Dialogue national en Mauritanie : les conditions d’un réel apaisement politique
Le dialogue national en Mauritanie peut favoriser la réconciliation et la réforme. Découvrez l'analyse, les enjeux et les conditions de réussite selon Abdoulaziz Deme.
Le futur dialogue national en Mauritanie représente une occasion cruciale pour consolider l’État de droit et l’unité nationale. Pour éviter l’échec des promesses sans suite, ce processus doit être inclusif, transparent et déboucher sur des engagements fermes et vérifiables.
Mon opinion et ça n’engage que moi personnellement !
Le futur dialogue national peut constituer une occasion importante d’apaisement et de réforme, mais sa réussite dépendra surtout de sa crédibilité, de son ouverture et du respect de ses conclusions.
Les préparatifs ont déjà connu des blocages, notamment autour de la question des mandats présidentiels.
Toutefois, un compromis aurait permis de retirer cette clause controversée du cadre de référence et d’avancer vers une feuille de route en huit axes.
En septembre 2026, la majorité présidentielle poursuit encore la désignation de ses représentants et l’organisation pratique du dialogue.
Mon opinion:
Je pense que ce dialogue ne doit pas être une simple rencontre politique destinée à améliorer l’image du pouvoir.
Il doit répondre aux préoccupations réelles des Mauritaniens :
– la consolidation de l’État de droit et de la démocratie ;
– la transparence des élections et le renforcement de la confiance électorale ;
– la lutte contre la corruption et le clientélisme ;
– l’unité nationale et la question des discriminations ;
– la résolution des séquelles des violences des années 1989-1991 ;
– La lutte contre l’esclavage et ses formes persistantes ;
– l’emploi des jeunes, la hausse des prix et les inégalités sociales ;
– l’équilibre entre les différentes composantes de la société mauritanienne.
– L’opposition souhaite notamment que soient abordées la transparence du processus électoral et la réparation des victimes des violences passées.
– Ces sujets sont sensibles, mais les éviter affaiblirait fortement la portée du dialogue.
Les conditions de réussite.
Pour être utile, le dialogue devrait respecter cinq conditions :
Une participation véritablement inclusive, associant les partis politiques, la société civile, les syndicats, les organisations de femmes, les jeunes, les acteurs religieux, les universitaires et les représentants de la diaspora.
Une liberté réelle de parole, sans intimidation, arrestations ou pression contre les participants et les voix critiques.
Des inquiétudes ont déjà été exprimées sur le climat d’ouverture politique.
Un ordre du jour clair, centré sur les problèmes du pays et non uniquement sur les intérêts des responsables politiques.
Des engagements écrits et vérifiables, avec un calendrier, des responsables désignés et un mécanisme indépendant de suivi.
Une justice sociale au cœur des discussions, car la stabilité politique ne peut pas être durable si une partie de la population se sent exclue ou marginalisée.
Le principal risque:
Le principal danger serait d’organiser un dialogue qui aboutirait à des déclarations générales, sans application concrète.
La Mauritanie a besoin de dépasser les dialogues de circonstance.
Les citoyens attendent des résultats visibles dans leur vie quotidienne : une meilleure gouvernance, davantage de justice, des services publics efficaces et des perspectives pour la jeunesse.
Pour finir , je suis favorable au dialogue, mais à un dialogue sincère, équilibré et orienté vers l’avenir.
Il ne doit pas être un affrontement entre majorité et opposition, mais un moment national pour reconstruire la confiance et définir un nouveau pacte social.
La véritable réussite ne se mesurera pas au nombre de participants ou à la durée des réunions, mais à la capacité de mettre en œuvre les décisions prises.
Abdoulaziz DEME
Le 11 Septembre 2026



