Coumba Ba OIF : Le choix de la justesse pour la Mauritanie
Analyse de la candidature de Coumba Ba OIF. La Mauritanie propose une vision de service et d'éthique pour l'avenir de la communauté francophone.

Coumba Ba OIF | Servir la Mauritanie, porter la Francophonie : le choix de la justesse
Analyse de la candidature de Coumba Ba OIF. le choix de justesse pour notre pays. La Mauritanie propose une vision de service et d’éthique pour l’avenir de la communauté francophone.
Dans les méandres discréts des diplomaties contemporaines, la candidature de Coumba Ba à l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie) s’impose moins par le fracas des ambitions que par la force tranquille de son évidence.
À lire la déclaration qu’elle a choisie de livrer au public, un mot revient avec insistance, presque comme une boussole morale : servir. Servir la Mauritanie, d’abord, en assumant avec humilité la confiance placée en elle par l’État, incarné au plus haut niveau par Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Servir la Francophonie, ensuite, en rappelant qu’elle n’est pas un simple espace linguistique, mais une communauté de destin, un creuset de solidarités et un levier d’influence pour des peuples souvent en quête de reconnaissance dans un monde fragmenté.
Il faut mesurer la portée de cette candidature. Dans une époque marquée par la recomposition des alliances et la remise en question des multilatéralismes traditionnels, l’Organisation internationale de la Francophonie se trouve à la croisée des chemins. Elle doit se réinventer sans se renier, s’ouvrir davantage sans se diluer. Elle doit surtout redevenir audible pour ses citoyens, au-delà des cercles institutionnels.
C’est précisément sur ce terrain que Coumba Ba apporte une réponse crédible. Sa vision d’une Francophonie « plus proche des attentes de ses peuples » n’est pas une formule convenue : elle traduit une exigence politique. Celle d’une organisation capable d’écouter autant qu’elle parle, d’agir autant qu’elle proclame, et de défendre, avec constance, les valeurs qu’elle revendique
Une Francophonie capable d’écouter autant qu’elle parle, d’agir autant qu’elle proclame.
Vision pour l’OIF
— paix, diversité culturelle, développement partagé.
Dans son propos, aucune emphase inutile, aucune promesse démesurée. Mais une ligne claire : replacer l’humain au cœur du projet francophone. Cela suppose une diplomatie de la retenue, une capacité à fédérer sans imposer, et une intelligence des équilibres, notamment entre Nord et Sud, entre héritages historiques et aspirations nouvelles. Autant de qualités que son parcours et son ton laissent entrevoir.
Il ne s’agit pas ici de céder à un réflexe de soutien nationaliste. La crédibilité d’une candidature à la tête d’une organisation internationale ne se décrète pas, elle se construit. Et dans le cas présent, elle repose sur une cohérence rare entre le discours et la posture. L’humilité affichée n’est pas feinte : elle est la condition même d’un leadership moderne, à l’opposé des figures verticales désormais contestées.
En soutenant Coumba Ba, la Mauritanie ne cherche pas seulement à faire valoir une représentante. Elle propose une certaine idée de la Francophonie : une Francophonie apaisée, inclusive, tournée vers l’avenir, capable de répondre aux défis du siècle — des crises sécuritaires aux urgences climatiques, en passant par les fractures économiques et culturelles.
Ce choix est aussi un signal. Celui d’un pays qui entend s’inscrire davantage dans les dynamiques internationales, non pas en marge, mais au cœur des débats qui façonnent le monde de demain. Un pays qui affirme que la compétence, la mesure et la vision peuvent encore primer sur les jeux d’influence.
Au fond, la candidature de Coumba Ba pose une question simple : quelle Francophonie voulons-nous ? Une institution de discours ou une organisation d’impact ? Une enceinte diplomatique figée ou un espace vivant, en prise avec les réalités de ses peuples ?
À cette question, elle apporte une réponse sans éclat tapageur, mais avec une profondeur qui mérite d’être entendue. Et peut-être est-ce là, précisément, sa plus grande force.
Ahmed Ould Bettar
Directeur du site Rapide info Mauritanie



