Autour du discours de Boutilimit (Sidi Mohamed Ould Maham )

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Sidi Mohamed Ould Maham venait juste de franchir le cap de ces vingt ans à sa sorti en 1985 de l’Institut Supérieur des Etudes et Recherches Islamiques  (ISERI) série des magistrats, qu’il compléta en troisième cycle par des études en droit à Rabat au Maroc. Dix ans plutôt Feu l’Imam Bouddah Ould El Boussairy qui venait de l’entendre réciter le Coran sans l’ombre d’une faute, ou la moindre hésitation s’adressant en ces termes à son père, qui insistait pour qu’il (Bouddah) lui enseignait Talib Abdoullah, le (mauritanien) et Ibn Berriou le (marocain)tous deux auteurs de manuels incontournables pour les novices qui veulent exceller dans l’art de la ponctuation et de la bonnes prononciation(césure, arrêt, et liaison) lui dit ‘’Mohamed Abdellah, Sidi Mohamed est la personne la plus diserte qu’il m’ait jamais été donné d’entendre, ne le retardes pas avec ces manuels qui lui feront plus de mal que du bien, laisses-le passer à autre chose’’.

C’est ce même Sidi Mohamed objet des propos élogieux de l’Imam Bouddah, lui que tout prédisposer à exercer à vingt ans les fonctions de Cadi, que des bonnes gens qui ne possèdent même pas le dixième du dixième de son savoir harcelaient sans fin, pour la bonne raison qu’ils ignorent qu’il est chez-lui lorsqu’ il s’agit du Coran et de la Charia. Et qu’il sait parfaitement là où il met les pieds, quand eux-mêmes s’agitaient mal à l’aise dans leurs petits souliers. Je leur propose ci-dessous de faire en sa compagnie une petite randonnée…

 Autour du discours de Boutilimit

‘’Si je reviens à nouveau sur ce sujet, c’est parce que je me suis retrouvé contraint de me plier à la volonté d’un cercle d’intimes, dont l’insistance sans cesse réitérée de me voir faire une mise à point coupant court aux diffamations et médisances qui planent tout autour de cette partie de mon discours lors d’un meeting à Boutilimit, que des adversaires malintentionnés ont coupé de son contexte, avant de s’en emparer, et de l’instrumentaliser à l’extrême par pure turpitude dans la contestation et plus encore par leur incapacité à élever à un niveau acceptable les méthodes de la confrontation politique. Je soumets ci-dessous à la connaissance du lecteur l’original du texte intégral ; dans lequel la partie objet de cette publication est incluse sans découpage ni tripatouillage aucun, le tout accompagné d’éclaircissements pour qui ont besoin.’’

‘’Primo : Quoique dans son essence en général, et dans ce paragraphe en particulier le discours malgré son caractère réunionite était une comparaison entre des systèmes (et non des personnes). De notre point de vue, il y a d’un côté ces systèmes qui furent longtemps incapables d’entretenir leurs populations contre la famine, et dans une mesure non moindre, d’assurer leur sécurité. Et de l’autre il y a cet autre qui a réussi l’équation développement/sécurité, mettant à l’abri de la famine, et protégeant ses propres populations contre les dangers et les risques. (C’était du moins l’opinion qui prévalait, et qui en son temps je faisais naturellement mienne.’’) 

‘’Secundo : Dans nos conversations, et nos usages au quotidien il est loisible, et même recommandé d’adopter la méthode et le langage coranique comme outils d’expression. Ce qui à ne pas douter, fera sortir de leurs gongs certains cerveaux obscurantistes qui essaient de faire du Coran en tant que langue, et en tant que législation mère de tous les jugements, un simple jouet entre les mains d’une élite bien déterminée. Alors qu’ALLAH l’a fait descendre aux gens pour habiter leur raison, pour couler sur leur langue, pour se matérialiser dans leur pratique et leurs comportements de tous les jours, et pour constituer l’une des issues de secours qui leur évitera de tomber sous le couperet de l’attestation du messager d’ALLAH (psl) qui proclamera : ‘’Ô Dieu ma peuplade a abandonné ce Coran à l’oubli.’’

‘’Tertio : Du point de vue politique on peut ne pas être d’accord sur la conformité de l’attribut par rapport à la réalité, ce qui est bien logique du fait de la relativité des choses en général, mais de là à interpréter ou à exposer le sujet au débat sous un angle doctrinal et religieux relève de la malhonnêteté intellectuelle. Et ceux à travers l’histoire qui ont tenté de réussir ce coup tordu étaient des politicards de bas étages qui se signalaient ici et là par des mobiles fort déloyaux. Vous n’êtes pas sans savoir que les mouvements qui à travers l’histoire musulmane accusaient d’apostasie les individus et les groupes, n’étaient pas des mouvements religieux, mais bien politiques, même si le plus souvent, et contre tout bon sens, ils faisaient fi de la célèbre maxime : l’habit ne fait pas le moine. Ces mouvements furent historiquement liés à toutes les intrigues qui se rapportaient de près  ou de loin aux révolutions de palais. Dans les sphères politiques d’antan cette arme était le moyen le plus sûr de mettre hors d’état de nuire tous ceux qui dérangent par leur présence, après les avoir bien sûr discrédité aux yeux du vulgum pécus. Il est à remarquer, et c’est très important que de notre temps l’influence de ces mouvements a considérablement diminué grâce au niveau de prise de conscience, devenu relativement élevé, et à la vulgarisation de l’enseignement dans les milieux populaires. Sauf que sa pratique au vu et au su de tous reste inadmissible dans un milieu qui a opté pour la démocratie en tant que système, et mécanisme de délibération, et d’alternance. Communément cette pratique est indexée pou être le plus flagrant des désaveux pour la démocratie, contre laquelle elle porte les armes, et quelles armes ! Des arme, dont le moins que l’on puisse dire d’elles est qu’elles sont étrangères à l’esprit d’organisation de la démocratie en tant que système politique. C’est aussi une coutume condamnable qu’il faut bannir au lieu de l’autoriser à exercer  cette tutelle haïssable et contraire aux prescriptions et aux principes d’une saine concurrence.’’

‘’Quarto : Il est presque connu de tous que les qualités divines furent de tout temps un procédé de rhétorique, autour duquel les musulmans se sont divisés en diverses sectes, et  multiples écoles, dont certaines furent aux antipodes les unes des autres, tandis que d’autre marquaient ici et là des points d’homogénéité, qui montrent qu’à l’intérieur d’une même école  le sujet n’avait jamais fait l’unanimité autour de lui. Et pour ne pas vous entraîner dans les méandres de ces divisions, dont je vous ferai l’économie des embrouillages, auxquels elles soumettaient les anciens de ces temps reculés, et la simplicité avec laquelle elles sont abordées de nos jours, par nos contemporains. J’atteste que ce qu’ils ont classé sous le nom ‘’des qualités afférentes  aux actions’’ peut-être donné à tout substantif quel qu’il soit, sauf si ce dernier n’est pas digne de cette qualité, pour des raisons d’intellect, ou de coutumes. Et jusqu’à cette heure, tous ceux qui professent le savoir se sont gardés de toute remise en question de cette vérité.’’

‘’Quinto : Comme il a été dit précédemment la restauration qui est l’action d’assurer la  pitance à ceux qui en ont besoin, et l’assurance contre la crainte, qui est de mettre à l’abri contre les dangers et les risques sont la mission première de tous les systèmes politiques, et de tous les dirigeants qui se respectent. Les érudits voient qu’elle précède dans l’ordre des priorités la justice, qui est l’essence de la religion, et la raison d’être de tout Etat, et de toute autorité. Quel bien puisse-t-on attendre d’un système, ou d’un président incapables d’assurer leurs citoyens contre la faim et contre la crainte ?’’

Traduit par : Deddah Ould Abd-Daim