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Autonomisation des femmes en Mauritanie : À Aleg, la Première Dame lance le SWEDD+

SWEDD+ Mauritanie : La Première Dame lance la Phase 3 à Aleg

Autonomisation des femmes en Mauritanie :
À Aleg, la Première Dame Mariem Mohamed Fadel Dah a lancé la phase 3 du projet SWEDD+. Entre bilan sans concession sur l’éducation et annonces fortes (21 000 bourses, 3 300 emplois), découvrez les détails de son discours.

Face aux urgences démographiques et éducatives au Sahel, la Première Dame Mariem Mohamed Fadel Dah a donné ce mardi à Aleg le coup d’envoi de la 3ᵉ phase du projet SWEDD+. Dans un discours empreint de pragmatisme et de fermeté, elle refuse de masquer la réalité derrière les statistiques et appelle à un sursaut national pour faire de la femme le moteur du développement.

ALEG – Sous le soleil brûlant du Brakna, l’effervescence des grands jours s’est emparée du chef-lieu régional ce mardi. Face aux représentants des institutions internationales, aux dignitaires régionaux, aux autorités coutumières et religieuses, ainsi qu’à une foule nombreuse, la Première Dame de Mauritanie, Mme Mariem Mohamed Fadel Dah, a pris la parole. Venant présider le lancement officiel de la troisième phase du Projet d’autonomisation des femmes et du dividende démographique au Sahel (SWEDD+), elle a livré une intervention percutante, bien loin des formules feutrées du protocole traditionnel.

Une approche humaine au-delà des chiffres

S’exprimant « en tant que mère, sœur et citoyenne », la Première Dame a choisi d’aborder la question sans détours. Si elle a salué les acquis probants des phases précédentes — notamment une hausse significative du taux de maintien des filles à l’école et une présence accrue dans les centres de formation professionnelle (48,7 % des effectifs) —, elle a très vite déplacé le projecteur vers les failles structurelles qui persistent.

« Ces données, sur le papier, ne sont que des statistiques. Mais dans la réalité, elles correspondent à des parcours scolaires interrompus, à des opportunités d’emploi manquées, à des espoirs de création de projets et d’entrepreneuriat qui s’évanouissent. »

— Mariem Mohamed Fadel Dah, Première Dame de Mauritanie

Avec une transparence rare, elle a énuméré les indicateurs qui fâchent : un taux de réussite des filles qui s’effondre à 31,9 % au concours d’entrée en première année de collège, 16,9 % au brevet et un fragile 6,64 % au baccalauréat. Dans le monde du travail, seules 35 % des diplômées de la formation professionnelle parviennent à s’insérer activement. Pour l’épouse du Chef de l’État, ces décrochages représentent une perte colossale de potentiel humain et économique que le pays ne peut plus se permettre.

SWEDD+ : La riposte stratégique déployée dans 6 wilayas

Pour inverser la courbe, cette troisième phase (SWEDD+), soutenue financièrement et techniquement par la Banque mondiale et le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), passe à la vitesse supérieure. Ciblant six wilayas clés (Brakna, Gorgol, Guidimagha, Assaba, Hodh Charghi et Hodh El Gharbi), le programme déploie une feuille de route offensive axée sur quatre leviers prioritaires :

1-Renforcement de l’Éducation : Octroi de 21 000 bourses d’études, distribution de fournitures scolaires, organisation de cours de soutien et réintégration via la formation professionnelle pour les filles déscolarisées.

2-Santé de la reproduction et proximité : Prise en charge de 48 000 femmes et déploiement de cliniques mobiles afin de rompre l’isolement géographique des zones rurales.

3- Autonomie financière et entrepreneuriat : Financement direct de 330 structures professionnelles féminines pour favoriser la création de 3 300 emplois directs.

4- Changement social et lutte contre les tabous : Campagnes de sensibilisation intensives pour faire évoluer les mentalités et protéger les droits fondamentaux des femmes.

L’appel au sursaut collectif

Mais au-delà de la réponse matérielle, c’est un véritable appel à la responsabilité collective qu’a lancé la Première Dame. S’adressant directement aux gouverneurs, oulémas, journalistes, leaders d’opinion et figures de la société civile, elle a insisté sur le fait qu’aucune politique gouvernementale ne pourra aboutir sans une prise de conscience générale contre les violences faites aux femmes et les freins socio-culturels.

En replaçant l’autonomisation des filles au centre de la vision de l’« École républicaine », la Mauritanie réaffirme que la stabilité et la prospérité du Sahel reposent avant tout sur l’égalité des chances et la dignité offerte à sa jeunesse féminine.

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