Dix ans d’attente : la famille d’Amara Camara implore Mamadi Doumbouya
Condamné en Mauritanie en 2008, Amara Camara attend son rapatriement. Sa famille appelle le président Mamadi Doumbouya à intervenir d'urgence.

Dix-sept ans dans l’attente d’un geste : la famille d’Amara Camara mise sur Doumbouya
Conakry — Une cellule mauritanienne, une condamnation à mort vieille de dix-huit ans, et une famille qui refuse de renoncer. Ce vendredi, les proches d’Amara Camara ont rendu publique une lettre adressée au président Mamadi Doumbouya, dernier recours après des années de démarches restées sans dénouement.
Le nom d’Amara Camara ne dit peut-être rien au grand public. Pour sa famille, à Conakry, il résume dix-sept années d’absence, de silence administratif et d’espoir tenace. C’est Lamine Camara, l’un de ses frères, qui a donné lecture de la déclaration devant la presse, ce vendredi 4 septembre.
Un dossier judiciaire ancien, une situation humaine urgente
L’histoire remonte à 2008. Cette année-là, un tribunal mauritanien condamne Amara Camara à la peine capitale pour homicide. Il est depuis incarcéré, d’abord à Aleg, puis à la prison de Bir Oumgreine. Sa famille affirme qu’il a toujours rejeté cette accusation, expliquant que son seul lien avec l’affaire tiendrait au fait d’avoir hébergé celui qui serait le véritable responsable — un homme aujourd’hui en fuite.
Coupé de ses proches, sans soutien familial sur place, le détenu vivrait, selon sa famille, dans un dénuement quasi total. C’est cette détresse, plus que la contestation du verdict lui-même, que la famille Camara met en avant dans son adresse au chef de l’État : elle dit ne pas vouloir remettre en cause la justice mauritanienne, mais en appelle à la dignité humaine et à la compassion du président pour débloquer la situation.
Un transfèrement déjà en négociation
Le dossier n’est pas totalement nouveau pour les autorités guinéennes. Selon la famille, des discussions sont déjà en cours entre Conakry et Nouakchott pour permettre à Amara Camara de purger le reste de sa peine sur le sol guinéen. Mais ce transfèrement, aussi attendu soit-il, ne répond pas à la revendication centrale de la famille : celle d’une innocence qu’elle estime n’avoir jamais été véritablement entendue.
C’est là tout l’enjeu de la démarche entreprise cette semaine : pousser au-delà du simple rapatriement carcéral, vers une intervention plus personnelle du président. La famille invoque à ce titre la pratique des grâces présidentielles, rappelant que Mamadi Doumbouya comme ses prédécesseurs y ont eu recours par le passé pour des motifs humanitaires.
Une mobilisation qui ne date pas d’hier
Le cas d’Amara Camara n’a pas échappé, en son temps, à la vigilance des défenseurs des droits humains. Dès avril 2021, la Fondation SAHEL, organisation basée à Nouakchott, avait alerté le consulat guinéen sur place, réclamant l’ouverture d’une procédure d’extraction vers la Guinée. L’organisation insistait alors sur les souffrances endurées par la famille restée au pays, empêchée de rendre visite à son proche dans des conditions décentes.
Cette démarche, restée sans suite concrète pendant plus de cinq ans, illustre la lenteur avec laquelle ce type de dossier consulaire progresse — et explique en partie l’impatience qui transparaît aujourd’hui dans les mots de la famille Camara.
Un appel à l’implication personnelle du chef de l’État
Au terme de sa déclaration, la famille ne demande plus seulement un suivi administratif du dossier : elle sollicite un engagement direct et symbolique de Mamadi Doumbouya, présenté comme le seul capable de faire aboutir, après tant d’années, le retour d’Amara Camara sur le sol guinéen. Elle adresse par ailleurs ses remerciements à un représentant de la communauté guinéenne en Mauritanie, identifié sous le nom de Bobo, pour son accompagnement dans cette affaire.
Reste à savoir si cet appel, relayé publiquement, trouvera un écho plus rapide que les précédentes tentatives. Pour la famille Camara, chaque année supplémentaire de détention pèse comme une double peine : celle purgée par Amara, et celle vécue, à distance, par les siens.
Rédaction Rapide info avec agences — d’après une déclaration familiale rendue publique le 4 septembre 2026 à Conakry.



