt des activités génératrices de revenus, l’installation de la famine, la fermeture des écoles ne peuvent que conduire à un sentiment d’abandon chez les populations de ces zones et donc à l’instauration d’un manque de confiance entre elles et les décideurs politiques de leur pays. Une situation qui favorise ces nouveaux maîtres sapeurs-pompiers. Ils profitent de cette instabilité pour mieux s’enraciner dans la région, souvent avec la complicité de ces populations.

On assiste également à l’éclatement de conflits inter ou intracommunautaires, comme au Mali ou au Tchad. Des conflits derrière lesquels, il faudrait voir la main invisible de ces groupes djihadistes.

Les États du sahel, tenaillés par plusieurs maux provenant de divers acteurs, sont presque incapables de coordonner les efforts et d’anticiper les exactions de ces groupes djihadistes. Des acteurs qui semblent réussir à circuler librement entre ces États sans inquiétudes. Ce qui pose la question de la porosité des frontières.

Ces États doivent arriver à la compréhension qu’il leur sera difficile de réussir cette lutte sans vaincre l’instabilité. Une victoire qui passera par la restauration de la confiance. Pour ce faire, il faudrait une véritable assistance, pas celle de quelques jours, mais de longues durées, des populations. Le libre exercice des activités économiques est primordial dans le retour de la sécurité et de la stabilité.

Fousseni Togola /maliweb.net