Nouakchott – La Santé et la Transformation numérique accélèrent la numérisation des nouveaux centres de santé
Réunion conjointe entre Naha Mint Meknass et Ahmed Salem Bouda Achvagha pour accélérer la numérisation des centres de santé à Nouakchott avant leur ouverture.

Numérisation des nouveaux centres de santé
Les ministres Naha Mint Meknass et Ahmed Salem Bouda Achvagha ont coprésidé une réunion de travail dédiée à la numérisation des structures du Programme d’urgence pour le développement de la capitale. Une équipe technique conjointe sillonnera bientôt les centres.
Nouakchott – Ouvrir un centre de santé ne suffit pas : il faut qu’il fonctionne dès le premier jour. C’est le message central de la réunion de travail que la ministre de la Santé, Mme Naha Mint Meknass, et le ministre de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration, M. Ahmed Salem Bouda Achvagha, ont coprésidée ce samedi à Nouakchott. Au programme : l’accélération de la numérisation des nouveaux centres de santé prévus par la composante santé du Programme d’urgence pour le développement de la capitale.
L’objectif est double. Il faut garantir que ces structures entrent en service avec une préparation numérique complète, et éviter que leur ouverture devance la mise en place des outils nécessaires à un fonctionnement moderne. Cette composante prévoit notamment le développement et la modernisation de vingt‑huit formations sanitaires de base dans la capitale, ainsi que la transformation de points de santé en centres de santé intégrés.
Une priorité avant l’ouverture
Prenant la parole, la ministre de la Santé a insisté sur un point : la numérisation n’est pas un simple accompagnement technique, mais une condition essentielle du bon démarrage des centres. Ces équipements, a rappelé la ministre, doivent rapprocher les services de santé des citoyens, améliorer la qualité de la prise en charge et renforcer l’efficacité de la gestion.
La ministre a plaidé pour que les orientations présidentielles se traduisent en résultats concrets sur le terrain. La ministre a demandé la mobilisation immédiate des équipes techniques du secteur numérique pour chaque centre, ainsi que l’implication des médecins‑chefs et du comité de supervision dans le suivi des procédures.
Des exigences opérationnelles précises
La ministre a réitéré ses instructions au comité de supervision, qui devra veiller, avant toute ouverture, à plusieurs exigences à la fois techniques, organisationnelles et humaines :
– la formation et l’accompagnement des équipes de santé avant le début effectif des activités ;
– l’achèvement des exigences opérationnelles, notamment l’alimentation en électricité et la disponibilité des matériels ;
– la propreté, le gardiennage, la sécurité et l’entretien des espaces verts ;
– l’installation d’une signalétique claire pour orienter les usagers à l’intérieur des centres ;
– la mobilisation des médicaments figurant sur les listes définies pour ces structures.
La démarche traduit la volonté de ne pas réduire la préparation à son seul volet informatique, mais de traiter toute la chaîne de service : personnel formé, infrastructure fonctionnelle, médicaments disponibles et parcours du patient lisible.
L’engagement du secteur numérique
Le ministre de la Transformation numérique a, de son côté, rappelé le caractère central des orientations présidentielles sur la numérisation des nouveaux centres. Il a affirmé la disponibilité de son département à mettre son expertise et ses capacités techniques au service du ministère de la Santé.
M. Ahmed Salem Bouda Achvagha a toutefois posé deux conditions déterminantes : la durabilité des solutions adoptées et un accompagnement humain, à travers des programmes de formation et d’encadrement. L’insistance est loin d’être anodine : l’expérience des projets de santé numérique montre que le matériel ne suffit pas si les agents ne maîtrisent pas les outils ou si la maintenance n’est pas assurée.
La santé figure d’ailleurs parmi les secteurs prioritaires de l’Agenda national de transition numérique, avec un projet e‑Santé destiné à améliorer l’efficacité du système et l’accès équitable aux services.
Un état des lieux et une équipe conjointe
Le comité chargé de la numérisation des centres a présenté un exposé sur l’avancement du processus, passant en revue les équipements disponibles, les capacités déjà mobilisées et les besoins restants.
À l’issue des échanges, les deux ministères ont décidé de constituer une équipe technique conjointe. Elle effectuera des visites de terrain dans les centres concernés, identifiera précisément leurs besoins, relèvera les lacunes et s’emploiera à les combler dans les délais impartis. Une décision qui fait passer la coordination institutionnelle générale à un suivi opérationnel, centre par centre, pour que chaque structure soit réellement prête à offrir des services numérisés dès son ouverture.
Une étape dans un programme plus large
La réunion s’inscrit dans la mise en œuvre des instructions du président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, et des efforts du Premier ministre, M. El Moctar Ould Djay, pour accélérer l’achèvement et la mise en service des installations sanitaires du programme. Le chef du gouvernement avait lui‑même effectué une visite de terrain dans plusieurs de ces structures.
Dotée d’un budget de 941 millions de MRU, la composante santé du Programme d’urgence pour le développement de Nouakchott veut améliorer l’accès à des soins de qualité dans les communes de la capitale. Elle prévoit la construction et l’équipement de nouveaux centres, la réhabilitation d’infrastructures existantes, et la transformation de points de santé en centres de santé.
Les nouveaux centres devront offrir, entre autres, des consultations externes, des analyses de laboratoire, de l’imagerie médicale, des services d’obstétrique et de gynécologie, de pédiatrie, de vaccination, de nutrition, des soins d’urgence, et des actions de sensibilisation.
Un test de coordination interministérielle
Au-delà des annonces, la réunion montre l’enjeu de coordination entre deux secteurs habituellement séparés : la santé, qui connaît les besoins des patients et des soignants, et la transformation numérique, qui détient les compétences techniques et les infrastructures.
Le défi principal sera de concilier l’urgence d’ouverture avec la qualité du déploiement numérique. Une mise en service précipitée, sans formation suffisante, sans connectivité fiable, sans maintenance, et sans médicaments disponibles, risquerait d’amoindrir l’impact attendu de ces infrastructures.
À l’inverse, si l’équipe conjointe parvient à cerner les besoins réels de chaque centre et à combler les lacunes avant l’ouverture, l’expérience pourrait devenir un modèle reproductible pour la numérisation des structures sanitaires dans les autres wilayas. Elle s’inscrirait alors dans la trajectoire déjà engagée par la Mauritanie vers un système de santé numérique, avec notamment le dossier médical personnel et la télémédecine.
Car le succès de l’opération se mesurera moins au nombre de centres équipés qu’à la capacité des patients à être reçus, enregistrés, orientés et soignés, sans rupture de service, dès les premiers jours d’activité.
AOB pour Rapide Info Mauritanie



