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Comment peut-on être plus identitaire que les nationalistes négro-mauritaniens ?

Comment peut-on être plus identitaire que les nationalistes négro-mauritaniens ?
Affirmer qu’il existe des cercles identitaires arabo-mauritaniens qui sont hostiles à l’unité nationale est une affirmation qui, une fois passée au crible de l’honnêteté intellectuelle, sera dénuée de fondement.
Ce n’est pas surprenant, les ethnicistes poulo-toucouleurs ont la manie de projeter leurs défauts sur autrui, tout en rejetant toute critique qu’ils voient comme des insultes ou comme du racisme envers eux. Ils sont à l’offensive depuis 1966, mais aucun Beïdane n’a le droit de leur porter la contradiction !

De quoi il retourne ?

Depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, la question identitaire a toujours freiné la cohésion du peuple mauritanien, le privant de son unité, sauf si un jour un miracle républicain venait à se produire.
De plus, aucun militant ou homme politique négro-mauritanien ne pourrait prétendre soutenir l’identité nationale arabe exclusive de la Mauritanie, c’est-à-dire consentir à être citoyen d’un État arabe sans dire oui, mais…

L’engagement des identitaires négro-mauritaniens a toujours été axé sur leur identité négro-africaine, et ils ont toujours tenu à ce que leur négritude ait une portée politique. C’est pourquoi, avant l’indépendance, plusieurs partis politiques ont été formés, mettant en avant leur affiliation au Fouta ou au sud du pays, tels que l’Union Générale des Originaires du Fleuve (UGOF).

Quelle attitude la classe politique arabo-mauritanienne adopterait-elle à l’égard de cette logique identitaire ?
Se renier ou se contenter d’une identité francophone chère pour les négro-africains ?

Pour eux, aucune des deux options n’est acceptable.

Bizarrement, d’après les nationalistes noirs, la revendication de la francophonie ne découle pas d’un nationalisme français par procuration. Mais quand les Arabo-Mauritaniens défendent leur langue arabe, ils les accusent de nationalisme étroit et de chauvinisme. Leur argument principal est qu’ils ne sont pas arabes et qu’ils ne vont jamais accepter de se voir forcés de parler la langue arabe.

Même si c’est facile à comprendre, les Arabo-Mauritaniens ont aussi le droit de revendiquer qu’ils ne sont ni noirs ni français, et qu’aucune autre langue ne devrait leur être imposée. Surtout qu’une identité linguistique millénaire ne se mue pas facilement pour satisfaire des replis identitaires inconséquents, négro-africains ou francophones.

Et si les Beïdanes, qui avaient tout ce qu’il fallait pour ériger un État moderne, n’avaient pas inclus les Foutanqués dans ce projet, allaient-ils revendiquer autre chose qu’une identité arabe ?
Mieux, les lettrés du Fouta se servaient également de l’arabe comme langue véhiculaire. Malgré cela, les identitaires négro-mauritaniens sont persuadés qu’ils peuvent imposer leur logique ethniciste nuisible à l’unité nationale, qui ne peut être établie en ignorant la langue arabe.

Enfin, les élites politiques négro-africaines sont souveraines en Afrique noire. Pourquoi sont-elles toujours attachées à des langues étrangères au détriment des langues africaines ?
C’est leur problème.

Ely Ould Sneiba
Le 02 mai 2026

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